Pour le PMSD, il n’y a pas à sortir de là. De ses propres aveux, l’ex-Attorney General a indiqué qu’il avait signé la lettre de caution en faveur de Husein Abdool Rahim et qu’il ne faut pas l’oublier. « Dans toute cette cacophonie, les questions demeurent les mêmes : Ravi Yerrigadoo est-il impliqué dans un betting scam ? Ou a-t-il aidé un better à faire un betting scam ? » demande le secrétaire général des Bleus, Mamade Khodabaccus. Et par-dessus tout le déballage en cours, d’autres protagonistes sont entrés en jeu, note-t-il, évoquant d’autres interrogations, dont celle entourant le rôle qu’aurait joué Roshi Bhadain dans toute cette affaire. Le PMSD, qui prévoit d’autres rebondissements dans cette affaire, se demande également quelle sera la démarche du Premier ministre à son retour des États-Unis face à ce scandale. Le parti réclame ainsi « une enquête approfondie et sérieuse », pas « menti menti », comme dans le cas de Soodhun et les menaces de mort proférées à l’encontre du leader des Bleus.
Animant, en l’absence du leader Xavier Duval, la conférence de presse aux côtés du président du PMSD Robert Pallamy et de la présidente du Conseil de district de Rivière-Noire, Véronique Leu, Mamade Khodabaccus est longuement revenu sur le Yerrigadoogate, hier. De jour en jour, dit-il, le feuilleton de scandales avec au centre les membres du gouvernement ne cesse de susciter interrogation sur interrogation. Si Husein Abdool Rahim s’est rétracté sur ses propos concernant l’orchestration d’une machinerie pour blanchiment d’argent, impliquant Ravi Yerrigadoo, il n’en demeure pas moins, note-t-il, que le protagoniste a maintenu que la lettre de caution a bien été signée par l’ex-Attorney General ; les documents manuscrits sont aussi de Ravi Yerrigadoo, et qu’en outre, il y a aussi eu une rencontre au bureau de Ravi Yerrigadoo. Il n’en demeure pas moins également qu’il y a bien eu un séjour en Suisse pour Sylvio Sandanum, l’avocat Kwan Tat et Husein Abdool Rahim, souligne Mamade Khodabaccus. « Et par-dessus cela, dans ses dépositions, Husein Abdool Rahim finn aussi implique leazot dimoun, dont le fameux Roshi Bhadain », relève-t-il. D’où ses interrogations quant au rôle qu’aurait joué le leader du Reform Party dans cette affaire. Évoquant l’affaire Dufry, il rappelle qu’à l’époque, Roshi Bhadain, Ravi Yerrigaddoo et même Pravind Jugnauth ont joué aux inspecteurs Gadgets. Mais aujourd’hui, « Bhadain inn envi tir manzé Yerrigadoo ». C’est la raison pour laquelle, « nou anvi koné ki so role ladan. Ki finn so involment. Ziska kel nivo ».
Mamade Khodabaccus note également que dans cette situation à la télénovela, la police joue aussi un drôle de rôle. « Enn malfrat finn dépose enn affidavit, après  li changer, li ale CCID, létan pou ale kot li, li gagn escort », s’étonne-t-il. Qui plus est, alors que tous ses avocats ont lâché Husein Abdool Rahim, le Deputy Chief Whip, lui-même au coeur d’une vive polémique, se propose de défendre le malfrat, fait-il ressortir, « dans ki société nou pé viv ? Si cela continue, nous nous dirigerons vers l’anarchie ». Le PMSD réclame ainsi une enquête « approfondie et sérieuse » de la police et non « menti menti », comme cela a été le cas, selon lui, pour Showkutally Soodhun, après la déposition du leader des Bleus suivant les menaces de mort qu’a proférées le DPM à son encontre.
A ce propos, Mamade Khodabaccus souligne que jusqu’ici le ministre des Terres et du Logement n’a pas encore été convoqué au CCID : « C’est Showkutally Soodhun qui pou décidé Kan li pou ale la police. Jamais dans un pays où le leadership existe et où les institutions fonctionnent normalement, on aurait vu une telle situation. » Il faut fermer le clapet à cette « cacophonie », dit-il. Et la seule façon d’y mettre un frein, c’est d’avoir des élections générales : « Kan pa kapav diriz enn pays, rende aller ! Maurice mérite mieux que ce gouvernement amateur. Donn nous élections générales au plus vite. » Élections auxquelles, à ce stade, le PMSD, qui envisage de présenter son leader en tant que Premier ministre, se présentera seul. En attendant, le parti se concentre sur l’élection partielle au No 18 pour laquelle le parti se dit confiant de la victoire du PMSD. « Sa élection-la pou désidé kisann-la prochain premis minis », dit-il.
Ecart d’Etienne Sinatambou
De son côté, la présidente du Conseil de district de Rivière-Noire — après être revenue sur « les propos vulgaires et insultants » du Deputy Chief Whip à l’encontre d’une journaliste et envers les femmes en général et qui se dit consternée face au silence de la Speaker et de la présidente de la République à ce propos — s’est attardée sur le manque de respect à son égard du ministre de la Sécurité sociale et de l’Environnement. Selon elle, ce n’est pas la première fois, mais la semaine dernière, lors du lancement de la campagne Clean up Mauritius, Etienne Sinatambou « a eu un vilain comportement » démontrant en cela, selon elle, « un nouveau manque de respect » du fait que ni elle, en tant que présidente du Conseil de district de Rivière-Noire, ni le président du village, n’ont été conviés à cet événement. « Nous sommes aussi des élus, et dans tous les protocoles du Conseil de district, outre le PM, le président du Conseil est suprême. J’ai le même statut que n’importe quel maire ou président de Conseil de district », rappelle-t-elle à Etienne Sinatambou. Pour elle, cet évincement serait une manière de lui présenter la porte de sortie. Ce qui ne sera pas le cas, précise-t-elle, « tant ki mo là, zot pou bizin respecté protocole ».  
Zones d’ombre sur les Rs 3M du CSR à une ONG
Le président du PMSD a pour sa part commenté sur la situation économique du pays. Situation rétrogradée ces derniers jours au profit des divers scandales dans le pays, dit Robert Pallamy. Il se passe des choses dans le pays, avec toujours des zones d’ombre. A ce propos, il évoque les Rs 3 M qu’aurait perçues une seule ONG, dans le cadre du CSR, alors que les CSR guidelines établissent qu’il ne faut pas plus de Rs 3 M pour toutes les ONG, dit-il. Or, relève-t-il également, « par coïncidence », cette ONG bénéficiaire est située dans la circonscription du ministre de l’Intégration sociale, Alain Wong. Si le CSR Commitee a plaidé un bug informatique pour expliquer cette erreur, Robert Pallamy se demande si cela a vraiment été le cas ou si cette « information » aurait passé sous silence si elle n’avait pas été dévoilée dans la presse. Comment accorder confiance à une institution qui doit gérer un budget de Rs 800 millions, alors que l’organisme ne peut pas gérer son site-web, a-t-il fait ressortir.
Pour le PMSD, le CSR établi en 2009 a complètement dévié de son objectif avec l’entrée en vigueur de la Corporate tax de 2 % dans le dernier budget. Selon le président du parti, « toute la gestion se fait de façon amateur », d’où sa demande pour une gestion transparente de l’institution, des éclaircissements sur comment les allocations sont distribuées, à quelles ONG, et sur chaque projet. Le PMSD veut aussi savoir comment les fonds sont distribués et si cela se fait par circonscription.
Dans un autre volet, Robert Pallamy est revenu sur la diplomatie économique, d’importance capitale pour les échanges entre les pays. Commentant la participation du Premier ministre au Sommet des Nations unies, il note qu’une fois de plus, sous le gouvernement Lepep, le ministre des Affaires étrangères n’est pas présent. Pour le président du PMSD, « les ministres des Affaires étrangères du gouvernement Lepep sont des ministres transparents. C’est le PM qui, en sus d’être gestionnaire des scandales et des Finances pe besoin gère les Affaires étrangères ». S’il est une bonne chose que Maurice prenne position sur sa souveraineté territoriale sur les Chagos, il est tout aussi important de sauvegarder les relations diplomatiques, estime Robert Pallamy, qui note un manque de leadership aussi bien à la tête du pays que sur le plan de la diplomatie économique.