Un ministre qui téléphone à la police parce que son agent est sous le coup d'un mandat d'arrêt pour avoir oublié de payer dans les délais son amende de Rs 2,100 pour non-port de la ceinture de sécurité alors qu'il est chauffeur de taxi. C'est apparemment parfaitement normal. Même pour certains dans le milieu politico-médiatique. Or, Abu Kasenally s'est davantage enfoncé dans ses explications qui ont été tout sauf convaincantes. Il voulait, dit-il, prendre des nouvelles de son protégé politique. Pour ce faire, il lui suffisait de s'adresser directement à son activiste pour une information de première main. Qu'il y ait des abus ou de l'excès de zèle de la part de la police, c'est possible et même probable, mais qu'un ministre s'en mêle juste parce qu'il s'agit d'un de ses agents, c'est tout simplement inacceptable. Un ministre qui téléphone, cela équivaut, on le sait, à un acte d'ingérence, à une tentative d'intimidation. Une personne en position d'autorité n'appelle jamais pour rien. La POCA de 2002 est, d'ailleurs, extrêmement limpide à cet effet.
Ce qui est arrivé à cet agent politique, cela arrive à de nombreux citoyens lambda qui n'ont d'autre choix que de se soumettre aux procédures, aux règlements, bref, à la loi de la république. Quitte à obtenir audience et réparation ensuite auprès du tribunal de l'opinion ou auprès de la Commission des Droits de l'Homme. Et si c'était une personne ordinaire ou un agent d'un parti de l'opposition qui était impliqué, un ministre serait-il intervenu? Certainement pas. On a bien vu, récemment, dans les affaires Medpoint et autres palabres de voisins d'immeubles, ce qu'il en coûte d'être dans l'opposition. Il n'y a qu'à demander à Zuberr Joomaye, entre autres. Dans de tels cas, lorsqu'on parle d'abus qui sont évidents, au gouvernement, ils ressassent en chœur qu'il faut « laisser les institutions faire leur travail ». Les institutions ne travailleraient que pour traquer les opposants et elles devraient être constamment auprès de leur téléphone lorsqu'il s'agit des amis du pouvoir. Heureusement que, contrairement à ceux qui ont probablement leur propre agenda et leurs raisons de justifier un tel interventionnisme politicien et partisan d'un ministre du Logement et des Terres, il y a des citoyens qui ont entrepris des démarches pour que cette affaire ne s'arrête pas là et que Transparency Mauritius ait aussi saisi l'ICAC.
C'est parce que ce qui est scandaleux, révoltant et totalement inacceptable est présenté comme étant absolument normal que ce pays va de mal en pis. Que le marchand de briani en situation d'illégalité flagrante ait préséance sur la police lorsqu'il lui arrive de faire correctement son travail, c'est normal. Que les policiers impliqués soient transférés, tant pis pour eux. Il n'y a qu'à être du bon côté de la montagne et tout est permis. C'est ça la république de l'égalité des droits? C'est avec ce genre de raisonnement inepte que notre sémillant DSK local s'est cru autorisé à dire, en septembre 2011, lors d'un rassemblement de ses agents, que les travaillistes s'arrangent toujours pour que les listes de recrues potentielles envoyées à la Public Service Commission « reflètent » la couleur du pouvoir du jour et de ceux qui la portent. Qui s'étonne que la soi-disant enquête entreprise par l'ICAC sur cette affaire, soutenue par un enregistrement sonore extrêmement éloquent, n'ait abouti à aucune interpellation ou même à une simple audition de l'auteur des propos incriminés? Une longue année après la révélation des faits. Ca aussi, c'est peut-être normal.
C'est parce que certains présentent tout comme normal qu'un ministre a osé déclarer que les habitants de la circonscription No 5, celle du Premier ministre, avaient plus de droits que d'autres et qu'ils doivent s'attendre à un traitement autrement pLus favorable que les habitants du reste du pays. Normal aussi que toutes les allégations portées ou les dénonciations officielles faites à l'encontre de certains ministres et de nombreux élus locaux n'aient aucune suite et qu'elles aient été tranquillement rangées dans le tiroir des oubliettes. Il y avait l'affaire de la conférence sur les technologies de l'information de 2009. Il avait été question d'une enquête. Rien jusqu'ici. Voilà qu'une autre affaire vient rattraper ce ministère, cette fois, autour d'un contrat de location d'immeubles. On se concentrera pendant quelque temps sur celle-ci et on oubliera celle qui l'a précédé avant de passer ensuite à autre chose.
Normal que le ministre des Finances ait très solennellement annoncé une enquête de la Banque Mondiale sur l'affaire bois de rose qui a des ramifications régionales et que l'on n'ait plus rien entendu depuis. On vu plusieurs protagonistes dans une même affaire, le scandale du siècle Medpoint. Or, il y a eu deux manières de les traiter, selon qu'ils sont tantôt du mauvais côté du gouvernement, tantôt dans l'opposition. On attend ainsi toujours un soupçon d'enquête sur la STC et ses excès avérés qui ont été et qui sont toujours extrêmement douloureux pour le porte-monnaie du contribuable. Rien à ce jour. On pourrait comme ça établir une liste à l'infini d'exemples de manipulation politicienne. Ainsi va l'île Maurice. Une moitié qui peut tout se permettre parce qu'elle a arboré le rouge ou le bleu et qu'elle se considère du bon versant, et l'autre, qui doit s'attendre à tout et être toujours sur ses gardes parce qu'elle ne bénéficie d'aucun patronage. Business as usual. La normalité, quoi…
Commentaires
Dans les années 1982 à 1995 et 2009 à 2005, le trio SAJ, Lutchmeenaraidoo et Bérenger avaient une grande vision pour le pays, créant plusieurs nouveaux secteurs économiques, Stock Exchange, le Centre financier international mauricien (offshore, etc.), fishing hub, Cybercity avec des dizaines de milliers d’emplois pour les jeunes sur les terres d’Illovo que Ramgoolam appelait le soi disant scandale Illovo, une expansion sans précédent de la zone franche, le Free Port, bref, ce fut le boom économique. Le Dr. Aubeeluck ancien directeur du budget vient de déclarer avec raison qu’il n’y a pas eu de nouveau secteur économique depuis 2005. Il a mille fois raison. Ramgoolam n’a rien créé à part essayer d’imiter les Jugnauth et Bérenger avec Jin Fei, qui a englouti un milliard et fait perdre leurs terres aux planteurs de la région, et l’affaire Neoport, rien à comparer avec le deal fructueux pour le pays comme le fut l’achat des terres d’Illovo par l’Etat.
Ramgoolam est venu se battre la poitrine avec une économie résiliente, sans avoir jamais créé un seul nouveau secteur économique comme ses prédécesseurs au pouvoir. Il mène en ce moment, comme son père, le pays à la ruine. Encore une fois, ce sera Jugnauth/Bérenger les sauveurs, comme en 1982 et comme en 2000 lorsque le projet de Cybercité fut conçu et réalisé par le tandem Jugnauth/Bérenger et rappelons aussi que ce fut Pravind Jugnauth qui présenta à la télé le projet Illovo, notamment les nombreux bénéfices pour les travailleurs.
Depuis quelques années, Maurice se transforme graduellement en un Etat qui risque, à la longue, d’être un Etat-voyou au moins sous un rapport : les pratiques du gouvernement en place consistant à pervertir les institutions étatiques officielles et constitutionnelles pour s’attaquer à ses opposants. Ainsi, le gouvernement procède à des arrestations arbitraires d’opposants et organise contre eux ainsi que des journalistes trop critiques du gouvernement, des procès fondés sur des dossiers caractérisés par le déni des principes de justice, de « fairness » et de ce que l’anglais appelle « equity ».
Il n’y a pas à Maurice de « level playing ground »– excusez mes anglicismes – rien qu’à considérer la manière dont l’ICAC opère, pour ne prendre qu’un exemple. Seuls les opposants au régime ou quelques ex-copains du régime tombés en disgrâce sont inquiétés par cet organisme. Côté police, il ne serait pas juste de blâmer tous ses membres, mais la force policière a été également perverti e en étant transformée en un instrument de la politique partisane des partis au pouvoir.
Il y a des dizaines d’enquêtes qui piétinent parce qu’elles concernent les membres du pouvoir politique et la population, heureusement, en connait par cœur la longue liste qui ne cesse de s’allonger. Tout le monde sait que le ministre de l’Intérieur n’assume jamais les conséquences de sa gestion de son ministère comme lorsque fut « découvert » le plus gros réseau de drogue de l’histoire nationale, celui de Gros Derek. Ou encore lorsque deux policiers meurent dans des circonstances tout à fait inexpliquées pour ceux qui connaissent les Sept Cascades ou lorsqu’un détenu meurt pendu assis dans un poste de police dans une étrange affaire de recel et de vol.
Ce qui est choquant c’est que tout est fait par le gouvernement pour que les priorités de l’heure tant du coté d’une économie qui a commencé à chanceler, que du côté du « law and order », et de la progression d’une culture gouvernementale propre à instaurer un Etat-voyou, du moins sur le plan intérieur, pour détourner l’attention. Le débat sur le Best Loser System, en dépit de sa pertinence relativement au besoin d’une nouvelle législation électorale, est utilisé par le gouvernement pour faire oublier le glissement du pays vers un ordre nouveau qui menace les libertés individuelles et celle de la presse d’informer sans peur, aussi bien que pour détourner l’attention du fait que le régime actuel est tout à fait incapable de faire face aux problèmes du chômage et de la vie chère, lesquels ont accéléré un processus d’appauvrissement de la population sous le régime travailliste en place depuis sept ans.
Josie Lebrasse, a dressé un excellent constat de ce glissement vers ce qui pourrait s’avérer l’édification d’un Etat-voyou. L’expression peut paraître exagérée au vu de l’utilisation académique du terme par les pays occidentaux où l’équivalent est le « rogue State », mais sur le plan purement intérieur, nous approchons ce statut avec de nombreuses arrestations injustifiées et arbitraires de journalistes et d’opposants ; la protection de personnages hauts placés qui méritent d’être interpellés pour répondre à des questions pertinentes dans certaines affaires retentissantes où leurs noms sont mêlés afin, au moins de leur donner l’occasion de « clear their names » ; la persécution d’opposants en contrepartie de la protection des copains au pouvoir ou proches du pouvoir au détriment du système de justice d’un Etat de droit ; des pratiques totalement discriminatoires dans les nominations et les promotions ; et j’en passe.
Cet état de choses ne pourra pas durer indéfiniment. Il prendra fin tôt ou tard – et il sera alors, comme à chaque changement radical de régime tel celui qui s’annonce aux niveaux régional et national, trop tard pour dire qu’on regrette d’avoir été partie prenante dans un tel pourrissement de l’Etat.
Je te conseillerai de refaire ton homework.En 1983 Berenger avait trouve le poelon trop chaud et il voulait prendre la place du calif et il etait pris la main dans le sac.Plutot Duval Lutchmeenaraidoo,boolell et Aneerood avec la coolaboration de SSR qui avaient pu retirer Aneerood des Griffes de Berenger. En 1983 avait ete botte hors du parlement et il rentrait par les fenetres que Koenig comme un vrai democrate avait refuse. Les budgets de LUTMEENARAIDOO,etaient tout le temps critiques par Berenger.Se sentant fort et securiser par Duval,boolell,Aneerod arreta net les greves sauvages de Berenger.
Quels grèves sauvages de Bérenger dans les années 80? Il faut cesser de mentir effrontément à propos de l'histoire nationale racontée par les travaillistes et qui omettent par exemple que Ramgoolam senior avait combattu le Parti travailliste des Curé, Bissoondoyal et Sahadeo dans les années 30 et 40 avec férocité jusqu'en 1946 et ce Ramgoolam fut candidat de l'Union Mauricienne contre le PTr aux élections municipales à Port-Louis. C'est censuré sur le site web du PTr d'aujourd'hui comme s'il n'y avait pas d'autres leaders qui ont fait l'histoire nationale à part les seuls Ramgoolam père et fils, pas même Sir Satcam Boolell.
Votre mensonge se double d'un langage de bas étage sur les "griffes" de Bérenger, indigne que quelqu'un qui commente dans journal et qui choisit l'insulte gratuite à la place de l'analyse lucide et objective. Quelles griffes?
Et les critiques des budgets gouvernementaux n'étaient-elles pas dictées par le devoir de leader de l'Opposition? La fonction fait l'homme et lui dicte ses responsabilités. Quelle honte que de tels commentateurs puissent s'exprimer dans un langage pareil qui n'a rien à voir avec le devoir d'objectivité. Ramgoolam n'a rien réalisé de bon à moins que vous puissiez me citer une dizaine de projets qu'il a menés à bien pour redonner au pays de nouveaux secteurs économiques, ce qui est la meilleure et la seule riposte à la crise économique. Et cela, de tout temps.
Tous les grands projets socialiste sont les oeuvres du parti travailliste-example suffrage universelle,les lois pour les travailleurs,l'education gratuite,transport gratuit.welfare state. Il est un fait comme disait mon grand pere "li pli facile leve un person ki peu dormi ki leve un person ki fer semblant dormi.ena aussi dimoune ki ferme zotte li yeux et dire zotte pas trouver.Les greves sauvages ,le feu dans les cannes,on les avaient vus dans les 80 et ca continue encore aujourd'hui.Qui dit mieux?
Ouaip! Pa juge moi mal, ena plusieurs dizaines des milliers comme moi a Maurice. Mo ena l'impression mo pe revive 1980. Mais attention, la sensation capav trompeuse. Mo pret pot met ene pariaz avez nimporte ki mec a Maurice. navin pou casse record sorpa! Meme bolom la pa pou capav arive a so genou kan pays pou vine lor so genou...Navin SA NOU PM SA!
What is normal also (rather abnormal) is that we have an official opposition who, instead of denouncing all those anti-democratic acts, is seeking an alliance with the ruling party under the disguise of electoral reform. For that ineffective opposition, the need for electoral reform has superseded the need to combat bad governance and corruption. As if electoral reform is the panacea to all the problems. No wonder the rulers do whatever they want.They don't feel accountable to the people because the opposition is not taking them to task. If the opposition, whose role is to criticize, fails in its duty, can we blame the rulers. It is left to a few courageous columnists to say what is rfght and what is wrong. The people are squeezed between an inept government and a bankrupt opposition.