Crise de régime

« Cette affaire illustre le mauvais fonctionnement de notre démocratie. Un pouvoir exécutif tétanisé, un pouvoir législatif coalisé, un pouvoir judiciaire immobile et l’utilisation de l’administration policière… » a récemment dénoncé le journaliste directeur du site internet Mediapart, révélateur de l’affaire des comptes en Suisse du ministre français Jérôme Cahuzac, E. Plenel, lors de la commission d’enquête parlementaire sur l’action du gouvernement français pendant cette affaire.
Nous pouvons prendre à notre compte les mêmes affirmations de notre confrère français dans ce qui est chez nous l’affaire Varma. Et les ressemblances dans ces deux affaires tiennent au fait que les ministres mis en cause ont longtemps nié ce qui leur était reproché; Cahuzac, ses comptes en Suisse, Varma, d’avoir frappé sauvagement le fils Jeannot après un accident. Si le premier a fini par avouer, le second a toujours publiquement refusé de le faire malgré l’évidence confirmée par plusieurs témoins oculaires de la scène.
Et ces aveux à Maurice sont finalement tombés. Pas directement, mais suite aux révélations des journalistes du Mauricien lundi après-midi de négociations entre les parties. Informations exploitées par les radios privées qui ont emmené les principaux protagonistes de cette affaire à reconnaître plus grave encore que la bastonnade, plus grave que les présomptions de mensonge du ministre ; il y a eu tentative d’ « arranger » cette affaire… avec un troc financier.
La preuve. Les nombreuses rencontres préparatoires qui ont eu lieu entre des « frères » de Yatin Varma et le père de la victime, avant que le principal intéressé ne soit luimême introduit à la famille. L’argent a été au centre des discussions et cela en échange du retrait des plaintes et des accusations. Enfin l’un des « well wishers » a même reconnu que « Yatin fine fane » et que ces démarches avaient pour but de « teign zafer la mem ».
Malgré les assurances du Premier ministre, se prévalant comme toujours de l’attente de l’enquête policière pour donner du temps au temps, les derniers développements ressemblent fort à une tentative de cover-up dans cette affaire, et par ricochet une entrave grave à la bonne marche de l’enquête policière et de la justice… avec comme participant le ministre de la justice lui-même – le garant de l’intégrité de cette institution.
Ce que les entremetteurs Reza Issack et Maurice Allet, qui devront aussi répondre de leurs actes devant la police et la justice, appellent un « acte de réconciliation » est en fait - quelles qu’en soient les motivations de la famille Jeannot, « pour voir jusqu’où ils peuvent aller et forcer Varma à avouer ses actes » ou « pour monnayer » une affaire terriblement embarrassante pour l’Attorney General et le gouvernement - une tentative de sauvetage désespérée de celui qui tenait jusque-là à conserver son poste de prestige et son sens de l’honneur à tout prix.
Maintenant il ne reste à Yatin Varma qu’à faire ce qu’il aurait dû avoir fait depuis le début de cette affaire, qui n’a évolué que grâce à la presse : démissionner. Comme le lui demande le Premier ministre sous pression, ce midi, à l’assemblée. Mais cela ne suffira pas à juguler l’hémorragie d’un déficit de confiance qui anime les conversations de salon et « anba la boutik » envers les institutions engourdies et accaparées de notre pays.
Il aurait été plus chevaleresque de le révoquer. Mais il ne faut se faire aucune illusion, car ce courage là n’a jamais été politiquement à l’ordre du jour de peur qu’il soit la carte qui cause l’effondrement du château. En effet, l’affaire Varma est révélatrice de la crise d’impuissance qui anime le régime à tous les niveaux et dans lequel il y a de moins en moins de Mauriciens qui y croient, tant les scandales, la corruption, les passe-droits pullulent. La crise économique qui frappe de plein fouet paralyse davantage les énergies.
Et le vacuum proposé par une opposition suspendue à la seule santé de son véritable mentor n’est pas de nature à permettre de croire de sitôt à un changement salvateur.
L’affaire Varma a confirmé que nos institutions sont touchées jusque dans leurs fondations et Kaya avait raison – et la vision – de chanter « Maurice, to rasinn pe brile ». Plus que jamais, le sursaut républicain est une nécessité pour barrer la route à l’anarchie qui voit dans cette décomposition de l’Etat le nid pour faire son chemin…


Commentaires

Après les élections de 2005 et 2010, quand le peuple avait péblicité Navin et le Ptr, les amis, qui connaissent mon point de vue sur la gestion des affaires du pays par ceux la, voulait savoir ce que j'en pensais? Ma réponse après chaque élection et résultats était la même: "Je vais souffrir comme tous ceux qui ont voté pour eux mais je suis content de n'avoir pas mis ma croix à côté de ceux la". Je disais aussi "Je vais mange pistache et regarde cinéma". Je suis servi car le film qui joue dépasse tous les films et les scenarios à Oscars qui existent. Cry beloved country.

Le vrai coupable de ce scandale est nulle autre que NAVIN RAMGOOLAM. Car c'est lui qui à dit a une question de l'opposition sur cette affaire que Varma ne peut pas démissioner il faut attendre l'enqête de la police. Ce serait étonnant avec la NSS qu'il ne sache pas que des bouc émissaire (Reza et Allet) négocient pour étouffer cette affaire. Et il n'a rien fait pour stopper cela. Qui ne dit mot consent.

Je demande aux journaliste mauricien de ne pas écarter viser une implication de Navin Ramgoolam dans cette affaire et vous serez surpris à quel point il est aussi directement ou indirectement mêlé à cette affaire. Bision demande so démission oussi et remplace li par Boolel ou Duval jusqu'a une élection anticipée au plus vite cette année.

The following Ministers need to resign also. I leave it to the bloggers to find out why.

Navinchandra Ramgoolam
Anil Bachoo
Rajesh Jeetah
Hervé Aimée
Mookhesswur Choonee
Yatin Varma
Michael Sik Yuen
Vasant Bunwaree

@Nandanee, your list is not exhaustive
I will answer some scenarios
AIMEE pour avoir perdu la raison,
Stick Yuen pour false pretence and impersonation.
Navin pou soutirer

And what about the other super packet-breakers:
- Martin, M.
- Faugoo, S.
- Duval, X-L
- Kasenally, A-T
- Virahsawmy, D
- Bundhoo, L
- Mohamed, S
- Dayal, S
- Sayed-Hossen, C
- Moutia, S.

Sheila is left out, why, strangely, I can't have anything negative to think about her...

Ah, in fact, no-one is good in his/her place?

Ethno-casteist balancing has probably breathed its last, but who cares?

Kaya avait raison, mais depuis c'est la montagne qui brule
une fumee noir cache le soleil