Politique

Malgré son inculpation provisoire avec une « charge sheet » des plus accablantes logée par l’Independent Commission Against Corruption (Icac) devant le tribunal de troisième instance de Port-Louis très tôt hier matin et la caution de Rs 25 000 versée pour retrouver sa liberté conditionnelle en attendant sa prochaine comparution en cour le 23 novembre prochain, Maya Hanoomanjee tente de s’agripper à son fauteuil ministériel. À hier soir, la ministre de la Santé n’a donné aucun signe qu’elle allait se retirer volontairement du gouvernement.  Face à cette résistance de la ministre de démissionner, des syndicalistes, dont Radhakrishna Sadien de la Government Services Employees Association et Rashid Imrith de la Fédération des syndicats du service civil, dénoncent la politique de deux poids, deux mesures dans la fonction publique et mettent en exergue « la situation difficile et malsaine » au ministère de la Santé avec à la tête une ministre inculpée sous la Prevention of Corruption Act et en liberté conditionnelle après avoir fourni une caution de Rs 25 000 et signé une reconnaissance de dettes de Rs 100 000.

Répondant aux questions de la presse à propos de la ministre de la Santé Maya Hanoomanjee à Bel-Air hier, le VPM et ministre de l’Intégration sociale Xavier Duval a affirmé qu’« une personne est innocente jusqu’à ce que la Cour la juge coupable.

Venu rendre visite à Maya Hanoomanjee hier à la clinique Apollo Bramwell, le ministre des Collectivités locales a affirmé soutenir totalement sa colistière MSM du N°14 (Savanne/Rivière-Noire). Hervé Aimée, du Ptr, précise toutefois qu’il s’exprime en son nom personnel et non pour tout le gouvernement. 

Trois hauts fonctionnaires de la Santé, le Permanent Secretary suppléant Om Kumar Dabidin et les Principal Assistant Secretaries Jayraj Hauroo et Ajay Kumar Utchanah, ont été inculpés provisoirement par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) après le passage de la ministre de la Santé Maya Hanoomanjee. Les mêmes charges provisoires sous l’article 7 de la Prevention of Corruption Act ont été retenues contre eux.

Vingt-six semaines après avoir initié une enquête sous la Prevention of Corruption Act, l’Independent Commission Against Corruption a déposé ce matin devant le magistrat Santokee siégeant au tribunal de troisième instance de Port-Louis une « charge sheet » des plus accablantes à l’encontre de la ministre de la Santé. Maya Hanoomanjee se retrouve parmi les six suspects inculpés provisoirement par la commission anti-corruption dans l’enquête sur le rachat de la clinique MedPoint pour un montant gonflé de Rs 144,7 M.

Dans un ruling rendu ce matin, la magistrate Naddhiya Dauhoo, siégeant au tribunal de Rose-Hill, a rejeté la motion qu’avait présentée le Chief Government Valuer Yodhun Bissessur. La charge provisoire dont il fait l’objet est donc maintenue.

La ministre de la Santé a failli passer la nuit d’hier à ce matin en cellule policière. Maya Hanoomanjee a échappé de justesse à la mise à exécution d’un mandat d’arrêt formel émis par l’Independent Commission Against Corruption à son encontre en se faisant admettre à la clinique privée Apollo Bramwell de Réduit en cours d’après-midi tout en annulant une fonction officielle au siège du ministère de la Santé fixée à 17 heures 30. À 16 h 30 hier à l’expiration de l’ultimatum imposé par la commission anticorruption pour le début de l’interrogatoire « under caution » de la ministre dans le cadre de l’enquête sur le « scandale du siècle » avec le rachat de la clinique MedPoint au coût de Rs 144,7 M, l’ICAC avait prévu de passer à l’action. Mais la principale concernée a joué au plus fin avec la « porte de sortie de la clinique ».

Le compte à rebours pour l’audition de la ministre de la Santé par l’Independent Commission Against Corruption (Icac) dans le cadre de l’enquête sur le scandale de MedPoint a amorcé une nouvelle étape ce matin. Six jours après la convocation pour une audition « under warning », Me Rishi Pursem, dont les services ont été retenus par Maya Hanoomanjee, a débarqué ce matin au QG de la commission anticorruption en vue de remettre une correspondance aux responsables de l’Investigation Department. Ce dernier développement a eu pour conséquence directe que l’audition de la ministre a été reportée.

Les travaux parlementaires ont été ajournés hier au 18 octobre prochain, ce qui correspond à trois mois de vacances parlementaires. C’est devant un hémicycle plutôt dégarni que le Premier ministre Navin Ramgoolam est arrivé à l’Assemblée nationale vers 19 h 50 hier pour présenter la motion d’ajournement des travaux parlementaires. Le décès du fils du ministre Pillay Chedumbrum a plané sur une bonne partie de la séance d’hier. Les travaux ont été exceptionnellement interrompus après les questions adressées au PM vers 12 h 30 pour rependre à 15 h, une demi-heure plus tard que d’habitude.

Le Protection from Domestic Violence (Amendment) Bill n’a fait l’objet d’aucune contestation hier après-midi au Parlement à sa présentation par le ministre de l’Égalité des Genres, Sheila Bappoo. Gouvernement et opposition s’accordent en effet sur l’urgence de conférer plus de pouvoirs au Chef Juge de statuer sur les réglementations permettant à la Cour de tenir des audiences pour entendre également des applications réclamant un Occupation ou un Tenancy Order, au même titre que le Protection Order. Désormais, s’est félicitée Sheila Bappoo, il y a une harmonisation des procédures de demandes de protection faites par des victimes de violence domestique.

La gestion de la State Investment Corporation (principal guichet des investissements de l’État avec un portefeuille portant sur des milliards) et de la State Trading Corporation (STC) (qui brasse des milliards en termes d’importations stratégiques pour le pays) a été épinglée hier par l’opposition du MMM lors du Question Time à l’Assemblée nationale. Vasant Bunwaree, qui assure la suppléance aux Finances en l’absence du vice-Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnauth actuellement en mission à l’étranger, a eu fort à faire pour calmer les ardeurs de l’opposition. Celle-ci était très remontée contre des « dépenses inutiles » engagées par le passé pour trouver un partenaire stratégique en vue de renverser la vapeur dans les casinos.

Plus de 6 000 cas de vol d’objets en or ont été dénombrés depuis 2005, selon le Premier ministre qui répondait à une interpellation de Kavi Ramano, député du MMM de la circonscription Belle-Rose/Quatre-Bornes.

Rs 246 928 682 ont été dépensées par la police dans le cadre du contrat alloué à la firme américaine Global Entreprise Technologies Corporation concernant le « new passports personalisation system », a révélé le Premier ministre hier matin.

Mille cinquante-cinq ouvriers étrangers ont été rapatriés depuis 2005, a indiqué le Premier ministre en réponse à une interpellation de Reza Uteem, député du MMM de la circonscription Port-Louis Maritime / Port-Louis Est. Navin Ramgoolam a fait comprendre qu’aucun travailleur n’a été déporté à proprement parler.

La réunion trimestrielle du conseil municipal de Beau-Bassin/Rose-Hill demain s’annonce orageuse avec certaines questions brûlantes à l’ordre du jour, comme le « Closing Order » émis par le ministère de la Santé contre la section boucherie du marché de Rose-Hill.

La Private Notice Question du leader de l’opposition Paul Bérenger a débouché sur un état des lieux à la Compagnie nationale de transport. Anil Baichoo a fait comprendre à une interpellation supplémentaire que la CNT fait actuellement l’objet d’un exercice de « forensic auditing » complet par la firme dirigée par Roshi Bhadain comme cela a été le cas à la fin de l’année dernière à la State Trading Corporation.

Les principaux protagonistes du scandale MedPoint, avec des déboursements de Rs 144,7 M, et ayant débouché sur deux enquêtes, soit au niveau de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) et du Central CID, jouent actuellement au chat et à la souris tout en évitant d’abattre leurs dernières cartes. Le principal événement prévu cette semaine est l’audition “Under Warning” de la ministre de la Santé Maya Hanoomanjee, même si un peu plus de 72 heures après qu’elle a accusé réception de la convocation de l’ICAC, très peu de renseignements ont transpiré sur son agenda.

Après des longs mois d'attente et beaucoup de frustations politiques aussi bien chez les rouges que chez les oranges, certains nominations aux postes sans titulaires dans le public et le para-public ont été enfin avalisés par le Premier ministre. Ainsi, la Financial Services Commission (FSC) qui n'avait pas de titulaire depuis le départ de Milan Meetarbhan, qui représente Maurice auprès des Nations Unies, a pour titulaire, depuis vendredi, Clairette Ah Hen, une professionnelle sans attache politicienne connue. D'autres nominations ont aussi été annoncées suite au conseil des ministres.

Tout va bien au sein de l'Alliance sociale. C'est en tout cas le message qu'ont envoyé Lormesh Bundhoo, Nando Bodha et Mahmad Kodabaccus, représentants respectifs des partis  Ptr, MSM et PMSD, de l'alliance, à Paul Bérenger, leader de l'opposition, hier, lors d'une conférence de presse à Port-Louis. D'ailleurs, un seul item figurait à l'agenda de cette conférence de presse : Paul Bérenger et ses allégations.

Une atmosphère un peu lourde a prévalu lors de la dernière séance parlementaire de mardi suivant un week-end qui a été marqué par une véritable passe d'armes entre le Premier ministre et le leader de l'opposition autour de l'affaire MedPoint. Elle a d'ailleurs été marquée par deux faits assez révélateurs quant à une apparente redistribution des cartes dans l'hémicycle, le député du MMM Reza Uteem retirant sa question sur les équipements "vié feray" de MedPoint destinée à Maya Hanoomanjee et son collègue Joe Lesjongard, un ancien du MSM, disant lors de son intervention sur The Excise (Amendment) Bill qu'il ne "tient pas rigueur à Pravind Jugnauth"pour avoir proposé ce texte pour être adopté dans toutes ses étapes le même jour.

L'initiative du Premier ministre, Navin Ramgoolam, de consigner en début de soirée de jeudi une déposition à charge avec des limiers du Central CID, en l'occurrence le chef-inspecteur Seeballuck et l'inspecteur Rughoonundun, pour des délits éventuels de "Diffusing False News" contre le leader de l'opposition, Paul Bérenger, a ouvert un nouveau front dans le scandale MedPoint. Impossible d'affirmer si avec cette démarche, l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) s'est vu être dessaisie de ce volet de l'enquête.

Plus de six mois après l'ouverture d'une enquête sur ce qui est présenté comme le "scandale du siècle" avec le rachat de la clinique Medpoint au coût de Rs 144,7 millions et une ristourne humanitaire de Rs 2,4 millions de la Banque de Développement sur des intérêts dus, l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) a pris la décision de convoquer la ministre de la Santé, Maya Hamoomanjee, pour des explications.

Paul Bérenger, leader de l'opposition et du MMM juge "lamentable" la décision du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, de convoquer, jeudi, la police à son bureau en vue de sa déposition contre lui pour "diffusion de fausses nouvelles" après ses graves allégations de samedi de la semaine dernière autour du rôle qu'aurait joué le Dr Ramgoolam dans l'affaire MedPoint.

"Entre le Ptr et le MMM, il n'y a rien aujourd'hui, il n'y aura rien demain, ni même après-demain". La précision de Paul Bérenger semble on ne peut plus claire. Quant aux "autre rumeurs d'alliance MMM/MSM", le leader du MMM précise, simplement que le MSM étant au gouvernement, une telle éventualité "n'est pas d'actualité". "Pour le MMM, être au gouvernement, c'est surtout une question de programme", insiste M. Bérenger. Il estime, à cet effet, que ce qu'il qualifie de "règne travailliste depuis 2005" est "tout le contraire" de ce à quoi aspire son parti, le MMM.