40 ANS À VOTRE SERVICE : Merci pour votre fidélité !

« With the gradual change in the structure of Horse Racing in Mauritius, there is a definite need for a racing Guide… giving all concerned as much information as possible of the horses performances throughout the season »
Telle a été la mission statement que s’était fixé le tout premier éditeur du Mauritius Racing Guide, qui a paru pour la première fois à l’occasion de la 5e journée, le 24 juillet 1977. Michel Béguinot, ce visionnaire et précurseur qui avait introduit ce concept novateur dans notre pays, a rapidement disparu et son épouse, qui avait pris la relève, a finalement cédé dans les années 80 les droits exclusifs de cette publication, devenue Turf Magazine au Mauricien Ltd dirigé par Jacques Rivet.
Animé alors par Janot Delaitre, Turf Magazine a développé son centre d’intérêt au-delà de la seule présentation des chevaux et de leurs performances. Le control of racing et la politique des courses sont devenus, au fil du temps, au centre des préoccupations des turfistes. Turf Magazine a largement contribué — avec ses nombreux animateurs, qui nous ont précédés et ceux que nous avons dirigés hier et guidons aujourd’hui — au développement de l’hippisme mauricien, de même qu'à une plus grande transparence dans le but ultime de protéger les turfistes et de faire perdurer cette tradition, aujourd’hui bicentenaire. Nous saluons ici tout bas tous ceux qui ont participé à cette fantastique aventure, qui perpétue ce long et riche parcours de Turf Magazine et de la presse hippique mauricienne, aujourd’hui plurielle et c’est tant mieux.
Quarante ans d’une magnifique passion pour les chevaux et les courses. Quarante ans de joie et de bonheur partagés avec nos lecteurs, que nous remercions vivement pour leur fidélité, et les turfistes en général en n’oubliant pas les grandes déceptions et les vives colères exprimées, avec sincérité et respect, tout en sachant reconnaître certaines erreurs, que nous assumons pleinement. Pour accomplir ce parcours de quarante années, que les grands auteurs consacrent volontiers comme étant l’âge de raison, il a fallu des partenaires avec lesquelles nos relations ont varié, pour ce qui nous concerne, entre le respect et des disputes légitimes, que nous endossons aussi.
D’abord, le Mauritius Turf Club et son dévoué personnel, partenaire incontournable qui, sous la férule du regretté secrétaire Jean Halbwachs — dont nous saluons le professionnalisme et le savoir-faire tout en condamnant ses outrances — ont été jusqu’à commettre l’outrage de nous bannir du Champ de Mars pendant quelques journées. Ce fut sans doute l’un des moments forts de notre raison d’être car le PUBLIC, l’autre partenaire indispensable et passionné, nous avait réservé des places pour accomplir notre métier et notre mission. Un grand merci à EUX. Nous saluons également son successeur, Benoit Halbwachs, qui, contre vents et marées, a toujours su garder une ligne de communication.
Il y a aussi tous ces autres interlocuteurs, allant des entraineurs aux propriétaires en passant par les jockeys, les vétérinaires, les palefreniers, le laboratoire et les animateurs du jeu, qui nous ont permis de mieux informer nos lecteurs, bien qu’il ait fallu subir leurs ires à l’occasion.
Aujourd’hui, il faut composer avec un nouvel acteur, gouvernemental celui-là, la Gambling Regulatory Authority. Celle-ci inspire encore peu confiance, car elle se positionne davantage comme un régulateur « rotin bazar » à la solde d’intérêts imperceptibles ou particuliers, plutôt qu’un facilitateur pour le développement contrôlé des courses dans l’intérêt public. À cet organisme de convaincre de sa bonne foi et de sa raison d’être. Néanmoins, pour avoir vu s’effondrer le sport national et surtout le football sous la mainmise des politiques, nous avons du mal à croire que l’ingérence étatique permettra aux courses hippiques de trouver le nécessaire « breather » dont elles ont besoin. Nous espérons avoir tort !
Turf Magazine n’oublie pas que l’industrie hippique est le nerf conducteur de son existence. Raison pour laquelle votre magazine se fait un devoir, lorsque les conditions sont réunies, de retourner à l’industrie une partie de ce qu’elle nous procure. Le sponsorship d’une journée hippique, à la hauteur de nos possibilités, est un moyen honorable pour soutenir cette belle journée des stayers, qui a été concoctée par le MTC à l’occasion du 20e acte de l’année. Ainsi, la plus prestigieuse épreuve de samedi, le fameux Golden Trophy, à qui le Supertote a donné ses lettres de noblesse, servira d’un avant-goût de qualité au Maiden 2017 et sera doté cette année du Turf Magazine 40th Anniversary Golden Trophy. Une belle course qui produira un beau vainqueur et une bonne raison pour les courses hippiques de rendre grâce à cette presse hippique, qui les soutient et qui leur a permis de « boost-up » et de prendre une autre dimension, d’où les convoitises actuelles.
La perspective de cette commémoration ne doit surtout pas reléguer au second plan deux faits marquants de la semaine écoulée. D’abord, la disqualification de l’entraîneur Shirish Narang pour 12 mois pour avoir été trouvé responsable, pas coupable, du cas du dopage du cheval Gameloft en 2016. Savoir qui en est le vrai coupable aurait certainement permis de lever un doute insupportable sur l’entraîneur, dont la gentillesse et le savoir-faire ont séduit jusqu’ici. Il avait été une première fois condamné à Rs 250 000 d’amende dans cette affaire, cependant, l’enquête de novo obtenu sur appel par Shirish Narang, défendu par Yahia Nazroo, s’est soldée sur une sanction, inhabituelle à Maurice, mais logique sur ce qui se fait sur les autres juridictions hippiques auxquelles le MTC est associé à travers la Fédération internationale des autorités Hippiques. Cette sanction, qui est en principe suspensive sur appel — à moins que la GRA, comme ce fut le cas pour Joorawon et Goomany, n’en décide autrement — jette un grave discrédit à l’encontre de ce jeune professionnel, qui connaît en 2017 une saison au-delà de toute espérance, comptant pas moins de 19 vainqueurs et une quatrième place très flatteuse au classement des écuries.
Nous ne souhaitons aucunement accabler l’homme, qui est sans doute une victime d’une partie de son entourage dans cette affaire. Il n'en demeure pas moins que la sévérité de la sanction infligée par l’éminent stipe australien John Zucal est saine pour le sport hippique, et ce, pour condamner sévèrement et combattre le dopage. Mais puisqu’un des board members de la GRA, celui qui sait tout sur tout — il a même pris la parole, un peu confus, lors de présentation du Metro Express — avait déjà questionné le caractère « in order » du rôle du stipe Zucal, il faut donc s’attendre à ce que la GRA, qui recherche un avis légal sur la question, intervienne dans cette affaire ou que l’avocat du condamné en fasse référence lors de l’appel. C’est sûrement de bonne guerre. Certes, il suffisait que le MTC demande une dérogation quelconque pour que le stipe puisse exercer sans contestation possible vu l’indisponibilité soudaine du titulaire. Le ministère de l’Emploi ou la GRA l’aurait-il accepté ? Difficile à dire dans l’état actuel des relations entre l’Etat et le MTC. Aurait-on été si pointilleux si un professionnel quelconque en vacances ou en consultation dans le pays apportait son expertise pour contrecarrer une catastrophe ou sauver une vie humaine ?
L’autre fait marquant, et il est de taille dans la conjoncture, c’est la mise en garde du MTC à la GRA concernant SMSpariaz. S’appuyant sur un récent jugement de la Cour suprême, le MTC a logiquement intimé à la GRA de prendre ses responsabilités pour ne pas renouveler la permission à SMSpariaz d’exercer pour le deuxième semestre de la saison, du fait qu'il n’y a aucun accord entre ce dernier et le MTC pour utiliser son programme de courses en vue d'organiser des paris. La GRA n’a pas encore répondu au MTC sur cette question, où SMS pariaz refuse de payer les 4.5% du chiffre d’affaires depuis 2016, agréés au début de ses activités mais qu’il veut ramener à 3,75%. La GRA rechercherait un autre avis légal avant de réagir. Entre-temps, celui qui est à l’origine de SMSpariaz a décidé de poursuivre le président du MTC.
Quand on ajoute à cela la levée des sanctions contre les jockeys Lerena et Danielson pour s’être retrouvés en compagnie d'un bookmaker controversé, et ce, sans que les paris de ce bookmaker aient été analysés en relation avec les performances de ces deux jockeys, il y a de quoi se poser la question sur la volonté d’assainir les courses hippiques. Celle-ci demeure à géométrie variable pour ceux, de part et d'autre, qui se crêpent le chignon pour avoir la légitimité de l’autorité hippique.
En attendant, pour ceux que ça intéresse, la saison des mariages est de retour. Les « karos mariaz » ont refait leur apparition ; un la semaine d’avant, trois la semaine dernière. Alors que les chats s’entretuent, les souris dansent… Il est grand temps de revenir à l’essentiel.