La cérémonie d’installation du nouveau chancelier de l’Université de Maurice (UoM) a eu lieu hier en présence de la vice-présidente de la République, Monique Ohsan-Bellepeau — le Président Kailash Purryag étant en visite en Inde —, du Premier ministre sir Anerood Jugnauth et de la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun. Jean-Claude Autrey a soutenu qu’une attention spéciale devait être accordée à la relation entre les qualifications et l’emploi. « The main issue is not matching people to jobs, but to empower them to integrate future jobs by developing their employability », a-t-il déclaré. Il est revenu à la vice-chancelière, le Professeur Romeela Mohee, de présenter Jean-Claude Autrey, qu’elle a qualifié de « right man in the right place ».
Jean-Claude Autrey a une très longue carrière dans le domaine de la recherche sur le plan local et international, dont 48 ans au Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI). Son installation au poste de chancelier intervient une année après la célébration du centenaire de l’École d’Agriculture, à la base de la création de l’UoM, qui célébrera ses 50 ans cette année. L’UoM compte aujourd’hui six facultés accueillant 13 000 étudiants et un corps académique et non académique de 1 300 personnes. Son budget avoisine le milliard de roupies.
Jean-Claude Autrey a fait ressortir que l’UoM n’est plus seule dans le secteur tertiaire à Maurice. Actuellement, il existe quelque 65 institutions tertiaires, dont dix institutions publiques, rendant ce secteur très compétitif. « The tertiary sector has therefore become, in addition to its business aspects, a very competitive field : competition for resources, to attract the best students and to ensure that the best academia is at their disposal for their training. Therefore, for the UoM it cannot be business as usual », a dit le nouveau chancelier.
Reconnaissant la nécessité d’aborder au plus vite le problème d’adéquation entre qualifications et emploi, Jean-Claude Autrey a soutenu que la question n’est pas d’adapter les étudiants à la demande du marché, mais de leur donner l’autonomie nécessaire pour qu’ils puissent s’intégrer et développer leur employabilité. À cet effet, il a évoqué le plan stratégique quinquennal 2015-2020 élaboré à la suite d’une réflexion interne, comportant cinq objectifs : l’amélioration de la qualité et de la pertinence de la formation, le rehaussement de la recherche et de l’innovation, le renforcement de la bonne gouvernance et de la viabilité financière, l’internationalisation, et finalement permettre l’accès à un nombre croissant d’étudiants tout en assurant un système équitable.
Jean-Claude Autrey avance que l’UoM doit trouver les moyens de ses ambitions, non seulement financièrement, mais à travers des alliances stratégiques localement et au niveau international. « À travers ce plan, l’UoM contribuera à faire que notre société et que notre économie soient basées sur la connaissance ». Il a également évoqué la volonté de l’UoM de contribuer à faire de l’île Maurice un centre de la connaissance. Avec l’entrée en vigueur de la Higher Education Act et la refonte des institutions, il a souhaité que les erreurs commises dans le passé ne se répètent pas et que la formation et le renforcement des capacités ne soient pas des entreprises commerciales, mais plutôt une vocation de faire progresser l’Homme.