And yet, still, in some places, not a drop to drink ! Empruntons cette partie la plus connue de La Complainte du Vieux Marin (The Rime of the ancient mariner), et permettons-nous, pardon, dear M. Samuel Coleridge, de cette légère réadaptation, de vos mots précieux et éternels, pour les contextualiser avec la situation locale actuelle.

Des trombes de pluie s’abattent sur l’île depuis déjà une dizaine de jours. Le soleil a refait une timide apparition, après plusieurs jours d’absence, avant de céder la place, une nouvelle fois, à l’eau. L’alternance chaleur insupportable et pluies diluviennes, sur la capitale, et ailleurs, ce jeudi 11, en l’occurrence, en atteste ! Les éclairs et la foudre se sont aussi invités à la fête. Et, au final, le scénario est… tout à fait normal, surtout pour une île tropicale comme la nôtre. Où les caprices de Dame Nature sont courants. Et avec le changement climatique, les brusques, voire brutaux, passages d’un ciel ensoleillé aux torrents déversés, un peu partout, deviennent peu à peu coutumiers. Le microclimat n’est pas une catastrophe, mais une réalité.

Sauf pour ces montées des eaux, et de boue, dans quelques endroits, inondant des maisons, forçant certains de ces habitants hors de chez eux et dans les centres de refuge, quand leurs toits sont littéralement envahis. Et à ces très nombreux autres d’avoir recours aux pompiers, SMF et autres autorités pour pomper l’envahisseur hors de leurs cours et maisons inondées, où, selon les propos mêmes de certains, ils se retrouvent pied dans l’eau du jour au lendemain…

Bien évidemment, l’interrogation principale qui est sur toutes les lèvres : à qui la faute ? A Ivan Collendavelloo, qui avait promis de l’eau 24/7, durant la campagne électorale et qui n’arrive pas, à une année de l’échéance du mandat, à respecter cette promesse ? Aux nominés politiques qui gèrent les départements relatifs ? Aux contribuables qui, malgré la perte de 11 vies durant les inondations meurtrières du 31 mars 2013, à Port-Louis, n’ont pas changé leurs mauvaises habitudes d’obstruer les canalisations et disposent toujours leurs ordures où bon leur semble, sauf dans des endroits spécifiques, à cet effet ? Aux différents régimes politiques qui se sont succédé et qui, de peur de perdre des votes, ont préféré accéder à des demandes de constructions pas toujours régies par des règles et des normes, favorisant, du coup, un développement sauvage et irréfléchi ? Ou à cette foutue Dame Nature qui se paie notre tête et n’en fait qu’à la sienne !

En fait, il nous semble bien qu’il y a un peu de tout cela dans la somme finale ! Par exemple, cela fait plusieurs années que l’on nous bassine que les filtres sont bouchés dès que des grosses pluies s’abattent sur l’île. Contraignant des foyers à rester sans eau des jours durant. Et avec cette chaleur inconfortable de l’été mauricien, nul besoin de faire un dessin ! Mais quelles donc sont les raisons pour lesquelles, à chaque fois, il faut couper la fourniture de l’eau, le temps de nettoyer les filtres ? Ne peut-on avoir un service d’entretien régulier, comme dans tout pays décent, en ce sens ?

Il est facile de s’attendrir devant les images des maisons inondées à chaque grosse pluie et de s’indigner, même, quand ces occupants déversent leur colère face aux caméras et micros. Mais toutes ces maisons ont-elles été construites dans les règles et suivant les normes en vigueur ? Est-ce qu’au préalable, lors des travaux de construction, les risques ont été calculés pour qu’en temps de grosses pluies, par exemple, la maison ne se transforme en piscine ? De plus, est-ce que les départements veillant à la construction des drains et des autres modes d’évacuation d’eaux, entre autres, ont été consultés ? Ont-ils donné leur accord après étude de la situation, ou simplement sur recommandation de « quelqu’un qui connaît quelqu’un d’autre » et qui, bien évidemment, est un proche du pouvoir en place ?

Mahen Jhugroo, ministre des Administrations régionales, a raison d’exprimer sa colère envers les habitants qui jettent leurs ordures, sans se soucier des répercussions. Il serait avisé de sanctionner ces derniers qui, d’une magistrale nonchalance, se permettent de nettoyer devant leurs portes et d’aller, sans gêne aucune, polluer les zones résidentielles des autres ! Quand ce ne sont pas les cours d’eau et terrains en friche. Ce qui occasionne, dans certains cas, ces obstructions qu’on a vues un peu partout, dans les médias et sur les réseaux sociaux, cette semaine !

Responsabiliser les Mauriciens semble devoir passer par la répression : pour les citoyens irresponsables comme pour ceux qui occupent des postes stratégiques, peut-être devrait-on envisager des peines et des amendes afin qu’ils stoppent leurs mauvaises pratiques qui pénalisent le grand nombre. Pour que chaque grosse pluie — et cela va devenir très courant, ces prochaines années ! — Maurice ne se transforme en piscine à ciel ouvert…
Husna Ramjanally