Apaisement ne veut pas dire indulgence

Les querelles politiques autour de l’affaire MedPoint en ont fait voir de toutes les couleurs à la population depuis le début de l’année. L’affaire est de taille et ce n’est pas pour rien qu’on l’a qualifiée de « scandale du siècle ». De dénonciation en dénonciation, cette affaire a donné lieu à une véritable guerre des nerfs entre les différents protagonistes en présence pour déboucher sur la cassure de l’Alliance de l’Avenir, le passage du MSM dans l’opposition et la fragilisation du gouvernement, dont la majorité s’est amenuisée sensiblement. Alors que l’opposition, revigorée, s’engageait dans une lutte sans merci contre le GM, annonçant sa chute imminente, la dissolution du gouvernement et l’organisation prochaine des élections, les artificiers de la majorité, en particulier du Parti travailliste, n’ont pas lésiné sur les moyens pour lancer des attaques violentes contre leur principal adversaire du jour et principalement le MSM. Le Premier ministre s’est même laissé dire que ce parti était bon pour la poubelle. Les enquêtes menées par l’ICAC et les interpellations policières ont monopolisé la Une de l’actualité pendant plusieurs semaines. Au niveau de l’opposition, on ne s’est pas fait prier pour créer la perception que ces deux institutions agissaient comme les deux bras répressifs du gouvernement. C’est une conjugaison de tout cela qui a contribué à créer un sentiment de tension, d’agitation et d’instabilité dans le pays. Ajouté à cela, les scandales mis au jour par le MMM, entre autres, continuent à se succéder.
Tout cela nous amène à la conclusion que ce n’est pas d’un coup de baguette magique que la page de l’agitation politique se tournera. D’ailleurs, apaisement ne veut pas dire indulgence. Trop de choses ont été dites et trop de révélations faites pour que le feu de l’agitation s’éteigne du jour au lendemain. Il revient au gouvernement et au Premier ministre de donner de signes concrets d’apaisement. Cela passe, sans doute, par une remise en ordre dans ses propres rangs. Nous voulons bien croire que le Ptr est une plate-forme où s’expriment tous les courants d’opinion. Cela ne signifie pas une licence pour dire n’importe quoi. Il importe également que le gouvernement donne la garantie que toutes les allégations de corruption et de malversation soient éclaircies. Dans l’éventualité où il s’avère qu’il y a des coupables, il faut que ces derniers soient punis aux termes de la législation. Il faut que toute la vérité soit faite sur l’affaire MedPoint. Il est aussi important que la police se défasse de la perception créée ces derniers temps selon laquelle elle s’ingérerait dans la politique partisane pour projeter l’image d’une institution au service de la sécurité de la population. La transparence devrait être le maître mot de l’administration publique et cela devrait transparaître au niveau des travaux parlementaires qui reprennent la semaine prochaine. Les regards seront également tournés vers les deux principaux dirigeants politiques du pays, Navin Ramgoolam et Paul Bérenger, sur les épaules desquelles reposent, en ces temps économiques difficiles, des responsabilités de nature historique.