Déraillement programmé

Quelle semaine ! On croit toujours spéciale celle qui vient de s’écouler alors qu’à bien y voir, cela fait six mois qu’il y a comme un déraillement continu de la machine et qu’elle a toutes les peines à pouvoir se redresser. Cela a peut-être commencé avec les villageoises et les municipales des 2 et 9 décembre 2012 pour une folle course à tombeau ouvert dont on ne sait plus où elle va s’arrêter. Avec l’absence du plus petit signe de leadership manifesté, la vraie question désormais est de savoir s’il y a un conducteur dans le train.
On avait beaucoup critiqué le style trop participatif de l’ancien gouvernement, les comités et une recherche trop systématique du consensus. Cette manière de gouverner avait au moins le mérite d’embrigader tous les acteurs, de les réunir autour d’une table pour que des solutions qui soient trouvées satisfassent tout le monde. On est depuis passé à un autre extrême. Aujourd’hui, on gouverne par décret. Le Prince décide et les sujets doivent obtempérer, sous peine de subir toutes les tracasseries de l’univers. Et, comme partout ailleurs, le peuple commence par donner l’impression de se soumettre faute de leviers efficaces de protestation, mais il finit toujours par se révolter lorsque l’arbitraire et les injustices deviennent insoutenables.
On est probablement dans cette phase depuis les élections régionales qui, loin d’avoir amené ceux qui gouvernement à un peu plus de modestie dans la gestion du pays et un peu plus de tolérance dans le propos, les ont apparemment rendus plus vindicatifs et davantage allergiques à tous ceux qui osent les critiquer. Pas étonnant dès lors qu’ils accumulent les bourdes et que ce soit la cacophonie sur tous les fronts.
La dernière en date étant celle qui s’est manifestée avec éclat à la CNT. Cette CNT dont certains, nostalgiques peut-être mais parfaitement habilités en tout cas à remettre les choses en perspective, ont, avec raison, rappelé qu’à la création de cet organisme gouvernemental devenu rapidement une vraie réussite économique et sociale, il y avait eu un choix judicieux de personnes pour la diriger. Mervyn North-Coombes à la présidence et le Professeur Sarathi à la direction et, plus fondamentale, la décision de principe adoptée après 1982. Celle qui prévoit que siège à tous les conseils d’administration d’organismes publics, de la CNT à la la Cargo Handling Corporation, en passant par l’usine sucrière d’État de Rose Belle, un représentant élu des travailleurs. Question d’associer les salariés à la prise de décision et de leur assigner un devoir de vigilance au plus haut sommet de l’entreprise. C’était avant les slogans creux sur la démocratisation et le «putting people first» emprunté du bouquin de Bill Clinton.
La CNT a ensuite été livrée à des ministres frivoles, à de sombres agents politiques et à des gestionnaires à la petite semaine qui, ces dernières années surtout, ont contribué à pousser la compagnie dans le précipice où il se trouve. Un déraillement programmé ! Une sortie de route organisée ! Il est quand même heureux que le président Ashwin Dookun fasse entendre sa voix et qu’il fasse remonter ce qui, dans les coulisses, a provoqué la perte de la CNT, comme l’ingérence politique, le tripotage des exercices d’appels d’offres, le choix de bus uniques au monde et l’on s’étonne après que les pièces de rechange pour continuer à les garder en état de marche sont introuvables.
Les travailleurs de cette compagnie ont décidé de débrayer mercredi. Que leur mouvement soit illégal ou pas, on peut les comprendre. Qu’ils soient quelques-uns à être odieux avec les vieux et avec les passagers en général, c’est un fait et c’est regrettable. Mais il faut dire que ce sont eux qui sont au bout de la chaîne et qui sont quotidiennement confrontés aux bus qui flambent, à ceux dont les freins fonctionnent comme si c’était une histoire de loto, à des engins dangereux et, surtout, aux critiques des usagers. C’est normal qu’après le traumatisme du 3 mai, la mort du chauffeur à qui, à un moment, les autorités, plutôt lâches, ont voulu faire porter la responsabilité du drame après cette cruelle reconstitution imposée au receveur rescapé, que les nerfs des travailleurs de la CNT soient à vif. Qu’ils ne veulent plus être embarqués dans n’importe quel «corbillard».
Et lorsqu’on leur pique leurs routes les plus rentables et qu’ils craignent que cela n’impacte sur leur sécurité d’emploi, ils se fâchent et ils se lâchent, d’autant qu’à mardi il y avait déjà un de leurs collègues qui avait entamé une grève de la faim. Les travailleurs ont décidé d’eux-mêmes de leur mouvement et comme s’ils n’étaient pas assez grand pour choisir le meilleur moyen de se faire entendre, une obscure confédération syndicale s’est fait le relais des vociférations ministérielles qui ont vu la main de leurs opposants dans la grève de mercredi. Ce qui est vrai, c’est que travailleurs et opposition ont mardi supplié pour qu’il y ait un dialogue avec le gouvernement et que tout soit mis sur la table. S’il n’y avait pas eu cette action spectaculaire, il n’y aurait rien eu, même pas la restitution de la ligne Port Louis/Henrietta.
Après la DWC hier, la CNT aujourd’hui, demain peut-être la CHC, l’entreprise de liquidation est apparemment en marche. S’il est vrai que l’on doive constamment se remettre en question et avancer dans le sens de la modernité, il y a tout d’abord des principes et des normes à établir qui soient inattaquables. Parce que nous ne comprendrons jamais pour quelles raisons un ministre, qui n’a commis aucune faute si ce n’est d’avoir un différend politique avec le Premier ministre, est si facilement révoqué mais qu’il ne le soit jamais lorsqu’il est un incompétent notoire, un corrompu avéré ou en situation flagrante de conflit d’intérêts. Bref, pourquoi Pazhany Rengasamy doit partir et Robin Soonarane doit, lui, rester.


Commentaires

Merci Josie Lebrasse, merci de rappeler que Monsieur Mervyn Coombes et le professeur Sarathi ont été ces compétents gestionnaires qui ont su donner ses lettres de noblesse a une corporation d’utilité publique et essentielle, qui naissait alors. Je suis vraiment content que vous ayez mentionné ces personnes. On oublie trop souvent que le parachutage fini souvent, très souvent même, brutalement au moment de retoucher le plancher des vaches.

The current government jas been an abysmal failure since May 2010!The root cause of its problem is its leader!
The 2005-2010 government was no better...under the same leadership,too!
The current government has been in survival mode since the MSM banged the door ,some two years ago.
Qhere this government has proved itself to be successful ,lies in the fact that it has managed to deceive the population while using the failed electoral/parliamentary systems to stay in power!
Systems that were not reviewed/upgraded by the MMM/MSM government of 2005-2010.
If only the Sachs/Tandon recommendations were implemented.But it's never too late to...

From: “Fait accompli.”
Concentration of powers.
/Pourquoi Pazhany Rengasamy doit partir…/ People of the caliber of Mr. Pazhany may be termed as the lone ranger. Those with real and proven tracks records get the exit door, while those with proximity with the Establishment powerful circle receive permanent pats on the back. It is also likely that taxpayers' money will ever be used to maintain now-pliant bureaucracy. Is there something sinister about present prime minister's expansion of governmental power? A sense that a would-be dictator lurks behind his reassuringly dull façade. To flagrantly disregard long-established safeguards against abuses of power is no way for the leader of a government, whether conservative or liberal, to behave. True conservatives have always warned that, in the absence of effective checks and balances on executive power, politicians would do this. With the deafening silence from the prime minister on critical national issues, housekeeping matters are not dealt with. It is a crying shame that the only matter considered is that of a dress code for members, visitors and the press. The only good news in Mauritius comes from minister’s offices, and heads of State institutions, who gets prime time coverage on the Mauritius Broadcasting Corporation. The astonishing reversal of decisions in favour of employees of the Transport Corporation, without due process of analysis marks a visible signpost of the state of minds of present political leaders governing Mauritius. There is a trend, a path, a furrow that has long been established, each time some real crisis flared up, the government communications machinery pushes most glossy, and “you never has it so good” tantalizing messages. The Board of Investment that maintained deafening silence on the contagious virus of the ponzi scheme, where real and certain menaces hang over some finance institutions, and deep pocket holes for many vulnerable investors, rush with news of sky the limit for prospects of FDI. How those unconfirmed flow of FDI will alleviate the critical problems of 52,000 unemployed persons, and halt the dwindling standard of living of citizens are not dealt with in any constructive and rational manner. What about the right to protest in Mauritius. The where and what day, and time are governed by a very old and antiquated rule frame? Any high profile international meetings of world leaders allow a space for protesters during the time and day of the event. This democratic right has become more pronounced, and regular protests groups make use of important debates issues to give their sides on the running story. Regretfully the belt that is closing on citizen’s rights in Mauritius are being reinforced, and deepened, lately during the Ports workers protest, private consultant Mr. Appanah brought up a clause that exclude port employees from being member of political group, and stretch out to impose rules that exit out the most ordinary democratic liberty. The Ex-director of the PRB receives regular job contract for publishing reports on works and labour issues from State run bodies. After those long years of customary appointments of political nominees, the variations to recruit retired high level state officers has now become a way of life. A steady progression towards a more centralized, person-centered power structure in Mauritius. This is a worrisome development for the future of Mauritius democracy. Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan-remarks and increased centralization of political power in the abolition of the autonomy of regulatory bodies in August 2011, including the Supreme Board of Radio and Television (RTÜK), the Telecommunications Board, the Capital Markets Board (SPK), the Banking Supervision and Regulation Agency (BDDK), the Electricity Market Regulatory Agency (EPDK), the Public Procurement Institution and the Competition Board. Successful autonomous authorities, also referred to as “higher boards,” had been on Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan’s radar. His frightening comment:” If I am paying the bill, why are they autonomous?” It thereby reinforced the powers of the center. From a law and order perspective, the “natural” inclination of the relevant law and order authorities to protect the state against its citizens favors the central authority.

Why are jobs not advertised, so the best can lead us,and deliver.Although this practise is current in many democratic countries, I question if it the best solution..The situation is Worsen

when these nominees are sub standard,and led us to disaster.We have seen it in many bodies when, it's up to the PM to nominate these donkeys..Another burning question is why the leadership of the PM cannot be challenged by his members.We have seen the fall of Julia Gillard lately in Australia.Lets learn from the Aussies

Questions pour une championne?
Who nominated Mr Gopaul then Mr Kris Bhorra as Chairman of CNT?
You will not dare answer will you?

Solution: privatisation. Privatise MBC, CNT,MK,CWA,CEB,Education et la Santé. Mettre banne parametre regulatrice avec le pouvoir necessaire pou la bonne marche.