Loin de la polémique qui avait marqué la tenue de la compétition de volley-ball féminin lors des derniers Jeux des îles à La Réunion en 2015, une jeune joueuse avait crevé l’écran. Du haut de ses 17 ans, Joanita Latour, qui défendait jusque-là les couleurs d’Azur SC, avait attiré la convoitise de quelques clubs de l’île sœur. Au bout du compte, elle avait posé ses valises au Volley-ball Club de la Côte Ouest (VB2CO) avant de défendre par la suite avec succès les couleurs du Saint-Denis Olympique (SDO). En vacances dans son île natale jusqu’à hier, elle a participé à quelques séances d’entraînement de la présélection nationale avant d’entamer cette nouvelle saison avec sérénité et des projets plein la tête.

Rencontrée au gymnase Pandit-Sahadeo à Vacoas mercredi dernier, Joanita Latour offre l’image d’une volleyeuse beaucoup plus mûre et épanouie.« C’est vrai que je suis désormais plus confiante en mes possibilités et que je suis psychologiquement plus forte », affirme-t-elle. Certes, les débuts à La Réunion n’étaient guère évidents, mais elle a pu compter sur le soutien de Lucie Bawedin, responsable du VB2CO, et par la suite de David Françoise, entraîneur du Saint-Denis Olympique.

« Il n’était guère évident de tout gérer seule dans un pays étranger. D’autant qu’à Maurice j’avais surtout le soutien de mes sœurs. Le support de Lucie m’a été réconfortant, d’autant que c’est elle qui est la première à avoir cru en moi. » La benjamine des sœurs Latour se veut également redevable à Stéphane Mouezy, dirigeant du SDO, qui a su la rassurer dans les moments difficiles, et à David Françoise qui, à son avis, lui a permis d’acquérir « un mental de guerrier. »

Après ses débuts à l’âge de 14 ans au sein de l’Union de Curepipe, ses deux titres de championne avec Azur SC, sa participation au Tournoi de la CJSOI, puis en tant que guest-player aux Tranquebar Black Rangers lors de l’édition 2013 de la Coupe des clubs champions de la zone 7, Joanita Latour connaît donc le cheminement tant espéré à l’île sœur. « Je fais ce à quoi j’aspirais », soutient celle qui s’occupe également des jeunes de son club les samedis. Peut-il en être autrement quand son tableau de chasse s’est déjà enrichi d’un titre de champion avec la formation dionysienne et d’une participation au championnat de France Nationale 3. Et ce, après une troisième place acquise lors de sa première saison avec le VB2CO.

Alors que le championnat abordera bientôt sa phase finale, la pointue de 22 ans compte jeter toutes ses forces dans la bataille afin d’aider ses coéquipières à déloger le Tampon Gecko Club. « C’est sûr que nous voulons conserver notre titre. Ce sera alors l’occasion de participer de nouveau au championnat de France, qui a été pour moi une expérience inoubliable vu le niveau élevé de la compétition ».

Ce vœu ne l’éloigne pas pour autant de la sélection nationale au sein de laquelle elle compte gagner sa place afin de viser le plus haut possible aux Jeux des îles l’année prochaine. « Depuis ma première séance d’entraînement le 26 décembre dernier, je me suis vite intégrée à ce groupe que je sens motivé. Nous avons également la chance de bénéficier de l’expertise d’un directeur technique national qui recherche la perfection. Il nous faudra donc être fortes dans la tête. »

Si le volley-ball occupe une place prépondérante dans sa vie, Joanita Latour ne néglige pas pour autant le côté académique. À l’université de Saint-Denis, elle s’attelle à réussir ses études en littérature anglophone et en histoire européenne afin de décrocher sa maîtrise par la suite. La petite Curepipienne, qui avait été subjuguée par la prestation de ses aînées au Tournoi de la CJSOI, évolue donc aujourd’hui dans la cour des grands. Sans complexe et avec une immense foi dans l’avenir.