Depuis presque dix ans, un mouvement hip hop de Résidence Kennedy mène un combat pour que cette culture soit vulgarisée et respectée. Connu à présent comme la Wake Up Team ou Wu Team et mené de main de fer par Kenjee Kennedy, le collectif poursuit son chemin avec le lancement d’une mix tape. Rencontre.
À la base de cette mix tape, on retrouve S.K. Hassenjee (alias Kenjee Kennedy) accompagné de Marki Evolution et Neguson. Nous avons rencontré les trois complices dans le studio du premier nommé, situé dans la cité qui les a vus grandir. Les trois chanteurs font preuve d’une vraie cohésion et laissent transparaître une envie de mener la culture hip hop à bon port.
Casquettes à l’envers, pulls adaptés et baskets avec languettes en évidence, nos interlocuteurs vivent la culture hip hop en permanence. Plus loquace que ses partenaires, Kenjee prend les choses en main. “D’abord, il faut dire que la Wake Up Team est un collectif réunissant pas mal de monde. Il y a des slameurs, des taggeurs, des chanteurs, des danseurs; bref, beaucoup de personnes dont le point commun est d’aimer la culture hip hop.”
Dévotion.
Si le mouvement est aussi populaire aujourd’hui, c’est grâce aux nombreuses initiatives qu’elle a prises au cours de ces huit à neuf dernières années, par le truchement de Kenjee Kennedy en particulier. La seule chose qui serait comparable au dévouement de ce dernier à l’urban style est l’amour qu’il a pour sa localité. Preuve s’il en est : S.K. Hassenjee a choisi Kenjee Kennedy comme nom d’emprunt, pour dire haut et fort d’où il vient.
Depuis 2008, Marki Evolution a rejoint Kenjee. À l’époque, le collectif avait choisi le nom de Section Kolt’Art. “C’est un autre adepte de la culture hip hop, Mordikis, qui avait initié ce collectif. Il m’a permis de reprendre le nom. À un moment, il y avait Marki, un DJ et moi”, raconte Kenjee.
Wake up sessions.
L’éveil de la culture hip hop à Maurice a eu lieu grâce à des sessions mensuelles organisées en 2010 et 2011. Elles ont pris naissance après la participation de Kenjee Kennedy à l’Urban Konnection Festival à La Réunion. “J’ai vu pas mal de vedettes issues de la culture hip hop comme Bboy Born ou encore Pockemon Crew. Cette expérience m’a ouvert les yeux. J’ai compris ce qu’était réellement le hip hop. En revenant à Maurice, je me suis mis à la danse alors que je ne faisais que chanter. L’expérience réunionnaise a été le déclic qui m’a poussé à m’engager à donner ses lettres de noblesse à cette culture chez nous.”
Mission koltar.
Mais le travail avait débuté en amont. En 2005, Kenjee décide d’aménager un studio chez lui pour ses propres besoins. Il enregistre quelques morceaux et en écrit plusieurs autres. Il se sent investi d’une mission. “J’ai compris que je devais faire quelque chose pour que la culture urbaine avance et que ma localité soit connue. Le 22 septembre 2007, j’ai organisé dans le Centre de Jeunesse de Cité Kennedy, le Koltar Live, un genre de concert.”
Coup d’essai, coup de maître ! L’initiative rencontre un franc succès avec la participation d’un très grand nombre de groupes, à l’instar de NSZ Symphony et les Hip Hop dancers. Une deuxième et une troisième édition verront le jour.
Les street dancers et autres férus de la culture hip hop se rencontrent ensuite une fois par mois à l’Inside Club à Rose-Hill. Un lieu qui pourrait à nouveau être investi pour des programmes similaires.