VARMAGATE : Navin Ramgoolam ti bel et bien conné ki ti pe traffiké, estime Pravind Jugnauth

Pravind Jugnauth estime que le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, a effectué un revirement à 180° en ce qu’il s’agit du salaire des employés de la CNT

Le MSM persiste et signe : le Varmagate est un complot au plus haut sommet de l’Etat. S’attardant sur les différentes personnes dont les noms ont été cités comme impliqués dans cette affaire, dont celui du Deputy Prime Minister (DPM) Rashid Beebeejaun, et le Senior Advisor du Premier ministre Subash Gobine, entre autres, le leader du parti soleil soutient que, “Navin Ramgoolam ti bel et bien coné ki ti pe traffiqué”. Pravind Jugnauth dit détenir des informations selon lesquelles le Premier ministre, lui-même, lorsque l’affaire Varma a éclaté, “aurait insulté l’ex-Attorney General car cette affaire éclabousse le gouvernement, et qu’il lui aurait demandé de faire de sorte d’en finir avec”.
Yatin Varma, Reza Issack, Maurice Allet, Subash Gobine... Tous ces noms cités dans le cadre du Varmagete démontrent un complot au sommet de l’Etat. C’est ce qu’a indiqué le leader du MSM hier, lors de la conférence de presse du parti au Sun Trust. Selon lui, “plus le temps passe, plus la population découvre la culture du PTr sous toutes ses facettes, les unes plus dégoûtantes que les autres”. Et cela implique le gouvernement dans son ensemble, précise Pravind Jugnauth, rappelant qu’outre le PTr, le PMSD est aussi trempé dans cette affaire. Pour le leader du MSM, le Varmagate est un film à la bollywoodienne, et dans lequel, “zot pe rode sympathie de la population”.
Revenant sur la “supposé tentative de suicide de Yatin Varma”, Pravind Jugnauth s’interroge : “Ki fer si ou innocent ou seye commet enn tel geste ?” Selon lui, aujourd’hui, l’ex-Attorney General tente, à coups de prétextes et certificats médicaux, de repousser l’échéance de son interrogatoire à la police. Et de s’étonner que jusqu’ici le DPM, dont le nom a été cité par Reza Issack qui a dit avoir mis Rashid Beebeejaun au courant de tout n’ait pas encore été interrogé par la police. D’autant que le DPM n’a pas démenti l’information jusqu’ici. “Pourquoi ce traitement pour Rashid Beebeejaun ? D’autant que les révélations de Reza Issack prouvent que c’est damning pour le DPM et donnent en partie l’élément d’une conspiracy”, dit-il.
Ce qui renforce les allégations du MSM à l’effet que le Premier ministre était au courant des ramifications qui se tramaient autour du Varmagate. Et d’évoquer le nom du Senoir Advisor du PM, Subash Gobine, cité par Maurice Allet. “Eski ou croire ki, out of the blue, M. Subash Gobine décidé ki li bizin alle guette Maurice Allet pou coz ek Jeannot pou Yatin Varma ?”, demande Pravind Jugnauth. Selon lui, le Senior Advisor du PM n’aurait pas agi de son propre chef. “Pour moi, Varma a tenu le PM au courant des démarches qu’il avait entamées”, dit-il, affirmant détenir des informations selon lesquelles, dès que l’affaire a éclaté, le PM lui-même, après avoir insulté l’ex-Attorney General, l’aurait demandé de faire de sorte d’en finir avec. “Navin Ramgoolam ti bel et bien conné ki ti pe traffiké”, conclut-il.
CNT : une provocation
Le leader du MSM s’est, après, attardé sur la situation à la Corporation Nationale de Transport (CNT) qu’il qualifie de “drame pour le pays et les employés”. Pravind Jugnauth déplore “l’agenda caché et l’amateurisme des dirigeants pour mettre en danger le gagne-pain et la sécurité d’emploi des employés de la CNT”. Selon lui, les trois acteurs principaux de cette situation ne sont nuls autres que le PM, le DPM et le VPM et ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo. “Il y a eu ingérence politique outrancière à tel point que c’est l’hôtel du gouvernement qui décide quel autobus acheté et l’impose à la CNT”, dit-il.
Revenant sur l’achat des 100 autobus BlueLine en 2007, Pravind Jugnauth s’insurge qu’en dépit des révélations, ni le rapport du Workshop ingeneer du ministère des Infrastructures publiques, ni celui des experts indiens mandatés après l’accident de Sorèze n’aient été rendus publics : “Ki fer pe kassiet ? Laisse dimoun conné.”
Pravind Jugnauth estime que le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, a effectué un revirement à 180° en ce qu’il s’agit du salaire des employés de la CNT souhaitant aujourd’hui que ces derniers soient mieux rémunérés après qu’il les ont menacés. Il est aussi d’avis qu’en s’asseyant à la table des négociations sans aucune proposition, la CNT, qui remet la décision d’une hausse salariale au Conseil des ministres, continue de provoquer les employés. “Parey couma pou la ligne bis, c’est Conseils des ministres ki finalement finn revinn lors décision NTA, aster la pou salaire, zot fer parey, zot dir Conseil des ministres ki pou décidé”, dit-il. Selon lui, au lieu d’intégrer la CNT aux négociations syndicales, il aurait fallu mettre le PM et le ministre des Infrastructures publiques à la table des négociations. “La situation à la CNT démontre clairement l’agenda caché du gouvernement qui voulait mettre la compagnie nationale de transport à genou, avant de la vendre pour du pain et du beurre à ses petits copains”, estime le MSM. Il profite de l’occasion pour dénoncer la manipulation de l’information et la désinformation de la MBC sur la présence des dirigeants du MSM à Bonne-Terre lors de la grève des travailleurs de la CNT. Selon lui, outre le directeur de la MBC, Dan Callikhan et le directeur de l’information Nanda Armoogum, le caméraman et le journaliste de la MBC, sont aussi complices de “diffusing false news”.
Réforme Électorale : un draft bill
Sur la situation économique, Pravind Jugnauth estime que “gouvernma finn kassiet la vérité et pe fer mauricien viv avec l’illusion des chiffres ki pa reflété la réalité”. Mais le réveil est brutal aujourd’hui, dit-il, avec la croissance économique en dégringolade constante. Entre autres signes d’avertissements : “le moral des entrepreneurs est à zéro, le secteur touristique accuse d’énormes difficultés, l’investissement du secteur privé est en dégringolade et le secteur de la construction se contracte. Et le taux de chômage est en hausse.” Les propos du ministre du Travail cette semaine à l’effet que les jeunes devraient s’intéresser aux offres d’emploi à l’étranger représentent un aveu de taille du gouvernement, à l’effet qu’il n’a pas de solution pour combattre la chômage. Pour le MSM, le gouvernement a abandonné l’économie au profit de l’affairisme politique.
Au sujet de la Réforme Électorale (RE), le MSM estime que “trop boucou cozé inn cozé”. Pravind Jugnauth indique que “noun fatigué tann coz RE. Tou kalité expert gouvernma finn rodé, me à chaque fois, enn nouvo zafer vinn dir”. Selon lui, la RE est une version à l’infini du sujet par Navin Ramgoolam et “pa pou ena enn point à sa version la”. Il estime ainsi que ce n’est pas un White paper qu’il faut mais un Draft bill qui circulerait publiquement entre les partis politiques à l’Assemblée nationale, à ceux qui ne sont pas représentés au Parlement, ainsi qu’à la population, pour que chaque partie puisse exprimer son opinion. “Il faudrait aussi un time frame à l’échéance de laquelle, le PM viendrait, soit maintenir le Draft bill, soit y apporter des modifications, avant de le présenter à l’Assemblée nationale pour un débat”, suggère-t-il.


A L’HEURE DES QUESTIONS : “Le PM pena okenn sens de leadership”
Interrogé par la presse hier, sur le fait qu’alors que Yatin Varma a été sommé de démissionner et que Reza Issack a step down en tant que PPS, le président de la Mauritius Ports Authority, Maurice Allet, en dépit de son arrestation et de son implication dans le Varmagate est, lui, toujours en poste, Pravind Jugnauth répond que “Maurice Allet ti bizin inn fini step down la. Cela démontre le manque de leadership. PM pa kapav azir. Li pena okenn sens de leadership. Enn Maurice Allet li pa fouti mett dehors”. Pravind Jugnauth n’a pas souhaité commenter le vol effectué à son domicile, et encore moins révélé le contenu des documents qui auraient aussi été emportés. Il dit laisser la police faire son enquête. Toutefois, à une question de la presse, il révèle que s’il dispose d’un permis de port d’arme et d’un revolver, c’est pour pouvoir assurer sa propre sécurité parce qu’il se sent en danger.