Le ministère de la Santé se penche actuellement sur des modalités de traitement d’hépatite C dans les services de santé chez les séropositifs. « Il y aura bientôt un médicament générique sur le marché et un comité étudie l’implémentation de cette mesure. Nous devons déterminer combien de séropositifs souffrant d’hépatite seront traités contre l’hépatite C », a déclaré le ministre de la Santé Anil Gayan lors de consultations hier après-midi avec les représentants d’organisations non gouvernementales (Ong), de plusieurs ministères, de la police, des prisons et du State Law Office, entres autres. Interrogé par la presse, Anil Gayan a précisé que la décision de déporter ou pas la ressortissante camerounaise infectée par le VIH/Sida relève de la prérogative du bureau du Premier ministre.
Le ministre de la Santé a indiqué que « la commission d’enquête sur la drogue viendra très vite avec des pouvoirs élargis » et a invité tous les stakeholders concernés à venir déposer devant cette commission, car, dit-il, « n’importe qui peut devenir victime de toxicomanie ». Le traitement de pré-exposition au VIH/sida, adopté avec un certain succès à l’étranger, a été évoqué, le Dr Pathak, coordinatrice de la lutte contre le VIH/sida, déclarant que le ministère de la Santé devait quantifier la demande pour ce type de traitement. « Nous devons étudier toute la question avant qu’une décision politique ne soit prise. » Les Ong présentes ont fait part de leur constat sur le terrain et de leurs demandes, notamment les grossesses d’adolescentes contaminées par le VIH/sida, la toxicomanie chez des jeunes de 13-14 ans, la liste d’attente pour le traitement substitutif à la méthadone, l’absence de services pour les mineurs sur la sexualité et la contraception, ainsi que l’impossibilité d’avoir accès aux écoles primaires gouvernementales pour les campagnes de prévention.
Les chiffres du ministère de la Santé sur l’infection du VIH/sida font état de 4 000 patients ayant reçu un traitement jusqu’ici dans les services de santé. En décembre 2014, 2 350 personnes ont été traitées aux antirétroviraux. L’année dernière, 97% des femmes enceintes séropositives ont été traitées pour prévenir la transmission de la mère à l’enfant. La contamination de la mère au nouveau-né a été réduite et, en 2013, seulement deux nourrissons ont été infectés. L’incidence du VIH/sida chez les femmes enceintes est restée en dessous de 1% à ce jour, excepté dans le groupe d’âge des 15-24 ans, où ce pourcentage a atteint 1,1% en 2014. Près de 108 000 tests de VIH/sida ont été effectués en 2014 au laboratoire de virologie et le ministère de la Santé estime que 10 000 personnes âgées de plus de 15 ans vivent avec le VIH/sida. À 2014, 953 décès ont été causés par le VIH/sida. Le pourcentage de nouveaux cas chez les toxicomanes par voie injectable a diminué pour atteindre 31% en 2013.
Concernant l’accès au traitement à la méthadone pour ceux ne pouvant se déplacer, un médecin devrait se rendre à domicile pour prescrire des médicaments de substitution. Le ministre de la Santé a enjoint les Ong à faire parvenir leurs demandes au Dr Pathak, de la cellule de coordination nationale pour le VIH/sida. À noter qu’après un “screening” des demandes de traitement à la méthadone, 30 personnes figurent actuellement sur une liste d’attente.