“There is a rising tide …”

« There is a tide in the affairs of men, which taken at the flood, leads on to fortune. Omitted, all the voyage of their life is bound in shallows and in miseries. » Cette affirmation que William Shakespeare met dans la bouche de Brutus dans Julius Caesar, trouve actuellement toute sa pertinence à Maurice alors que les nouvelles consultations politiques en ce début d’année laissent apparaître une lueur d’espoir à l’effet qu’un consensus entre tous les acteurs politiques est possible. Et pour que l’ingrédient primordial de cette lueur soit transformé en lumière, il faut de la volonté politique.
Le fait que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le leader de l’Opposition, Paul Bérenger, se soient rencontrés, montre que quelque chose peut être accompli. Les deux hommes comprennent plus que personne le poids historique qui pèse sur leurs épaules. De leurs prises de positions peut émerger le profil d’une nation mauricienne plurielle et unie dont nos enfants pourraient être fiers demain. Paul Bérenger sait de quoi il s’agit, lui qui ne rate pas une occasion de se réjouir de la façon dont évolue la nouvelle génération qui ne s’embarrasse pas des origines ethniques, ou de la communauté de leur fréquentation, et qui symbolise la nation mauricienne en devenir.
Or, voilà des mois, si ce n’est des années, qu’on dénonce les perversités du système électoral actuel, capable de produire un parlement qui ne reflète pas l’expression des électeurs à l’occasion des élections générales. Une majorité simple obtenue dans chacune des vingt circonscriptions de Maurice, un parti ou une alliance politique pour rafler les 60 sièges à pourvoir à Maurice, alors que le parti adverse peut se retrouver totalement bredouille avec 49 % des suffrages populaires. De plus, quarante ans après l’indépendance, les candidats aux élections générales ne peuvent toujours pas afficher légalement leur citoyenneté nationale et sont forcés, aux termes de la Constitution du pays, à décliner la communauté à laquelle ils appartiennent. Certaines personnes ont dénoncé, avec raison, cette démarche qu’elles qualifient de tribale. Une tache d’huile au milieu de l’île Maurice qui se présente comme un exemple mondial en matière de multiculturalité.
Le rapport Carcassonne, publié en décembre dernier, a eu le mérite d’avoir essayé de proposer une formule visant à introduire une plus grande équité dans le système électoral. Mais, il faut reconnaître qu’en voulant rompre brutalement avec le système ancien pratiqué pendant plusieurs décennies à Maurice, il aura surtout permis indirectement de faire l’unanimité contre lui. Tout le monde s’accorde à dire qu’il n’est pas possible d’introduire un système électoral basé à 100 % sur la représentation proportionnelle, même si cette démarche permettrait de transférer aux partis politiques le soin de s’assurer que toutes les composantes de la société mauricienne soient représentées au parlement.
La proposition du professeur Carcassonne et de ses collègues équivaut, selon Rama Sithanen, à jeter le bassin et le bébé par-dessus bord. « Très peu de pays ont jusque-là pris le risque de changer de fond en comble leur système électoral sans prendre en compte les acquis du système existant », souligne l’ex-ministre des Finances Rama Sithanen, qui « en toute indépendance » s’est engagé dans un pèlerinage auprès des acteurs politiques afin de développer un « socle » de quelque 18 points autour duquel un consensus peut être dégagé. Il reviendra aux dirigeants politiques de trouver une solution sur les points qui divergent.
Le développement d’une alternative au système de best loser constitue la pierre d’angle des négociations en cours. Il se trouve qu’une section de la population continue à exprimer des craintes concernant les risques d’être marginalisée et insiste sur les garanties constitutionnelles.
C’est ce problème que les dirigeants politiques du gouvernement et de l’opposition auront à régler. Il leur reviendra de créer la confiance, d’insuffler le sentiment national nécessaire et de dissiper la peur émotionnelle que certains veulent entretenir.
Espérons que quelque chose de bien ressorte des discussions en cours et que les principaux partis politiques s’engagent dans des consultations productives dans un esprit national sans se soucier de la protection de leur base électorale. Pour cela, un sursaut national est nécessaire afin qu’on ne rate pas l’occasion de construire une vraie nation mauricienne. Paraphrasant Shakespeare, nous dirons : « There is a rising tide in the affairs of a country… »


Commentaires

Jean Marc, Navin pe embete tou dimun. Paul ene grand naif divan Navin.

Remake of movie La bougie rouge

There will be no reform under Navin ramgoolam. Li finn dire ki li oule regner
and break the record of his father.
Ki kalite PM ca ?

There is more between Heaven and Earth than ever dreamt of in your whole Philosophy.... We indeed have our own Prince Of Denmark as a pathetic though likeable figure who beholds that 'there is indeed something rotten in the Kingdom', and whispers the core existential query of the human condition...To be, or not to be...?
indeed that seems to be the question....['seems? seems , my Lord?' Hamlet]
Unless and until a population grasps fully the intricacies of its human condition and feels a sense of inner rebellion and angst about it all, there will not be the desire to mend what is not broken , yet.
We have lost the sense of balance in our identity, culture and evolution of society.
Is our inheritance a valued legacy of our Colonial past which temporarily enslaved our bodies, but with historical laws and regulations permanently granted our liberties through institutions and codes of civil conduct and political process...?
Proportional Representation is being boxed out of a scenario of constrained optimisation in our political equation where our bi-polar political puzzle which as any duopoly thwarts free competitive behaviour and harms consumer welfare....
the negotiators of our electoral reforms have not yet exposed their fundamental hypothesis as to what are the core values and essential tenets of the Republic that they claim to promote or preserve....
indeed, fuziness is the shield of hidden agendas....purportedly a libertinage mal placee !

I am not very optimistic about a change in the electoral system.

You are right mate. Surely not under navin's reign.