Des mots

Pourquoi est-ce que le Premier ministre est aussi nerveux et agressif depuis qu’il a fait de la tyrolienne à Rodrigues ? Les vacances et la pratique du sport sont pourtant censées calmer ceux qui s’y adonnent. Il semblerait que les déclarations du trafiquant de drogue Peroumal Veeren, qu’il a qualifiées de « bad joke » qui ne méritent que le mépris, l’aient sérieusement irrité. La preuve : il s’en est pris à un journaliste qui l’interrogeait en lui demandant quelle était sa légitimité pour le questionner et, mieux, s’il avait été élu pour le faire ? Il faudrait que les conseillers de Pravind Jugnauth — qu’ils officient dans son bureau ou dasn sa cuisine — lui expliquent que, contrairement aux députés, les journalistes n’ont pas besoin d’être élus pour exercer leur profession et que leur légitimité est garantie par la carte de presse délivrée par le gouvernement qu’il dirige. Il faudrait également lui dire qu’en déclarant que « certains médias sont en contact avec des mafias de la drogue », il ne fait que suivre la voie ouverte par Peroomal Veeren. Celle de l’accusation sans preuves. Car s’il possède les renseignements qu’il dit détenir, pourquoi ne les a-t-il pas donnés à la police ? Est-ce qu’il craindrait que, comme dans le cas de Soodhun, la police n’ouvre une enquête qui semble ne pas devoir aboutir ?
Selon certaines sources bien informées, c’est un mot, un seul, qui aurait mis le Premier ministre dans tous ses états : « légitimité ». Est-ce à dire qu’il n’a toujours pas digéré les critiques émises sur la manière dont il a accédé au poste de Premier ministre lors du troc papa-piti qui n’avait été ni prévu ni annoncé dans le manifeste de l’alliance Lepep qui, deux ans après sa formation, a déjà perdu le PMSD. Xavier-Luc Duval qui, depuis sa démission du gouvernement, ne rate aucune occasion de critiquer ses ex-amis a récupéré l’affaire. Alors que Pravind Jugnauth affirme que Peroumal Veeren est un « batchiara » qui tient des propos qui ne méritent pas une enquête, Xavier Duval soutient, lui, que les propos du trafiquant emprisonné « ne doivent pas être pris à la légère ».
Un autre sujet qui a provoqué des mots forts cette semaine est la rencontre alléguée dans les cuisines d’un hôtel, après une réception du Haut-commissariat indien, du député MMM Adil Ameer Meea et de Pravind Jugnauth. Il va sans dire que le député mauve a démenti la rencontre en disant, admirez les détails, qu’il n’est pas allé dans les cuisines de l’hôtel mais dans les toilettes. Réagissant aussi violemment que Pravind Jugnauth quand on lui parle allégations des trafiquants de drogue à son endroit, Paul Bérenger a déclaré que le « MSM est une pourriture. »  Cela pour expliquer qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas de « koz-kozé » orange-mauve. Mais quand on se rappelle ce que le leader du MMM pouvait dire sur le PTr juste avant de conclure l’alliance avec Navin Ramgoolam, on peut se demander quelle crédibilité accorder à son démenti. Quand on a été capable de faire une alliance avec un parti « sorti de la poubelle de l’histoire », qu’est-ce qui l’empêcherait d’en conclure une autre avec une « pourriture » ? Le degré de l’odeur ?
Le ministre de la Culture et le maire de Beau-Bassin/Rose-Hill ont brillé par leur absence au lancement de l’exposition marquant le centenaire du peintre et scénographe Serge Constantin, jeudi dernier. Pour justifier leur absence, le ministre et le maire ont fait dire qu’ils étaient retenus par d’autres « obligations ». Quelles peuvent être les obligations qui empêchent le ministre de la Culture et le maire des villes sœurs de rater l’ouverture d’une rétrospective des œuvres d’un des plus célèbres artistes mauriciens et qui, par ailleurs, a été le scénographe du théâtre de Rose-Hill pendant des générations ? Probablement une solide dose « d’inculture » et le manque de respect pour les fonctions qu’ils occupent.
Terminons avec l’ex-député Roshi Bhadain, qui semble se spécialiser dans les formal requests. Son premier avait été de défier Pravind Jugnauth de démissionner comme député pour venir l’affronter lors de la partielle de Quatre-Bornes. Roshi Bhadain a donc fait une formal request à l’opposition, à toute l’opposition — dont le PMSD, le PTr et le MMM qui ont désigné des candidats contre lui à Quatre-Bornes —de démissionner en bloc du Parlement pour montrer qu’ils ont à cœur les intérêts du pays. Autrement dit, pour suivre son exemple. Le problème est que l’opposition, comme une majorité de Mauriciens, n’a toujours pas compris pourquoi Roshi Badhain a démissionné comme député pour se porter candidat à sa réélection. Était-ce pour montrer qu’il a les intérêts de Maurice à cœur ou pour se faire une nouvelle “virginité politique”, après avoir profité pendant deux ans du statut — et des avantages —de fils adoptif de SAJ ?