Des experts ès reniements

Revenons sur cette campagne présidentielle  française, qui ressemble de plus en plus a ce qui se fait parfois dans les pays du tiers monde que l’on qualifie, un peu rapidement à Paris, de républiques bananières.  En tout cas depuis le début de cette campagne ses principaux acteurs n’ont rien à envier avec ceux des pays du tiers monde qui font et disent tout et son contraire. Pour avoir osé dire mon étonnement  que François Fillon avait fait le contraire de ce qu’il avait proclamé, j’avais reçu des emails injurieux m’accusant d’être un agent de la gauche et des socialistes dépassés et  me demandant de m’occuper de ce qui me regarde  — sous entendu dans mon pays – en laissant ceux qui ont la double nationalité à leur présidentielle. Le problème est que Maurice évolue dans un environnement francophone  - un peu  angolais ces jours-ci — et que pour échapper  à la MBC – de plus en plus relais  et brosse à  reluire du gouvernement en place —, on est obligé de se rabattre sur les bouquets satellitaires. Et comme tous ces bouquets comportent des chaînes d’informations  souvent en continu on ne peut donc échapper à la présidentielle française et à ses coups de théâtre a répétition que commentent à longueur de journée journalistes politiques, experts en sondages et autres analystes qui s’expliquent avec tant de certitude qu’ils  donnent l’impression d’avoir tous une entrée d’ordinateur branchée  dans le cerveau des candidats. N’en déplaise à ses nombreux admirateurs locaux  François Fillon est, de loin, le principal acteur de ce burlesque politique. Il y a eu d’abord  l’épisode des emplois fictifs octroyés à sa femme et ses enfants qui avait  été assortie de la promesse du candidat de se retirer de la course  s’il était mis en examen. Par la suite on a appris qu’il avait fait ses enfants rendre  une partie des salaires payés des deniers de l’état pour rembourser des frais de mariage et de location. Et puis il y a eu l’épisode du prêt qu’il avait oublié de déclarer pour finir par celui des costumes qu’il s’est  fait offrir. Il aura beau dire et alors pour se justifier, cela n’incitera  pas les fonctionnaires a qui demande de se serrer la ceinture sur leurs salaires de voter pour quelqu’un qui se fait offrir des costumes à plus de 6,000 euros.
On pensait que le principal reproche  que l’on  fait à François Fillon : sa capacité  de se parjurer était l’apanage des  hommes politique de  la droite française. On vient de découvrir que cet exercice était aussi pratiqué à gauche, plus précisément au parti socialiste français. Manuel Valls, ancien premier ministre  socialiste de la France,  est  lui aussi un adapte du reniement, du non respect de la parole  donnée. Il avait été un des candidats des primaires  la gauche, – d’une certaine gauche dirait ceux  qui ne se reconnaissent pas idéologiquement dans le Parti socialiste français et ses courants divers et variés. Le but de cet exercice, mis au point par le parti socialiste pour plus de démocratie, était de permettre aux électeurs de gauche de choisir celui qui devait représenter le parti  à l’élection présidentielle. La principale  condition de cet exercice était que les vaincus de la primaire se rallient tous derrière le vainqueur et fassent sa campagne. Cet engagement n’avait pas été seulement signé, mais il avait été pris  lors du premier débat télévisé opposant les candidats de gauche.  Comme on le sait Benoît Hamon a remporté  de manière incontestable ces primaires avec plus de 59% des voix devant Manuel Valls. Selon les termes de l’engagement pris tous les candidats à la primaire et leurs équipes devaient se mettre derrière Benoit Hamon pour le soutenir dans sa campagne présidentielle. Depuis Manuel Valls s’est réfugié dans le silence. On appris, cette semaine, que Manuel Valls ne pouvait pas soutenir Benoît Hamon ni dire à ses supporters de le faire parce qu’il n’était pas d’accord avec le contenu de son programme présidentiel. Manuel Valls  semble avoir oublié qu’il avait combattu ce programme lors des émissions télévisés de la primaire et qu’une majorité d’électeurs de gauche avaient rejeté son programme à lui pour plébisciter celui de Benoit Hamon. Comme quoi en matière de parole non respectée la gauche n’a rien à envier à la droite française.
Voilà donc le spectacle que la France  offre au monde dans le cadre de cette élection présidentielle : deux anciens premiers ministres experts en reniements. Et l’on s’étonnera après que les Français choisissent l’abstention ou le Front National pour dire leur dégoût de leurs politiques !