Au cœur de la démocratie parlementaire

Il est de coutume à Maurice, à l’approche de la reprise des travaux parlementaires, d’entendre les tambours de guerre. La tension va donc monter crescendo ce week-end avec les conférences de presse des deux partis de l’Opposition, la première réunion parlementaire conjointe du MSM et du MMM et la conférence de presse Ptr/PMSD. Alors que le MMM réclame avec insistance la tenue d’élections générales au plus vite, le MSM estime que les partis de l’opposition conjugueront leurs forces au parlement pour renverser le gouvernement. Du côté de la majorité, le Ptr est déjà sur le pied de guerre et se tient prêt pour la contre-attaque. À Curepipe, cette semaine, les principaux orateurs à un congrès travailliste ont annoncé que les membres du gouvernement répondront du tac au tac et feront le bilan de la performance du MSM au gouvernement durant quatorze mois au pouvoir. Le Premier ministre, lui-même, a insisté sur l’importance du travail d’équipe et de la nécessité d’avoir à ses côtés des éléments capables de faire face à l’Opposition. Tout cela donne l’impression de l’ouverture d’un vaste champ de bataille, d’autant plus que la majorité se présentera avec une supériorité numérique réduite alors que l’opposition, avec l’arrivée du MSM, devient une force de frappe plus percutante.
Les activités parlementaires devraient retenir notre attention durant les prochaines semaines. Quels que soient les bruits les plus assourdissants, les rumeurs les plus apocalyptiques qui précèdent comme un rituel la reprise des travaux parlementaires, l’Assemblée nationale reste à nos yeux le lieu par excellence où la démocratie est en action, un lieu où l’exécutif doit venir rendre des comptes en toute transparence aux représentants du peuple. Certes, tout n’est pas parfait et il y a toujours des progrès à faire. Il est dommage, par exemple, que la majorité parlementaire, par la force des circonstances, ne dispose presque plus de backbenchers. De plus, l’opposition reproche au gouvernement de n’avoir pas répondu à un certain nombre d’interpellations. Malgré toutes les critiques et réserves, le Parlement est la seule plate-forme où les politiciens peuvent engager un débat sur toutes les questions concernant les affaires du pays. C’est également un lieu privilégié où les parlementaires peuvent se rencontrer, dialoguer et dégager des consensus sur des questions nationales. C’est la raison pour laquelle les travaux parlementaires constituent un moment important dans la vie du pays et méritent d’être suivis par la population. La retransmission en direct à la télévision constituerait un pas important en avant en matière démocratique.
Force est de reconnaître toutefois que ce sont les tractations politiques qui retiendront l’attention au parlement. Le gouvernement, malgré tous les assauts et toutes les prévisions, est toujours en place. Il devra désormais passer par l’épreuve du feu au parlement où il a le devoir de produire des résultats. La performance des membres du gouvernement et de la majorité durant les prochaines semaines donnera une indication sur la capacité de rester au pouvoir durant les prochaines années ou si le Premier ministre ne devrait pas se résoudre à dissoudre le parlement pour organiser les élections générales l’année prochaine.
Par ailleurs, si le MMM donne l’impression depuis le début de l’année de se livrer à une valse à mille temps, son action a suivi jusqu’ici une ligne directrice constante. Dans un premier temps, le MMM a critiqué l’alliance gouvernementale, lui reprochant d’avoir volé la victoire lors des dernières élections générales et a tout fait pour créer une fracture au sein du gouvernement. L’apparition de l’affaire MedPoint a été un cadeau du siècle pour ce parti. Ce fut une occasion rêvée pour accélérer la pression sur le gouvernement. Le MMM s’est attaqué dans un premier temps au MSM pour nuancer, au fil des révélations, sa position et prendre partie finalement pour le MSM. C’est cette même affaire MedPoint qui devait finalement provoquer la cassure du gouvernement sans toutefois provoquer sa chute. Le MMM n’avait pas d’autre choix que de soutenir le MSM car l’écroulement de ce parti aurait probablement poussé la plupart de ses parlementaires dans la majorité. Aujourd’hui, le MSM constitue une force d’appoint majeure pour le MMM au parlement sans que cela constitue une menace pour le leader de l’Opposition. Ce n’est pas par hasard que Paul Bérenger a lancé que des années-lumière séparent le MMM du MSM. Il n’a pas encore été précisé si cette distance correspond à la représentativité des partis dans le pays ou aux conceptions politiques. Toujours est-il que le MMM se trouve actuellement dans une position où il peut négocier aussi bien avec le MSM qu’avec le Ptr. Si Pravind Jugnauth a encore du temps devant lui et doit encore remonter la pente, pour Paul Bérenger et Navin Ramgoolam, le temps presse. C’est le moment ou jamais pour eux de décider quelle trace ils laisseront dans l’histoire de ce pays. Vont-ils « marie pike » pour permettre au pays de retrouver une stabilité politique ? Vont-ils tourner la page de l’agitation pour permettre au pays de traverser les tempêtes économiques qui s’annoncent ?


Commentaires

The population is largely responsible for the current state of affairs.on the political landscape!The MSM too has deliberately faulted when they allied themselves to the PTR in May 2010.Why did they accept 18 tickets in the first place?And what was the need for the MSM to combat the MMM?Strangely enough if the MSM is free and breathing today it is thanks to the MMM!If the May 2010 government is no longer today it is thanks to the MMM!If the PTR is morally bankrupt is all due to its leader Ramgoolam!Indeed,the very serious situation in which Mauritius finds itself today is the fault mainly of Ramgoolam and cronies!Those suffering from the convenient trou de memoire has no hesitation to blame Berenger for the scandals that have taken place under Ramgoolam's premiership!For them Berenger has the obligation to clean the place for Ramgoolam and cronies to maja karo!But then they fail to realise that they hae got a government that they have not onlyvoted for,but have got one that they fully deserve!The MMM has a huge responsibility on its shoulder and must manoeuvre with great care and dexterity...communalism is its first great enemy while an alternative programme for socity,duly tested,is its future as an alternative government!The MMM must move away from the politics of distributing breadcrumbs between the poor and the middle class.Its economic policy must be of concrete distribution of wealth from the start!Fiscal policy must take into account that wealth created using Mauritius assets and people,reaches every citizen in the Republic!The politics of more of the same must be done away with!Economic growth must be for thebenefit of every citizen and not the regular few!

In response to your last two questions, the answer is a resounding none of the above. It is going to be business as usual. The Leader of the House has proven over and over that he has no leadership skills. The two B movies actors in the opposition are just as bad. The key word is power. Who has it, and who wants to wield it. Sadly though, the population is a mere spectator and a willing victim.