Share |

Cliniques : silence on surfacture

C'est un couple de Mauriciens moyens, avec deux enfants. Lui a un bon job dans une grande entreprise, elle est enseignante. Ils ont une vie correcte, des enfants sans problèmes, ont réussi à acheter un bout de terrain où faire construire leur maison. C'est un couple sans histoire qui, en août 2009, va du jour au lendemain se retrouver dans une situation dramatique. Leur fils qui n'avait connu aucun problème de santé tombe un après-midi en rentrant de l'école. Il semble faire une crise d'épilepsie, perd conscience et respire avec difficulté. Ses parents l'emmènent d'urgence dans une clinique des hautes Plaines-Wilhems choisie par la pédiatre de leur fils. La pédiatre et un autre médecin font admettre l'enfant dans la section des urgences, l' ICU, le fait subir une série d'examens médicaux mais n'arrivent pas à déterminer la maladie dont il souffre. Après cinq jours, les médecins annoncent qu'ils vont procéder à une trachéotomie — faire un petit trou dans sa gorge — pour permettre à l'enfant de respirer avant d'être transféré dans une chambre normale. L'opération ne sera effectuée que six jours plus tard parce que… l'on n'arrivait pas à trouver un tube nécessaire à cette opération. La trachéotomie est finalement faite onze jours après l'admission en clinique, mais l'enfant est maintenu en ICU… faute de place dans les chambres normales. Quinze jours après son admission l'enfant est transféré dans une chambre normale ou il passera sa convalescence, qui durera vingt-cinq jours. Les parents sont tellement heureux qu'ils acceptent de faire une déclaration à la presse pour remercier les médecins et la clinique. La facture s'élève à plus de Rs 1.3 millions, l'assurance en paye Rs 992,000 et le père fait un arrangement avec la clinique pour payer le reste un peu plus tard, après la construction de sa maison.
En 2012, le père de famille envoie une lettre à la clinique pour demander un décompte des dépenses de la note. En guise de réponse, il reçoit un coup de téléphone d'un étranger travaillant pour la clinique qui lui parle sur un ton menaçant. Ce qui pousse le père de famille à aller étudier pour la première fois la note de la clinique, qui fait 42 pages. Cet examen révèle une série de dépenses extraordinaires. Par exemple que la clinique réclame Rs 35 000 par nuit à l'ICU et que les quatre jours pendants lesquels on cherchait le tube pour l'opération et que les quatre autres jours pendant lesquels la chambre normale n'était pas libre ont été compté Rs 35 000 par nuitée. Le père, effaré, découvre également que pendant toute la durée du séjour de son fils on lui a fait un test qui coûte Rs 1200, une fois par jour. Le père demande un rendez-vous à l'administrateur de la clinique et lui expose ses griefs avec détails sur la note. L'administrateur, un étranger, semble embarrassé et propose l'organisation d'une réunion avec toutes les parties concernées pour régler le problème. La réunion n'a jamais été organisée. Par contre, en avril de l'année dernière, la clinique a fait servir du papier timbré au père lui réclamant la somme due avec intérêts et VAT. Il a pris une avocate et écrit une lettre au nouveau directeur de la clinique pour l'informer qu'après examen détaillé de la note il se demande si ce n'est pas la clinique qui devrait le rembourser pour les surplus déjà payés et se déclare prêt à engager une action légale dans ce sens. Il n'a reçu aucune nouvelle de la clinique depuis.
Mais ce père de famille ne s'est pas contenté du silence coupable des responsables de la clinique. Il a écrit à son assurance pour l'informer de la situation et demander un examen approfondi de la note, déjà payée, et envisager une demande de remboursement des surplus. Plus toutes les actions légales qui pourraient être entreprises. « Je ne fais pas ça pour ne pas avoir à payer la clinique. Je le fais pour que d'autres parents, totalement désarmés face à la maladie de leurs proches comme je l'ai été, ne deviennent plus les victimes d institutions et de professionnels qui ont pour mission de soigner les êtres humains et qui n'hésitent pas à abuser de leur détresse pour augmenter leur compte en banque. » Espérons que la réaction de ce père de famille incitera les autres victimes de ce système, pratiquement mafieux, à refuser de se laisser exploiter par des gens qui sont supposés leur venir en aide. Des « professionnels » qui semblent plus intéressés à surfacturer qu'à soigner.


Commentaires

Extrait du Serment d'Hippocrate, tel qu'il est prêté à l'Université Montpellier 1 : "Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent et n'exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail." Tout ce que nous demandons de ces cliniques privees qui pratiquent le vol a main arme (d'un bistouri), c'est de l'honnetete. Ni plus, ni moins.

Le pire, Jean-Claude, est de savoir après lecture complète de ton article, que le tube dont il est question fut justement inventé par un Mauricien. Il est en effet malheureux que les Mauriciens ignorent que le tube dont tous les chirurgiens se servent actuellement dans leurs opérations, fut inventé il y a une cinquantaine d'années par le Docteur Célestin, émigré en Angleterre et qui mériterait d'être mieux connu. Ironie du sort, le tube Célestin modernisé dont tu parles dans l'article, introuvable à Maurice... fut conçu par un Mauricien!!! Cela fait réfléchir! N'est-ce pas ?

Jean-Claude Antoine merci pou sa larticle la. kitfois banne mauricien zotte lizier capave ouvert et denonce sa mafia medicale ki p viole dimoune financierement.
Li dommage ki banne Docteur aussi grand complice ladans.

C'est pas la première fois que je lis des choses pareil dans le journaux - et j'ai eu la même surprise dans une clinique bien connue dans les haut. La clinique vous remets un document pour les accouchements - avec des prix- Quand vous demandez des explications sur ces mêmes tarifs a une des préposée de l'accueil- Elles vous explique que cela ne comprend que les frais de la clinique - Rs 75,000 pour un accouchement normal - ensuite renseignement prit avec le médecin de la clinique- pour lui le tarifs comprend -TOUT- Gynéco- pédiatre- Clinique et Péridurale -
A l'arrivée - heureusement que nous avions pris les renseignements avec le médecin, car la clinique a eu le toupet de facturer - effectivement en plus le gynéco- le pédiatre et l’anesthésiste - donc résultat des comptes - si on n'avait pas eu un médecin sympa et surtout qui sait qu'il a fait le serment d’Hippocrate et non le serment d'hypocrite... on aurait payer le double- ALORS UN CONSEIL - ÉPLUCHEZ VOS FACTURES.

Lorsque, frappe a l'improviste par une crise cardiaque en debut d'annee et transporte d'urgence a une clinique et admis a l'ICU, je ne me doutais pas qu'il y avait des pourparlers a l'exterieur de la salle d'operation et que personne (aucun membre de ma famille qui arrivait petit a petit) ne voulait signer une declaration pour dire qu'il prenait la responsabilite pour regler la note medicale de la clinique. Finalement, le medecin est venu me demander de signer la declaration moi-meme, arguant que plus on tardait plus les muscles de mon coeur risquaient d'etre endommages. Apres signature avec beaucoup d'apprehension (je n'ai pas d'assurance medicale), le traitement medical pouvait commencer. Apres 24 heures, j'ai demande a etre transferre dans une chambre normale et au bout de 3 jours j'ai voulu rentrer chez moi. On ne m'a pas "surfacture", mais je faisais quand meme face a une facture bien salee : pres de Rs 150,000 apres diverses reductions et negotiations pour qu'on m'accorde du temps pour tout regler. Je me debats toujours pour trouver cette somme. Quelques bons samiratains me sont venus en aide et ont pu jusqu'ici recueillr un tiers du montant total. L'acces pour tous aux soins medicaux est un des plus grands defis de la Republique de Maurice.

Cher NAE, je compatis a votre peine. Mais y a-t-il une clause quelque part qui vous empeche de divulguer le nom de la clinique mafia?

The problem is, it has become a trendy thing for Mauritians to seek care privately rather than making use of free healthcare services available countrywide. Sadly, it is a "status" and "class" thing. If you can afford it, then why not, but the thing is, many Mauritians can't afford, but still wouldn't go to hospital instead. Why? I just don't understand what the problem is. If anything, the care delivered in state hospitals are far better than private ones, but just the environment is not as good.

So, we have to balance things. Do we want a five star environment with five star bills that may worsen our health and quality of life rather than improving them and an unimpressive care delivery or a one star environment with good care and no bills?

I've lived in England over half of my life, 26yrs to be more precise. On two separate visits on the island, I went to hospital once during each visit due to minor ailments. It was straight forward, quick and good care. I have family members and friends who had major surgeries etc in hospitals without delay and excellent care. As I said earlier, it's just the environment, but this is also improving.

Do we realise that Mauritius is among very few countries in the world where the two most valuable things in life are free? i.e. education and healthcare.

So please, move away from that "status" and "class" competition and start making good use of your hospitals and support them to improve rather than blaming them all the time.

Are you kidding ? May be those public hospitals should be awarded Best Hospital of the world!!!

I personally witness how cancer patients were treated at Candos' they were waiting for their radiotherapy treatment and someone screamed " L'appriel in casse retourne lla case"

Have you ever heard of 2 patients the same bed!!!!!

No I don't think it is a question of status or class , I think that every human being in desperate situation will choose what they think is the best to save their family life.

Don't get me wrong I am not telling that the hospitals in mtius are complete disaster but for sure they are far from delivering excellent care. Believe me there is plenty room for improvement.

it is a shame that Mauritians cannot enjoy neither a free nor a private excellent health care.Indeed the private medical costs are over the roof!!! No regulation on the doctors fees.

Despite the high fees you are not guaranteed to receive an excellent service.

Well...I think the state hospitals in mtius cannot or shouldn't be awarded the best hospitals in the world, but people could at least give them credits for what they are and what they do. If you take a good look around our neighbouring African countries, you may then think again about your attitude toward the Mauritian hospitals. Of course there's plenty of room for improvement and there always will be even in the best hospitals, but that's not to say that they are total crap.

I believe you when you said what you witnessed at Candos Hospital, but things like this do happen. Machines do breakdown and we have no control over this. Of course, there should be a back-up system in place for situations like this and if there wasn't any for whatever reasons, I hope the machine was mended fairly quick. However, the idiot who screamed "l'appareil ine casser, retourne la case" is the sole individual to be blamed for his/her behaviour. This was very unprofessional and an unacceptable behaviour from a member of staff and clearly a lack of education on the employee's part. But, I ask you as a witness. What did you do about it? Did you complain in order to make things better? Did you speak to the employee who screamed? Did you speak to his/her supervisor/manager, not to get the employee fired, but to ensure better employees's education?? You see, these are the simple things that we all must do in a civilised manner in order to improve our systems. If all of us do our bits, trust me, it works and believe it or not, it is the duty of all good citizens.

Of course when our loved and dearest ones's health are in jeopardy we would want the best for them, but I don't know why Mauritians believe they are safer in private clinics. Trust me, they are not and that's simply because hospitals are more equipped and their staff are more experienced.

Whilst I respect your belief that it's not about class or status that people go private, I personally believe that it is.

I like to think that I'm one of those who do give due credit whenever deserved. However, I think that the overall environment and the service level in our hospitals would be much better if only there were a more professional attitude at all levels. First of all, as in most or all public services, there is too much wastage, if not outright corruption. A certain, non-negligible, percentage of the vast sums of money allocated does not reach its final destination, thus cheating the indirectly paying client of the standard he would get if everything were done with competence and integrity. It's not all about qualifications either for I am in no way trained in the medical field and, yet, even I can see, without any effort, what could easily be done to improve things if only the will were there. You say: "Machines do breakdown and we have no control over this" I beg to disagree. While unexpected events are called so for obvious reasons, we do have a certain degree of control to prevent breakdowns. There is such a thing as planned maintenance. If I run a commercial truck and I neglect having a thorough servicing carried out as required, should I be surprised when it brakes down or if its brakes fail and it crashes ? From what I understand, that part is neglected and, more often than not, the job is given to some friend instead of giving it to the best in their respective fields, whoever they may be. It's not all the Minister's job either. There must be an improvement in attitude at all levels, from the PS to director/administrator down to the very last rung on the ladder. As to "the idiot who screamed "l'appareil ine casser, retourne la case" ", I might excuse it if they sent a gardener to pass the message, but certainly not from the level of employee who deals with clients (patients). it seems there is a very good reason why we are called "patients" - it's all in the name itself : in our hospitals, we must be veeery patient ! After a stupid incident with two very rude wannabe queue jumpers (thank God I function at a different level, if not it might have turned out ugly), I did speak up, a bit later on, to suggest a very simple and, yet, very effective system that would not require any extra work at all for them but would certainly bring about an improvement, while removing any risk of friction among patients, all for the common good. After looking at me as if I were a Martian, they giggled like kids and made a silly joke of it. Oh, well... Maybe they just know that the person who is supposed to be at reception is one of the "protected ghosts" and will never be there (in a whole year, the reception cubicle was empty every single time I went there ; at different times, too !)? To them, the incident was closed and it was obvious that business would carry on as (ab)normal. Even something as basic as hygiene (no cockroaches and all sorts of furry mammals !) and the overall appearance of buildings and yard (never mind much more important things) makes a big difference in a patient's mood (we all know that half of the battle against illness is in the mind). It's not because we pay in advance (with our taxes) that we do not deserve the same level of service as is given in a private hospital. Public servants, at all levels, should be made to know that their real employers are not the "demi-gods" they very willingly bend over backwards for but those same "lowly" people they deal with everyday. WE are the very reason why they have that job. Our middle name is not ATM (as in automatic teller machine)!

I have lived in Africa. If you do not have the funds in the majority of African countries you die. There are no public free hospital, nor free medication. Indeed, we as Mauritians do not realise our luck when you look at the extent of the welfare state and tend to complain, complain, always complain. It is true that we need to provide feedback about issues or bad service to help Hospitals progress but we should not complain just for the sake of complaining. As regards private clinics... nothing to add to what others have said... It's money first!

Hey islander, it's very easy to sit in your comfy armchair under some bridge in UK & praise the service here in mauritius. why don't u come down here & experience what we go through? Shut up & enjoy your fish & chips! In short ferme ou lagel!

Hi Islander63, I think you've really lived long in UK, for you've ended in thinking that things operate in the same way here. I refer to your comment that the witness ought to protest against the chap who screamed out "l'appareil ine casser etc..." in the belief that things would improve. Your illusions will soon be broken.
As for hospital care, I have mixed opinions as i have witnessed both sides of the coin. In the recent years, it is becoming a growing concern that the qualifications of some of our young practitioners are questionable. They are mostly the poor A-level holders who manage to enrol in some university abroad of doubtful recognition.
As for clinics too, whereas it is an undisputable fact that many of them are here to fleece the customer, there are a few which offer reasonable prices; also there are highly qualified doctors who still have a heart.
One last point. Going to a clinic is not necessarily a question of prestige; but rather to avoid the anxiety of a long waiting list...