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Est-ce qu’il y aurait dans le Nine Year Schooling Plan du ministère de l’Éducation un règlement secret, mais appliqué, pour interdire aux élèves souffrant d’un handicap l’entrée aux SSS ? Est-ce que, malgré tout ce qui a été déclaré par le ministère, le concept des ‘stars colleges’ existe toujours et doit être réservé aux élèves faisant partie de ce que l’on appelle l’élite ? Apres l’affaire Preety Daby, l’affaire de Diyah, une jeune sourde du sud de l’île, tendrait à faire répondre par l’affirmative aux deux questions.

Diyah, une jeune Mauricienne qui habite dans le Sud, a le malheur d’être sourde.  Aux examens de fin de cycle primaire, en décembre dernier, Diyah obtient des résultats qui se passent de commentaires: Un A dans chacun des six sujets, soit un «  aggregate 4 », ce qui, selon les trois règlements du ministère de l’Éducation, lui donne droit à l’admission dans le collège de son choix. Ces règlements étant (1) le nombre de points obtenus aux examens (2) son choix de collège et (3) la proximité de son domicile du collège choisi. En respectant ces critères, ses parents suivent les procédures établies, font, au début de décembre  dernier, une demande d’admission pour la SSS France Boyer de la Giroday, qui se trouve à dix minutes du domicile de Diyah.

Vers le milieu du mois, ils reçoivent une lettre du ministère, les informant que la demande a été rejetée « faute de place disponible au SSS France Boyer de la Giroday » et, que par conséquent, Diyah a été admise au collège Notre-Dame à Curepipe, soit à plus de 45 minutes de route de son domicile.

Aucune justification

Les parents de Diyah reçoivent alors une lettre demandant des détails sur les motifs de l’appel, ce qui est fait le 15 décembre. Quelques jours après, coup de télephone du ministère pour demander l’envoi de certains documents pour justifier la demande de transfert. Le 4 janvier, les parents de Diyah reçoivent une lettre les informant, sans donner aucune justification, que l’appel a été rejeté par le ministère.

Considérant que leur fille handicapée a subi une discrimination flagrante de la part du ministère de l’Éducation – et un non respect de ses propres règlements, les parents de Diyah ont déposé une plainte auprès de l’Equal Opportunity Commission, ont alerté le bureau de l’Ombudsperson for Children et ont contacté la Global Rainbow Foundation et la presse.

Une affaire à suivre en se posant la question suivante: Est-ce que tous les enfants handicapés de Maurice doivent suivre un éprouvant parcours du combattant et saisir les institutions citées  pour que leur droit à l’éducation soit respecté par le ministère de l’Éducation ?