L'état du terrain de football

Les habitants de Sébastopol souffrent de nombreux problèmes d’infrastructures. Ils dénoncent le laisser-aller des autorités et veulent du changement.
Beauté du paysage et verdure à volonté : Sébastopol respire la fraîcheur. Mais les villageois ont le sentiment d’être délaissés par l’État. Ceux que nous rencontrons nous font part de leurs problèmes : espaces de loisirs mal fréquentés, pénurie d’eau, terrain de football en mauvais état…

À Pellegrin, un coin reculé du quartier, cinq dames se sont réunies chez les Buleeram. Elles nous racontent que le manque d’eau est un véritable problème auxquels les habitants doivent faire face quotidiennement. “L’eau ne coule pas régulièrement. Il arrive qu’on ne soit pas approvisionné pendant trois jours”, se plaint Kamla Dawootal, 59 ans, qui habite la région depuis qu’elle s’est mariée. Avant, les femmes se ruaient à la fontaine pour remplir leurs seaux. Aujourd’hui, ces familles doivent se lever tôt le matin et se coucher tard pour s’approvisionner en eau ou attendre la distribution d’eau par camion-citerne. “Dès 9h, il n’y a plus d’eau dans les robinets. Il faut attendre 17h pour qu’elle coule à nouveau.”

“Pellegrin est laissé-pour-compte”.

Sheena Buleeram est lassée de cette situation, qui dure depuis des années. Elle utilise l’eau conservée dans un petit réservoir pour se préparer avant d’aller en cours. “À 7h, il n’y a plus une goutte d’eau chez moi. Je fais le va-et-vient entre ma maison et mon jardin chaque matin avec mon seau d’eau. C’est pénible à la longue”, souligne cette étudiante de l’Université de Technologie. La famille a droit à l’insolence des chauffeurs des camions-citernes. “Certains refusent de nous fournir l’eau sous prétexte que notre maison est située loin de la route. Mon père ne peut pas nous aider car il est souffrant”, dénonce la jeune femme, qui n’a jamais vu de travaux d’amélioration effectués depuis qu’elle habite la région.

Pour elle tout, comme pour les autres dames, cela équivaut à un manque de respect vis-à-vis de toutes ces familles. “Nous sommes plus d’une quarantaine de familles à vivre dans ces conditions.” Les doléances s’accumulent, mais rien n’est entrepris pour les résoudre. Reshma Mungurah, 40 ans, ajoute qu’il y a des fuites dans le réseau et que l’eau se perd dans la nature au lieu d’être consommée par les ménages.

“Pellegrin est laissé-pour-compte”, lâche Survesh Mohadeb, travailleur social de 23 ans. En sillonnant les routes, nous découvrons les raisons derrière le mécontentement des villageois. La belle vue montagneuse laisse place à un spectacle moins glorieux. Le jardin est en friche, les malfrats ont volé les fils, les câbles électriques et les lampes des poteaux d’éclairage, les canettes de bière et les bouteilles d’alcool ont été jetées partout. L’incivisme règne dans cet espace dédié aux enfants et à la prière.

“Chacun doit prendre ses responsabilités”.

Certains s’approchent pour nous révéler quelques vérités. “Il est dommage que les enfants ne peuvent pas profiter du jardin. Les alcooliques et les toxicomanes investissent ce lieu. L’état est consternant, suite à la négligence du Village Council”, confie Survesh Mohadeb, qui souhaite l’embellissement de son quartier. Rishi Kumar Choony, l’ex-président du conseil de district de Moka/Flacq, confirme l’absence d’entretien et évoque que c’est par manque de loisirs que la drogue synthétique a fait son apparition. “Le phénomène de la drogue synthétique a pris de l’ampleur depuis cinq ans. Kouma ariv 5-er, bann-la koumans vini.” Il estime que le bourg a le potentiel d’avancer mais qu’il va falloir déployer les grands moyens. “Chacun doit prendre ses responsabilités.”

Survesh Mohadeb nous emmène au cœur de la commune verte. Nous croisons d’autres gens, des maisons de toutes les couleurs et un poteau électrique mal situé. “Ce poteau est gênant et peut nuire à la sécurité du public.” Sur le terrain de football, dont l’état laisse à désirer, les poteaux d’éclairage sont mal alignés. “C’est le résultat d’une construction faite à la va-vite.” Il espère que les choses vont changer. Comme lui, ils sont plusieurs à vouloir voir progresser Sébastopol. “Le village recule car les habitants ne sont pas tous solidaires.”

Régler les problèmes

Le président du village, Mohit Somaroo, affirme que des plaintes ont été transmises aux autorités concernées pour améliorer les conditions de vie des habitants. “Nous avons un sacré souci de distribution d’eau à Sébastopol. En ce qui concerne le poteau électrique, j’ai fait une demande pour qu’on l’enlève le plus tôt possible.”
Les grosses averses inquiètent les Gopeechand

Assis sur sa terrasse, Viraj Gopeechand nous raconte son calvaire durant les grosses averses. “Nous ne pouvons pas sortir de chez nous quand il pleut. L’eau submerge ma cour. Les autorités ont effectué des visites. Je me suis même rendu au District Council et on m’a fait comprendre qu’il n’y avait pas d’argent pour construire des drains”, confie ce chauffeur de taxi, qui a construit sa maison sur ce lopin de terre, il y a six ans.