Yannick Lincoln (33 ans) est, contre toute attente, monté sur la plus haute marche du podium jeudi dernier à l’AfriSki Resort au Lesotho à l’occasion des Championnats d’Afrique de vélo tout terrain (VTT), lors de l’épreuve du cross-country marathon (XCM). Le nouveau no 1 du continent dans cette spécialité, a bouclé les 60 km du parcours dans le temps de 3 heures, 7 minutes et 04 secondes. Toutefois, hier; lors de l’épreuve de cross-country olympique, il n’a pas été en mesure de monter sur le podium, la concurrence étant trop relevé.  
Le sextuple vainqueur du Tour de Maurice cycliste et figure de proue du VTT local n’a qu’une seule obsession, arriver dans les meilleures conditions aux Jeux Olympiques de Rio au mois d’août prochain. “Je fais mon maximum pour atteindre mon objectif et le fait d’être de la partie me donne du courage et de la motivation pour m’améliorer encore plus. Pour l’instant, je n’en suis pas encore là car j’estime en avoir encore sous la pédale. On verra le jour J dans quel état de forme je me trouverai”, a indiqué Yannick Lincoln, qui n’a jamais caché sa préférence pour le VTT. Force est de constater que ce phénomène et compétiteur né a mis tous les moyens de son côté puisqu’il s’est distingué en ouverture de ces Championnats d’Afrique en remportant avec la manière, la médaille d’or au cross-country marathon.
Ils étaient 20 participants à avoir pris part à cette épreuve et quatre d’entre eux ont dû abandonner. Ce n’est un secret pour personne que le no 1 de Maurice est définitivement plus à l’aise sur les parcours allongés. Il l’a confirmé sur ces 60 km en terminant à plus de cinq minutes d’avance sur le médaillé d’argent, le Namibien Costa Seibab, crédité d’un temps de 3 heures, 12 minutes et 17 secondes. Le podium a été complété par l’un des représentants du pays hôte, Phetetso Monese en 3h18:10. Le vainqueur nous raconte, “C’était une course très dure en altitude qui plus est, avec des cols de 11 km. Aussi, j’avais en face de moi des coureurs de petits gabarits qui sont des spécialistes des cols. Je savais que je devais m’employer à fond pour être en mesure de tirer mon épingle du jeu”, a-t-il souligné. En effet, le Mauricien mesure 1m87 contrairement à ces adversaires qui faisaient pour la plupart moins d’1m80.
Notre interlocuteur soutient, “La course a démarré très fort et je dois dire que j’ai commencé à être très inquiet notamment au tout début car je me suis fait un peu distancer par mes adversaires. Mais ensuite, j’ai profité du parcours plat pour rattraper mes concurrents en les mettant constamment sous pression. C’est à mi-chemin, soit à 30 km de l’arrivée, que j’ai été en mesure de faire la différence. Ces derniers n’ont pas pu suivre le rythme que j’imposais et ils ont même dû décrocher. Malheureusement pour moi, j’ai été victime d’une crevaison à ma roue arrière mais plus de peur que de mal, c’était sans gravité”, a avoué le médaillé d’or.
Une fierté que de défendre sa patrie
Pourtant, Lincoln ne s’attendait pas à glaner le plus précieux métal. “C’est un coup de poker. Certes, je m’attendais à un podium mais je ne pensais pas m’adjuger l’or. J’ai aussi beaucoup tergiversé dans ma tête car j’hésitais à m’aligner sur ce marathon de peur d’être perdant des deux côtés, c’est-à-dire dans cette épreuve, et au cross-country olympique. J’avais cette frayeur de ne pas avoir assez de carburant vu la débauche d’énergie que suscite le XCM. Mais, au final, je m’en suis bien sorti mais ce sacre n’est pas une fin en soi car je considère que je suis encore perfectible notamment au niveau de la technicité. C’est un secteur que je dois absolument améliorer”, a-t-il spécifié.
Yannick Lincoln a déclaré également qu’il était toujours heureux de faire honneur à son pays. “C’est une fierté pour moi de faire honneur au quadricolore national. Je souhaite être un digne ambassadeur de mon pays et je ne le redirai jamais assez, j’aime la compétition et j’adore relever des challenges. C’est bon pour moi de me frotter aux meilleurs du continent et cela me permet de bien situer mon niveau pour savoir ce que je dois améliorer. À Maurice, nous n’avons pas de surface technique pour être capable de bien se préparer. C’est pour cette raison que c’est primordial d’effectuer des déplacements. Je travaille d’arrache-pied pour la compétition de Rio”, a-t-il conclu.