WEB - Facebook accusé de jouer les Big Brothers une fois de plus

Mais le réseau se défend et jure que les cookies du navigateur ne sont pas utilisés pour pister les utilisateurs...

Lors de la conférence F8, Mark Zuckerberg a vanté les mérites du «partage sans friction». Il se retrouve –comment souvent– avec une nouvelle polémique relative aux données personnelles sur les bras.
Ce week-end, le blogueur et bidouilleur Nik Curbrilovic a accusé Facebook de continuer à suivre les activités en ligne des utilisateurs, même une fois qu'ils se sont déconnectés du réseau. Il écrit, preuve à l'appui: «Chaque fois que je visite un site avec un bouton like, de partage, ou tout autre widget, l'information, y compris le numéro de mon compte, est envoyée à Facebook, même quand je ne suis plus loggé. La seule solution est d'effacer tous les cookies Facebook», ces petits fichiers stockés sur le disque dur par le navigateur, notamment pour garder en mémoire les mots de passe.
Pas pour la pub, jure Facebook
Un ingénieur de Facebook en charge des logins a immédiatement réagi via un commentaire (le service de presse confirme). Il reconnaît que les cookies sont bien modifiés, mais explique qu'il s'agit «d'une mesure de sécurité et de protection, notamment pour identifier les spammers ou lorsque quelqu'un essaie d'accéder à votre compte.» Surtout, il affirme que Facebook «n'utilise pas les cookies des plugins sociaux pour vendre de la publicité ou des informations à des partenaires» mais simplement pour «personnaliser» ses services.
Ce n'est pas la première fois qu'un acteur du Web est accusé de suivre d'un peu trop près ses utilisateurs. Google, avec la barre omnibox de Chrome, ou Microsoft avec sa barre d'outil Bing ont été violemment critiqués.
Facebook, de son côté, envisage de devenir une couche sociale s’infiltrant dans chaque recoin de la toile. Avec le partage «sans friction», chaque chanson écoutée sur Spotify apparaît par exemple dans le nouveau «ticker», ce module destiné à devenir le «pouls» d'activité de Facebook. Le réseau opère une transition du partage «au cas par cas», contrôlé par l'utilisateur, à du «tout ou rien» automatisé une fois l'autorisation initiale donnée. Au-delà des questions sur la vie privée, ce déluge de données soulève une question plus fondamentale: celle de leur pertinence.