Poorun Bhollah (à droite) lors de son retour des Jeux du Commonwealth à Gold Coast en Australie en avril dernier

La participation mauricienne aux derniers Jeux du Commonwealth à Gold Coast en avril continue de faire couler beaucoup d’encre. Après l’épisode d’attouchements allégués de Kaysee Teeroovengadum à l’encontre de Jessika Rosun, voilà que le rapport des luminaires volés au Village des Jeux a été rendu officiel.

Ce rapport, long de huit pages et rédigé par l’homme de loi, Me Ravi Bhookhun, avec comme secrétaire Me Vaneesha Dhunsam, se trouve être accablant à l’encontre de Poorun Bhollah, ancien président de la fédération mauricienne d’haltérophilie (FMH), suite à une enquête.

Conséquemment, le Comité Olympique Mauricien (COM) devra payer une amende de 285 dollars australiens, soit environ Rs 7 000, pour cette infraction. Une amende qui a déjà été réglée.

L’enquête fait ainsi ressortir que des témoins ont surpris Poorun Bhollah dans la salle à manger du Village des Jeux avec un luminaire sous sa veste.

Quand Richard Papie, qui agissait alors comme chef de mission, suite à la destitution de Kaysee Teeroovengadum, avait menacé d’alerter les forces de l’ordre, le président de la FMH d’alors, devait alors mettre en avant le fait qu’un sportif mauricien lui avait remis le luminaire. Toutefois, il devait se trouver dans l’incapacité d’identifier ce sportif.

Il faut savoir que Poorun Bhollah faisait partie du dernier groupe de la délégation mauricienne en partance pour Maurice le 19 avril. Au bout du compte, rien qu’un luminaire a été restitué aux membres de la Commonwealth Games Federation (GCF).

Au retour de la délégation, l’affaire devait être gardée sous silence et ne fut ébruitée qu’une quinzaine de jours plus tard. Les langues se déliaient alors et les noms de Phoorun Bhollah et de son fils, Ravi, entraîneur national d’haltérophilie, revenaient le plus souvent sur le tapis.

Au bout du compte, lors de l’enquête et l’audition des témoins, Phoorun Bhollah devait endosser toute la responsabilité. Parmi les témoins, citons Richard Papie, Yousouf Bayjoo, assistant secrétaire du COM et Hans Brasse qui agissait comme team-manager.

Au niveau du COM, il nous revient qu’aucune sanction ne pourra être prise à l’encontre de l’ancien président de la FMH, selon sa Constitution. Réunis hier soir, les membres de cet organisme ont décidé de contacter leur homme de loi, Me Nuvin Proag, pour décider de la marche à suivre.

« Même si ce rapport est très sérieux et accablant, nous ne voulons prendre aucun risque. C’est pourquoi nous comptons dans un premier temps mettre notre homme de loi en présence du rapport », nous a déclaré Philippe Hao Thyn Voon, président de l’instance olympique, ce matin.

Amer, Philippe Hao Thyn Voon avance que de tels dirigeants, qui selon lui ne sont pas à leur première incartade, n’ont plus leur place dans le circuit sportif.

Reste qu’il existe des possibilités que le rapport soit soumis au ministère de la Jeunesse et des Sports qui, selon la Sports Act, possède le pouvoir de prendre des sanctions.

Pour rappel, Poorun Bhollah avait démissionné de la présidence de la FMH, le mois dernier, lors d’une Assemblée Générale spéciale de cet organisme. Et ce, en raison de ses activités politiques, ce qui est incompatible avec les provisions de la Sports Act.


Richard Papie également blâmé

Le rapport blâme également Richard Papie, premier vice-président du COM. Il souligne que ce dernier n’aurait pas assumé toutes ses responsabilités en tant que chef de mission et aurait fait preuve de négligence.

Selon le rapport, il n’aurait pas approuvé le fait que les valises passent par un scanner et qu’il existe des possibilités que les deux autres luminaires étaient dans celles des lutteurs.

Pour rappel, Richard Papie n’avait pipé mot sur ce problème de luminaire lors de la conférence de presse tenue le lendemain de l’arrivée du dernier contingent de la délégation mauricienne. Toutefois, lors de la réunion du COM tenue hier soir, il a été décidé qu’aucune sanction ne sera prise contre le président de la fédération de lutte, qui semble avoir pris ses distances des activités du COM ces derniers mois.