COUPS DE BEC. . . dans l’eau !

Devant l’extrême médiocrité des programmes d’information que continue à nous proposer la MBC/TV, les téléspectateurs mauriciens ne doivent certainement pas s’en plaindre ces jours-ci, pouvant zapper à volonté sur les diverses chaînes satellitaires françaises où se déroulent, chaque soir, des empoignades de haute facture autour de la campagne présidentielle française 2017.
Sans pour autant répondre en tous points à la saveur locale — nettement plus épicée (?) ici, avec ses coutumiers mais tout aussi lassants ingrédients archi-connus, tels le ‘deal papa-piti’, ‘lakaz leroi lion’ ou autre’madam kotomili’ . Celle-là, soit dit en passant, désormais libre de tout vol… Entendez par là qu’elle peut reprendre l’avion de l’Italie à volonté, revenir de son plein gré, sans bracelet aucun, et poser tranquillement ses valises vides à Maurice. Et, comme elle sait s’y prendre — on n’en doute point — aller jusqu’à récupérer, ici et là, quelques petites liasses qui n’avaient trouvé place dans les coffres-forts trop bondés de River Walk ! Oubliées sans doute dans la précipitation d’un départ éclair et impromptu lors de cette fatidique et mémorable soirée, un certain 11 décembre 2014 !
Mais revenons au feuilleton à multiples rebondissements que nous propose la présidentielle française. L’événement doit battre présentement bien des records d’audience, ici comme ailleurs, tant son déroulement et son ultime issue restent totalement incertains. Avec un suspense à la Hitchcock, doublé d’un zeste très british à la Agatha Christie, Le commissaire Bourrel ne pouvait plus jouer longtemps à l’absent. Il faudra donc, forcément, attendre les Cinq dernières minutes, le 9 mai prochain, au soir même du 2e tour, à 20h précises, pour que nul autre que Raymond Souplex, sous les traits d’un moustachu de Pujadas, nous rassure que la France n’a pas basculé dans le tourbillon qu’elle avait connu au début des années 50. Et qui avait engendré la Ve République, plaçant au sommet de l’Etat le plus sympathique des dictateurs élus qu’ait connu la planète ! «Après moi le chaos», clamait-il en mai 65. Le général, mis en ballotage, avait vu juste ! Plus de cinquante ans après… on le sent, enfin, venir !
Cohabite, en effet, en tête d’affiche, pour ce scénario digne du parfait thriller et qui tourne souvent autour du Fric, terme qui semble se conjuguer tout naturellement aussi au féminin, un nombre impressionnant de prénoms commençant par le même F fatidique. Francois Baroin (Stepney, toujours à demi-gonflé, et l’autre, l’incontournable Arlésienne, qui réapparaît tous les cinq ans, presque jour pour jour: Francois Bayrou, le parfait campagnard qui a toujours rêvé d’arroser quotidiennement les jardins de l’Elysée. Sans eau ! Seul absent de taille, pour le moment, l’autre Francois, celui tout en Froc, Argentin s’il en est un, qui doit regretter son choix bien arrêté sur ce nom d’emprunt, le premier avait-il dit, à présider aux vrais ou autres trésors cachés du Vatican ?
En effet, pour remplacer François (Hollande), digne successeur (comme il l’aura été aussi pour de discrètes autres cohabitations extra-élyséennes !) de l’autre Francois (Mitterrand), les républicains et autres du centre droit avaient, lors des primaires, retrouvé un autre champion toutes catégories. Au bon profil: homme affable, catholique et cathodique par excellence, Francois Fillon, marqué au double F, lui, qui avait tout ou presque pour atteindre, sans gros heurts, l’Elysée. Aucun risque de s’enliser pour un sou. Rien, même du côté de l’Etat civil — écartée, donc une Mazarine revisitée ? — risquant de faire émerger, même sur le tard, un petit salaire de plus pour quelque oubliée de la famille sur la liste des collaborateurs parlementaires d’occase…
Quel calvaire ? Pur une simple et petite insipide unité monétaire, Penny, toute prête à l’épauler à la tête de cette grande démocratie qu’est la France. Quel  beau programme pour ce pays mis à mal, justement, après de nombreuses et dures épreuves, à être vite redressé dans la sérénité d’un pouvoir uni et fort. Et non à coups de matraque dans les arrière-trains et ce, jusqu’au colon, d’un fils d’immigré. Mais plus qu’à de sonores et courageux coups de gueule, qui firent et furent autrefois sa force et sa fierté, aidant du coup à arrêter la dangereuse pente que prennent certaines ‘dites grandes démocraties d’hier’ avec leur insolent repli affiché et voulu vers un isolationnisme outrancier. Francois Fillon, avec son double F, était celui qui semblait, au 2e tour, le mieux placé pour arrêter, au moins, cette dérive-là.
Faute de pouvoir participer directement ou animer ce débat passionnant, malgré ses multiples contre-coups et autres dérives, veillons au grain pour ne pas trop applaudir ceux qui, dans notre entourage immédiat ou tout juste un peu plus loin, semblent retrouver un certain élan et un certain plaisir pour applaudir de parfaits gestes dignes d’anciens colons. Mais sont-ils tous, réellement, comme le dodo, éteints ceux-là ?
Vite et pour être fixés une fois pour toutes sur ce chapitre: qu’on milite pour que le groupe Currimjee obtienne, enfin et définitivement, son permis de construction à la Cambuse…
Et que les Fouilles commencent !