2016: année noire

Meurtres et accidents de la route ont dominé cette année 2016 qui tire sa révérence et, prions-le, emporte dans son sillage tout son lot de négativité. Cette année, plus que jamais, sommes-nous tentés d’avancer, plus d’un Mauricien s’accorde à relever que ces 12 mois ont été des plus difficiles. Et ce, sur bon nombre de plans, tant personnellement, professionnellement, économiquement que socialement. Bref, de manière générale, la vie d’une majorité de Mauriciens n’a pas été un long fleuve tranquille… Bien entendu, tous les souhaits convergent vers une meilleure année 2017, qui changerait la donne et ramènerait un peu de « feel good factor » dans le quotidien des milliers de compatriotes.
La macabre année, avec son lot de morts sur nos routes, n’a cessé d’augmenter, mois après mois, et cela, ironiquement durant une année où l’accent a été mis sur la sécurité routière ! Force est de constater qu’alors même que les autorités concernées ont mis les bouchées doubles dans l’espoir de responsabiliser les automobilistes, motocyclistes et les piétons, les routes devenaient toujours plus meurtrières…
143 morts sur nos routes au 29 décembre : tel est le très triste bilan (record, comparé aux dernières années) de cette noire année 2016. À décembre 2015, on enregistrait 139 décès occasionnés par les accidents de la route pour l’année écoulée. L’on ne peut qu’espérer qu’aucune autre victime ne viendra s’ajouter à la triste liste de morts durant ces deux derniers jours de l’an !
Qui tenir responsable de ce nombre record de personnes ayant trouvé la mort sur les routes, cette année ? Pourquoi nos routes tuent-elles autant ? L’irresponsabilité de nombre d’automobilistes y est indéniablement pour beaucoup. Mais est-elle l’unique facteur ? Depuis le début de cette année, les accidents mortels ont monopolisé l’attention, choquant les uns, révoltant les autres. Tous s’accordent sur le principe qu’il faut plus de sanctions, plus de mesures décourageantes envers les écervelés du volant, mais tout autant, plus de formation réfléchie et d’éducation aux nouveaux usagers d’automobiles. Au bout du compte, on se retrouve avec, entre autres mesures prises, l’amendement au Road Traffic Act.
On ne le répétera jamais assez : apprendre à conduire n’est pas qu’une pratique maîtrisée. Il y va de toute une culture : du respect, de la courtoisie, de l’anticipation, de réflexes, de vigilance, de patience et de prudence, pour ne citer que ces quelques principes. Or, des années durant, bon nombre de moniteurs d’auto-écoles ont négligé cet aspect, capitalisant sur la maîtrise des techniques au détriment du savoir-être au volant. Idem pour les aspirants automobilistes. Et au final, c’est plutôt cette culture de je-m’en-foutisme qui perdure chez nombre des fous du volant qui sillonnent nos routes !
Introduire une clé pour mettre en marche une voiture, ou tout autre véhicule motorisé, est un acte empli de responsabilités : il y va de la vie du conducteur au même titre que tous ceux qu’il ou elle va croiser sur son parcours. Combien d’entre nous réalisent cela quand ils prennent la route ? Le récent amendement au Road Traffic Act donne certes des résultats probants. Cependant, on est loin de parvenir à faire changer le « mindset » de la grande majorité des automobilistes ! Il n’y a qu’à prendre comme exemple les attitudes rencontrées sur les routes en ces derniers jours de l’an où tout le monde se bouscule pour arriver dans les centres commerciaux ou les plages… Les injures et les débordements verbaux et les comportements brusques des uns et des autres qui s’adjugent le droit d’être « mari du coltar » témoignent de la « grande maturité » de nos conducteurs !
Souhaitons qu'à ce niveau, l'éducation nationale apporte également sa contribution. Puisque les bonnes manières s'apprennent dès le plus jeune âge… Et le plus tôt on s'y prend, le mieux c'est !
Ce total manque de respect des uns et des autres, envers autrui, et donc, la vie des autres, nous en avons également fait les frais en termes de crimes, cette année. Malgré le durcissement des lois en matière de violences domestiques, entre autres, on ne peut que déplorer la rapide perte de valeurs et de respect. Les crimes macabres et atroces n’ont pas disparu de nos colonnes, hélas ! Meurtres de conjointes ou petites amies, assassinat de celle dont on rêvait comme fiancée, ou carrément, élimination de l’épouse : les Mauriciennes sont encore tombées sous les coups de leurs proches, cette année aussi, malheureusement.
Les faits divers ont rivalisé étroitement avec l’actualité politique, bien évidemment, le point culminant étant la toute récente défection du parti bleu de la maison de l’Alliance Lepep. Gageons que ce feuilleton-là nous réserve quelques épisodes pleins de rebondissements pour le début de 2017 !
Reste à savoir ce que l’année du coq, sans jeux de mots aucun, qui débutera fin janvier 2017, nous réservera…