Une trentaine de personnes, dont une majorité d’enfants, selon des bilans provisoires non officiels, ont été tuées vendredi par balle dans une école primaire du Connecticut (nord-est), l’un des plus graves massacres jamais commis dans un établissement scolaire aux Etats-Unis.
« Il y a plusieurs morts, élèves et membres du personnel » dans l’école de Sandy Hook, a déclaré en milieu de journée un porte-parole de la police de Newton, ville tranquille de 27.000 habitants au nord de New York. « Le tueur est mort dans le bâtiment », a ajouté Paul Vance, sans vouloir être plus précis.
Les chaînes de télévision américaines l’ont identifié comme Ryan Lanza, 24 ans, ajoutant qu’il aurait tué son père à son domicile avant de se rendre à l’école, où il a tué sa mère qui y travaillait.
Selon un bilan évoqué par la chaîne CBS News, la tragédie aurait fait au moins 27 morts, dont 18 enfants.
Selon les télévisions locales, la police a également arrêté sur place un autre homme, qui a quitté les lieux menotté.
« Notre principal objectif était d’évacuer aussi rapidement et aussi efficacement que possible tous les élèves et le personnel de l’établissement. L’école entière a été fouillée. Tout a été fait », a ajouté M. Vance. « Le public n’est pas en danger », a-t-il insisté.
A quelques jours de Noël
Selon des témoignages de parents et du personnel de l’école, une centaine de coups de feu auraient été tirés et la directrice de l’école ferait partie des victimes.
Un petit élève d’environ 8 ans a expliqué sur CNN qu’avec ses camarades ils avaient entendu des cris dans la matinée. On nous a dit « trouvez un endroit sûr, et on s’est caché dans les placards du gymnase », a-t-il expliqué. « Puis la police a dit +on est en train d’évacuer, vite, vite+. Nous avons alors couru jusqu’à la caserne de pompiers…Et nous sommes contents d’être vivants », a ajouté le petit garçon.
Newton était complètement sous le choc vendredi, beaoucoup de ses habitants se demandant comment un tel drame était possible, dans leur petite ville tranquille, à quelques jours de Noël.
« C’est choquant, j’ai reçu un coup de fil au travail ce matin et je ne peux pas croire que ce genre de chose arrive dans une petite ville comme la nôtre, en plus dans une école primaire », a commenté un père d’une petite élève prénommée Alexis.
« Ca semble complètement irréel. C’est le genre de chose qu’on lit dans les journaux, qu’on entend dans les journaux. Mais que ça arrive si près de chez vous… Je pense que je suis encore sous le choc », a commenté son épouse.
Des centaines de parents, tremblants d’angoisse, se sont précipités à l’école, cherchant à savoir si leur enfant était sain et sauf.
« Pas le jour » pour parler de politique
Des photos ont montré des petits élèves en file indienne, certains en larmes, au moment de leur évacuation par la police.
« On avait fait venir des ambulances, mais certaines n’ont servi à rien », commentait une femme en pleurs.
Le président Barack Obama devait s’exprimer vendredi à 15H15 (20H15 GMT). Le gouverneur du Connecticut, Dannell Malloy s’est rendu sur place et devait donner une nouvelle conférence de presse à 15H30 (20H30 GMT).
Le président s’est entretenu avec le gouverneur, le chef de la police fédérale (FBI), Robert Mueller, selon son porte-parole Jay Carney.
Ce drame des armes à feu s’ajoute à plusieurs autres qui ont défrayé la chronique ces derniers mois, dont celle survenue en juillet dans un cinéma du Colorado, où 12 personnes ont été tuées lors de la première du nouveau film de « Batman ».
Quelques semaines après la tuerie survenue dans un cinéma du Colorado, un ancien soldat avait tué 6 personnes dans un temple sikh d’Oak Creek, dans le Wisconsin, avant de se donner la mort.
La fusillade de Newton est également une des plus graves ayant jamais touché un établissement scolaire. A Columbine, en avril 1999, deux adolescents avaient ouvert le feu dans leur lycée, tuant 12 élèves et un enseignant avant de se suicider. En avril 2007, un étudiant de 23 ans avait tué 32 personnes avant de se donner la mort sur le campus de Virginia Tech.
Interrogé lors de son point de presse quotidien sur les conséquences de cette énième fusillade vis-à-vis de la réglementation sur les armes, M. Carney a estimé que ce n’était « pas le jour » pour parler de politique.
« Je pense qu’il est important, (…) de ressentir une énorme empathie pour ceux qui ont été touchés », a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche.
Les armes à feu ont tué 31.000 personnes aux Etats-Unis en 2009, dernière année pour laquelle des chiffres officiels sont disponibles. Parmi ces morts, plus de 18.000 sont des suicides.