Politique

La rencontre élargie entre les dirigeants du MMM et du MSM sur la réforme électorale à River Wal hier soir a duré quelque 90 minutes. Le MMM était représenté par Paul Bérenger, Allan Ganoo, Rajesh Bhagwan et Steeve Obeegadoo alors que le MSM par Pravind Jugnauth, Showkutally Soodhun, Nando Bodha et Leela Devi Dookun-Luchoomun.

La députée du MSM de la circonscription Port-Louis Nord / Montagne-Longue, qui a démissionné de ses fonctions de PPS le samedi 6 août pour suivre son leader Pravind Jugnauth dans l’opposition, a finalement décidé de faire demi-tour et de réintégrer l’équipe gouvernementale.

Les partisans du Ptr et du PMSD de la circonscription de Belle-Rose/Quatre-Bornes ont célébré hier soir un double événement, notamment le départ du MSM du gouvernement et la nomination de Xavier-Luc Duval aux fonctions de ministres Finances.

Le 13 août dernier, de retour d’un voyage à l’étranger, Mireille Martin, élue de l’Alliance de l’avenir comme candidate MSM, accusait des membres du gouvernement de la « harceler » afin de changer de bord, depuis la démission collective des ministres MSM en soutien - suite à l’inculpation, jugée arbitraire, de Maya Hanomanjee - à leur collègue ministre de la Santé, dans l’affaire Medpoint,

 « Ranne pouvoir lepep » : c’est ce qu’a réclamé, mardi après midi, Pravind Jugnauth de Navin Ramgoolam, en guise de réponse au défi, de ce dernier, lancé aux élus du MSM de démissionner du parlement, samedi dernier, lors de sa conférence de presse. Cette contre-attaque  a été annoncée au Sun Trust Building en présence des parlementaires du MSM à l’exception de Mireille Martin, qui, selon son leader, souffrait d’une ‘gastro’, mais qui, en fait, avait démissionné du MSM pour réintégrer l’Alliance de l’Avenir comme elle l’a annoncé dans un communiqué, émis au moment du point de presse du parti, dont elle est  devenue Vice-présidente, il y a quelques jours.

Après le tête-à-tête Paul Bérenger-Pravind Jugnauth à l’hôtel Labourdonnais la semaine dernière, les deux dirigeants du MMM et du MSM se retrouveront cet après-midi accompagnés de leurs principaux collaborateurs pour poursuivre les discussions sur la réforme électorale et la 2e République.

La célébration de l’anniversaire de l’accession de l’Inde à l’indépendance a été l’occasion hier après-midi pour le haut-commissaire indien de donner sa dernière réception officielle à Maurice. 

Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, qui affirme n'avoir pas suivi la conférence de presse du PM Navin Ramgoolam, soutient que la question de démission des parlementaires du MSM, en vue de provoquer des élections partielles, ne se pose pas dans la conjoncture. Il est revenu sur le fait qu'à aucun moment, il n'a fait preuve de chantage sur le PM dans le cadre de l'enquête de l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) dans le scandale MedPoint.

A l'heure des questions, Paul Bérenger laisse comprendre qu'il ne voit pas l'utilité "d'un nouveau comité" pour discuter de nouveau de la réforme électorale incluant une certaine dose de proportionnelle dans la mesure où le rapport de 2004 du Select Committee présidé par Me Ivan Collendavelloo et qui a été approuvé tant par le MMM que par le Ptr avait, déjà, tout déblayé et précisé. D'où ses "doutes" quant à la "réelle volonté" de Navin Ramgoolam de concrétiser ce projet de réforme de notre système électoral. Il explique par ailleurs que, pour discuter de la question, le PM "a préféré rencontrer Jayen Cuttaree plutôt que le leader de l'Opposition". "Je suis à sa disposition. La balle est dans son camp", précise-t-il, néanmoins.

Après la rupture, vient le temps des discussions. Aux mieux, des retrouvailles. Le scénario n'a pas changé depuis des décennies. Après s'être regardés en chien de faïence jusqu'à encore récemment, les leaders du MMM et du MSM, respectivement, s'apprécient depuis jeudi dernier. Et sont même à l'aise ensemble. Dans le paysage politique où tout est possible, les surprises n'en sont plus. Ce changement de mood et de ton n'est pas sans agacer certains, convaincus que hormis la réforme électorale — sujet principal qui serait au centre de la rencontre entre les deux leaders des deux partis —, on a aussi parlé d'alliance et d'avenir…

Le fait nouveau de la semaine à venir dans l'enquête sur le scandale du siècle de MedPoint menée par l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) devra être l'interrogatoire Under Caution de l'ancien ministre de l'Industrie et président du MSM, Showkutally Soodhun. Cette convocation est devenue nécessaire après l'audition, vendredi, du Dr Zouberr Joomaye au sujet des confidences ministérielles à l'encontre du Premier ministre, Navin Ramgoolam. D'autre part, des sources indiquent que la piste du ministère des Finances reste toujours Live à l'Investigation Division de l'ICAC en vue de faire la lumière sur la MedPoint Tainted Transaction.

"Inn ler pou vote reforme electorale au plus vite ek dissoud parlement. Se enn periode dinstabilite ki pe regner; 36 kot 33 parlementaires se ingerab. Gouverneman kuma dir Angel 1. Line tasse lor recif. Inn ler pou remet enn lekip credib debout". Ces propos sont ceux du leader du MMSD, Eric Guimbeau. Il a réunit la presse, vendredi après-midi. Il y avait à ses côtés, lors de cette conférence, la responsable de l'aile féminine,Rajesparee Vencatapillay. L'occasion pour le parlementaire de l'opposition de "faire taire certaines rumeurs de transfuges, mais également de commenter les remous sur l'échiquier politique".

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, affirme qu'il n'entretient aucun souci pour sa majorité au gouvernement après la cassure de l'Alliance de l'Avenir. Il s'est appuyé sur le précédent de son père, feu sir Seewoosagur Ramgoolam, qui avait gouverné jusqu'aux élections de juin 1982 avec une majorité d'un parlementaire. Il a ajouté qu'il devra compléter son équipe ministérielle avec de nouvelles nominations cette semaine. Il avance qu'il a déjà pris contact avec deux des concernés. C'est ce qu'il a laissé entendre lors de la tranche des questions/réponses de trois quarts d'heure. Ci-dessous, l'essentiel de ces échanges :

Pendant un peu moins de deux heures, à la mi-journée, hier, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, s'est entretenu avec la presse sur deux thèmes majeurs : la situation politique suite à la cassure de l'Alliance de l'Avenir depuis le week-end dernier et les répercussions de la crise économique internationale sur Maurice. Accusant le MSM de transfugisme ("crossing of the floor"), en pas moins de trois occasions en des termes des plus catégoriques, il a réitéré le défi aux parlementaires de cet ancien allié au sein du gouvernement de soumettre leur démission, et d'affronter l'électorat lors des partielles. Le tout enrobé d'une pique par rapport au sujet d'un éventuel soutien du MMM. Aux questions des journalistes, il a trouvé que dans la conjoncture, "bagasse pli bon ki MSM azordi".

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a fait parler le langage de l'intransigeance sur le dossier, qui a été à la base de la cassure de l'Alliance : le scandale MedPoint avec l'arrestation et l'inculpation provisoire de l'ancienne ministre de la Santé Maya Hanoomanjee. Il s'est évertué d'étaler la "différence de culture entre le Parti travailliste et le MSM" en révélant qu'il avait appris la nouvelle de la démission des six ministres du MMM de la bouche du haut commissaire mauricien à Londres, Mahen Cundasamy. 

Quelle semaine riche en rebondissants! Les choses se sont subitement accélérées depuis le week-end dernier avec la désignation par le Premier ministre de quatre nouveaux ministres signant ainsi l'acte de décès de l'Alliance de l'Avenir. Et depuis, chaque jour amène son lot de développements avec, cette année, la réforme électorale comme sujet-alibi pour des rencontres politiques entre le MSM et le MMM et le MMM et le Ptr. Flashback sur une longue semaine politique.

Une "bonne réforme électorale" demeure la priorité des priorités du MMM actuellement, insiste Paul Bérenger, leader de l'Opposition et de ce parti. S'appuyant sur le feedback que lui a fait son émissaire, Jayen Cuttaree, qui a rencontré, vendredi, le PM et leader du Ptr, Navin Ramgoolam, pour aborder le sujet, M. Bérenger exprime, néanmoins, un certain scepticisme quant à la volonté réelle du Dr Ramgoolam de ne pas "laisser passer" une telle "occasion en or" qui se présente ces jours-ci. S'il confirme que lors de cette rencontre  Cuttaree / Ramgoolam,

Éric Guimbeau a tenu un point de presse hier après-midi au Labama House, Port-Louis, pour faire état de la situation politique qui dit-il, est semblable au cargo Angel 1. Pour le leader du Mouvement Mauricien Social Démocrate, le pays va mal et face à ce malaise, il serait bon de se tourner vers les élections générales.

Pour Me Ajay Daby, ancien Speaker et westministérien convaincu, « ce qui arrive avec l’affaire MedPoint fait peur. Boukou fonksioner pe per pou fer zot travay ». Il rappelle qu’il était un farouche opposant à la décision de Maurice d’accéder au statut de République : « Nous avons passé des lois et aujourd’hui le peuple est dans l’obscurité ». 

Dans le sillage de l’affaire MedPoint et des retombées pour certains dans l’exercice de leurs fonctions, les fonctionnaires se penchent sur les entraves, dont celles de nature politique, qui les empêchent de travailler sereinement. 

Le Premier ministre et leader du Parti travailliste Navin Ramgoolam a reçu pendant plus de trois heures le dirigeant du MMM Jayen Cuttaree. Officiellement, les discussions entre les deux dirigeants politiques ont porté sur la réforme électorale.

Des 24 conseillers élus en 2005 pour le conseil municipal de Beau-Bassin/Rose-Hill, il n’en reste que 16 en fonction. Les huit sièges sont vacants pour les raisons suivantes : quatre démissionnaires à la suite de nominations dans les corps para-étatiques, deux décès, un cas de révocation pour absence prolongée (Eddy Clarisse) et un conseiller « introuvable » (Paul Lemière).

Paul Bérenger et Pravind Jugnauth, qui se sont rencontrés hier à l’hôtel Le Labourdonnais, ont tous deux estimé qu’un bon consensus sur la réforme électorale est possible. Le leader du MMM a aussi précisé que le dossier MedPoint n’a pas été évoqué. Il a cependant soutenu qu’il s’était senti parfaitement à l’aise aux cotés du leader du MSM. De nouvelles rencontres sont prévues dès mardi. M. Bérenger s’est aussi dit prêt à rencontrer « anytime » le leader du Ptr Navin Ramgoolam.

Le Dr Zouberr Joomaye, l’intermédiaire entre le leader de l’opposition, Paul Bérenger, et l’ancien ministre de l’Industrie, Showkutally Soodhun, au sujet des allégations pour le deuxième exercice d’évaluation de la clinique MedPoint, a été entendu ce matin par les limiers de l’ICAC.