#All4classicwins

L’enjeu majeur de la Coupe d’Or 2017 réside dans la possibilité historique pour un établissement de s’adjuger les quatre épreuves classiques la même année. C’est à cet incroyable exploit que s’attaque ce samedi l’entraînement Ramapatee Gujadhur, qui souhaite une nouvelle fois voir son patronyme associé aux grands moments de l’histoire hippique mauricienne, comme ce fut le cas en 1934 lorsque WinKing, arborant la casaque bleu électrique, s’adjugeait les quatre classiques. Et il a toutes les cartes en main pour réussir ce pari fou.
Après avoir gagné sans grande confiance la Duchesse et le Barbé avec Ready To Attack et Tandragee respectivement, il s’est adjugé le Maiden comme attendu avec Enaad. La casaque bleu électrique et écharpe rouge présente une armada crédible pour s’offrir une chance de premier ordre de remporter la dernière classique de la saison. Jugez-en vous-même : Tandragee, Ready To Attack et Enaad, alors que Kremlin Captain agira en remplaçant de luxe.
Il reviendra sans doute à Enaad de mener à bien cette mission #All4classicwins, lui qui a gagné dans un canter le Maiden 2017. Il tentera d’émuler le champion 2016 Parachute Man, qui avait réussi ce doublé Maiden-Coupe d’Or, un exploit qui a sans aucun doute marqué négativement la campagne 2017 de ce brillant coursier. Ainsi, contrairement à Parachute Man, Enaad a évité l’épreuve revanche de la Maiden Cup pour axer toute sa préparation sur les 1600 mètres de la Coupe d’Or qui, il est vrai, n’est pas sa meilleure distance puisqu’en Afrique du Sud il s’était surtout illustré au plus haut niveau sur 3000 et 3200 mètres. Mais sa première sortie sur le mile cette saison avait tellement impressionné — lorsqu’il terminait troisième de Tandragee et d’Easy Lover dans la Barbé Cup — que tous les espoirs sont permis.
Avec une course lancée, Enaad a les moyens de mettre tout le monde d’accord vu sa classe intrinsèque. On peut compter sur la maestria de son jockey australien Steven Arnold, le meilleur sur place cette saison, pour parer à toute éventualité. Celui décrié par les supporters de la casaque bleu électrique a fait preuve de patience pour démontrer son savoir-faire qui le place aujourd’hui en pole position pour être jockey champion et être associé à Ramapatee Gujadhur pour l’exploit du #All4classicwins. Au cas où la course serait bloquée à l’avant, l’entraînement Gujadhur pourra compter sur une autre carte, en l’occurrence Ready Attack, qui vient de se balader sur 1650 mètres. Quant à Tandragee, dans un bon jour, il pourrait aussi faire le doublé classique Barbé-Coupe d’Or.
C’est à l’entraînement cette semaine que les jumelles étaient braquées pour trouver celui qui pourrait troubler les desseins de Ramapatee Gujadhur car, sur le papier, la cause semble déjà entendue. Ainsi, ce sont les galops d’Oomph, brillant champion des 3-ans cette année, qui ont retenu l’attention. Son entraîneur, Jean-Michel Henry, qui a une très grande estime pour ce cheval, au même titre que son jockey Cédric Ségeon, espère secrètement s’adjuger la première classique de sa jeune carrière, lui qui est passé si près dans la Duchesse 2017. Mais il avait trouvé sur sa route le Gujadhur Ready To Attack. Oomph continue son ascension vers les sommets et ses trois victoires consécutives montrent qu’il a encore une bonne marge de manœuvre et de progression. Il bénéficiera à cause de son jeune âge (4ans) d’une livre de moins que ses adversaires et s’il se montre sage au départ, il aura définitivement son mot à dire au finish, comme il l’a démontré face à Easy Lover lors de son dernier galop d’entraînement cette semaine. Ce sera en tout cas le principal adversaire de l’armada des Gujadhur.
L’autre champion déjà attribué de la saison, celui des 4-ans, Hard Day’s Night, semble aussi fin prêt pour faire mentir les pronostics, mais il lui faudra une course tranquille à l’avant pour espérer créer le buzz. Avec la présence d’autres frontrunners confirmés, sa tâche s’annonce problématique, mais il pourrait profiter de la forme collective de son entraînement. Outre Trandagee, il trouvera aux avant-postes Speed Limit, meilleur 3-ans 2016, qui défendra les couleurs de Ricky Maingard en l’absence de One Cool Dude. Lui aussi est meilleur lorsqu’il dirige les opérations.
Dans cette position de frontrunner, on pourrait aussi immanquablement retrouver Karraar et Prince Of Thieves, de l’écurie Rousset. Mais il ne faudra surtout pas mésestimer Scotsnog, capable, en embuscade, de ramener de l’or à la maison Rousset. Quand on ajoute à ce programme un représentant de la nouvelle et imprévisible génération des entraîneurs, Preetam Daby, avec Dreamforest, une énorme surprise n’est jamais à écarter.
La Coupe d’Or 2017 s’annonce donc plus ouverte que prévu étant donné les incertitudes concernant Enaad — long repos et distance trop courte ? —, mais il semble avoir suffisamment de ressources et de qualités pour imposer la loi du plus fort, et nous lui ferons confiance à cette occasion, d’autant qu’il aura le meilleur jockey sur le dos. Nous lui opposons principalement Scotsnog.
En cette fin de saison 2017, l’entraînement Gilbert Rousset marque inhabituellement le pas et il lui faudra retrouver sa meilleure forme pour redonner de l’oxygène à son avance au classement des écuries qui a fondu comme neige au soleil ces dernières semaines. Certes, on attend toujours plus d’un établissement qui a tenu le haut du pavé des saisons durant et on peut comprendre qu’après tant de succès, les chevaux valides trouvent la tâche plus dure. Mais ce qui est regrettable pour un établissement  de cette trempe, c’est qu’il ne s’est pas doté des services d’un jockey à la hauteur de ses ambitions et de son aura. Depuis le départ du champion Johnny Geroudis, le niveau du jockeyship n’a plus été le même. Et tenir le haut du pavé sans un top jockey est une tâche très ardue.
Rameshwar Gujadhur peut aussi en témoigner. Il ne fait aucun doute que si les autorités n’avaient pas mis les bâtons dans les roues de l’entraîneur qui avait ramené le plus de succès en 2016 pour la reconduction du contrat de Donovan Mansour et le recrutement du champion australien Damien Oliver, la lutte pour sa propre succession aurait été plus aisée.
Cette histoire de qualité de jockey est fondamentale pour l’avenir des courses mauriciennes et il n’y a qu’un savant mélange d’étrangers et de locaux, comme à Hong Kong, qui maintiendra son intérêt public. La solution piecemeal proposée par le MTC ne répond pas aux exigences de qualité recherchées, mais ne vient que soutenir le manque de moyens de certains établissements de se doter d’un cavalier fiable. Bon nombre de locaux répondent à ce critère. Il faudrait trouver une solution plus proche de ce qui se fait à Hong Kong, c’est-à-dire ne recruter que des club jockeys étrangers et locaux. On en reparlera.
Terminons en saluant la décision prise par le MTC cette semaine d’aller de l’avant avec la retransmission en différé des enquêtes, même s’il faut surmonter quelques résistances inattendues, comme celle de la MBC, qu’on dit bien frileuse pour l’heure de s’embarquer dans cette aventure alors qu’elle est bien dans la ligne de sa mission publique. Cela dit, au MTC, on envisage d’utiliser Internet dans un premier temps et probablement le circuit interne du Champ de Mars en prélude aux courses de chaque journée. Cette première étape vers les enquêtes en direct est déjà un pas dans la bonne direction… Nous y reviendrons.