Calibrage, courtisanerie et "couloutage"

Je l'avais prévu dimanche dernier : le MMM est capable de franchir les années lumières censées le séparer du MSM en un temps record. Ces années lumières de séparation annoncées samedi dernier en conférence de presse ont été avalées mardi. Après une réunion où l'on nous a apprit — autre classique du genre — que tous les malentendus ont été dissipés. Ils ne devaient pas être aussi énormes que ça pour qu'une simple réunion dans un bureau à Port-Louis — pas une de ces rencontres dans les salons de Vacoas avec whisky et gajacks — les fassent disparaître. Tout ce cinéma tourne autour d'une seule chose pour le MMM et le MSM : donner l'impression d'être dans un processus d'alliance tout en disant le contraire. Pour être plus exact, il faudrait souligner que c'est le MSM qui a surtout besoin de donner cette impression. Premièrement pour essayer de faire oublier son opération "leve paké resté" transformée en démission forcée face à la non réaction de Navin Ramgoolam. Plus le MSM explique les raisons de sa démission, moins on les comprend. D'autant plus que Pravind a déclaré qu'il n'était pas contre l'ICAC et que son père — mal rapporté par la presse, selon Navin Ramgoolam — ne trouve plus que "l'ICAC pé fané". Deuxièmement, le MSM a bien besoin de faire comprendre que le MMM le soutient pour éviter que son nombre de transfuges en direction du PTr passe de deux à trois. Du coup, Nando Bodha fait de la pub pour le meeting du MMM lors des congrès nocturnes du MSM.
Il n'y pas que le MSM qui courtise outrageusement, de manière indécente, le MMM. Tout le PTr le fait. A commencer par Navin Ramgoolam, qui parle du qualibre de Bérenger en le mesurant, avantageusement bien sûr, à Pravind Jugnauth. Il est suivi dans cette opération par Patrick Assirvaden en personne. Le président du PTr, dont on connaît la virulence des propos contre Bérenger, a surpris la presse hier en parlant de la responsabilité du MMM, et donc de son leader. A ce train-là, nous courrons le risque d'entendre Nita Deerpalsing déclarer — en suivant son leader dans son exercice de calibrage — que Paul Bérenger est meilleur que Pravind Jugnauth. Ce ne sera pas une surprise dans la mesure où la responsable des Communications du PTr a déjà dit la même chose de Pravind Jugnauth comparé à Rama Sithanen et vient d'enterrer le même Pravind au profit de Xavier-Luc Duval. Elle est une spécialiste de l'enterrement politique de ses colistiers. Mais ce n'est pas la première fois que Paul Bérenger se fait outrageusement courtiser dans sa carrière. Il y a quelques années, Dinesh Ramjuttun, alors secrétaire général du MSM, avait tenté de réconcilier son parti et le MMM qui étaient en guerre ouverte. Le bon docteur avait essayé d'amadouer le leader du MMM en se présentant à son domicile avec un… bouquet de fleurs à la main. Est-ce que le leader du MMM va finir par se laisser griser par ces charrettes de compliments que le MSM et le PTr se battent pour lui faire parvenir. Qu'il n'oublie pas le proverbe créole qui affirme : "Marchandise flatté na pénan valeur."
Revenons pour terminer sur le terme calibre, pour faire remarquer que Pravind Jugnauth ne s'est pas laissé "décalibrer" par Navin Ramgoolam sans réagir. Il a accepté de ne pas être comparé à Paul Bérenger, mais a mis Navin Ramgoolam au défi de se comparer avec son père Anerood Jugnauth. Le leader du MSM a fait suivre ce défi d'une phrase bizarre dans laquelle il est question d'un requin marteau qui aurait "coulouté" une sirène dans un campement dans le Nord. C'est en raison de ce genre d'attaque que Navin Ramgoolam — le maître du jeu selon certains — aurait avoué redouter l'opposition parlementaire MMM/MSM. Selon certaine informations, ce n'est pas le MMM qu'il redoute, mais son dernier ex-allié. Surtout, depuis que le leader du part soleil a commencé à utiliser le langage de l'amant repudié qui se venge en racontant tous les secrets d'alcôves dont il était partie prenante. Le MSM avait promis des révélations. Non seulement il semble ternir parole, mais on dirait même qu'il a l'intention de "coulouter" Navin Ramgoolam avec…


Commentaires

Ene l'alliance Ptr/MMM pas pou durer. Zisse aprés elections Ramgoolam pou rode ene excuse pour revoque Bérenger. MMM lerla pou casse en deux, et Bérenger pou trouve li encore dans l'opposition. Ramgoolam bizin Bérenger zisse pou gagne elections, pas pou roule pays la. Donc frequenté li correcte, mais mariage la li impossible. Ménage la pas pou marché. 60-0 ou pas, Navinchandra dèja ena ene strategie de rupture, non pas dans so poche, mais plus triste encore dans so le coeur. Bizin pas donne li chance servi lezotte pou reste au pouvoir.