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Un air de liberté...

Une bouffée d’air frais...Telle a dû être la première réflexion de nombreux citoyens de ce pays à la lecture du jugement prononcé par un juge de la Cour Suprême dans l’affaire de Gagging Order, imposée sur deux groupes de presse, suite à une plainte d’une activiste politique.
Mais, pour tout réconfortant que cet arrêté puisse être pour nous, et nous l’espérons et le souhaitons, pour la presse mauricienne en général, il faut avant tout se réjouir que cette bataille légale, enclenchée dans une atmosphère très particulière — avec une légère teinte, au départ, de soupçon, tant par le choix d’un timing inhabituel, un samedi matin, que par le type même de saisine et de petits manquements aux procédures ! — vient de trouver sa conclusion dans une ambiance beaucoup plus sereine. Montrant, clairement, que notre pays tend à s’aligner, de plus en plus, sur les pratiques établies dans les grandes démocraties du monde qui, non seulement permettent, mais s’efforcent encore de maintenir la plus grande latitude à la liberté d’expression, perçue comme l’un des piliers essentiels à l’avancée de toute société démocratique.
Si certains perdaient encore espoir de revoir des juges à Berlin, ils ont bien vite fait de les retrouver un peu ici, par le biais de ce jugement, tout autant qu’à Strasbourg, à Londres ou Paris, où, bien ancrés dans le rôle de chien de garde permanent à la Cour européenne des Droits de l’Homme, rien ne semble plus échapper à l’attention de ces éminents juristes qui sont et agissent comme le dernier rempart contre abus et injustices: qui va de la simple protection de l’intimité de l’époux de Kate Winslet — qui voulait prévenir par un “gagging order” la publication d’une photo fort embarrassante, le montrant à demi-nu, dans la presse anglaise — à d’autres sujets autrement plus sérieux, concernant, par exemple, d’acerbes critiques faites par un journaliste d’un périodique contre plusieurs juges de la Cour Criminelle de Vienne, en Autriche, accusés de travers aussi graves que débiles, de par leur façon brutale et systématique de traiter, avec une extrême condescendance, tant des accusés que des avocats qui les représentent. Sans prendre de gants, des juges de cette Cour d’appel — qui doivent certes leur stature à leur grande probité, ne devant rien à personne ! — ne se sont pas fait prier pour clouer au pilori leurs pairs, au nom de la justice la plus élémentaire, qu’ils entendent faire respecter, envers et contre tout. En commençant justement par nettoyer leurs propres écuries et n’hésitant pas à toucher, en premier lieu, au gratin même des instances dont ils font partie.
Bien sûr, le jugement d’avant-hier, ici, n’aura pas fait que des heureux, loin s’en faut ! A résonné d’ailleurs tout de suite, en prime time, la menace imminente d’une Media Law. Sorte de Bible, dont se gargarisent certains, qui doivent sans doute rêver et la voir déjà comme livre de chevet et que concocterait, paraît-il, dans ses augustes Chambers londoniens, Geoffrey Robertson. Et, pis, presque sur mesure même, si l’on en croit la propagande!
Il nous tarde tous de prendre connaissance de ce document qui pourrait, tout aussi bien, avoir l’effet d’une bonne douche froide sur ses commanditaires eux-mêmes... On voit mal, en effet, le fameux QC britannique venir prêter main forte à une meute de jouisseurs et d’accapareurs, qui ont pris en otage certains décideurs politiques et qui savent, s’ils en étaient pas encore tout à fait conscients que, désormais, TOUT ne leur est pas permis dans ce pays. En commençant, tout d’abord, par le choix même de ceux qui devraient, selon leur logique, leur rendre justice...