Désolation et désespoir

On se souviendra encore longtemps de ce week-end de Pâques 2013. Il va sans dire que certains esprits superstitieux trouveront moyen de faire une association avec le chiffre 13. Devant un tel choc, une telle désolation, devant la force de la nature, on s’accroche comme on peut à la moindre explication, fut-elle irrationnelle. Ce qui est certain c’est que beaucoup de Mauriciens ont eu un sommeil agité et angoissé dans la soirée de samedi à dimanche. La journée avait portant bien commencé. La météo avait certes annoncé une journée pluvieuse et un mauvais temps. Rien toutefois concernant les risques de pluies torrentielles ou d’inondations. La journée des courses était prévue comme d’habitude. Ensuite à la mi-journée, il a commencé à pleuvoir sur une bonne partie de l’île. Les Mauriciens ont poursuivi allégrement leur shopping de Pâques. D’autres se préparaient à la veillée Pascale. L’annonce que plusieurs personnes auraient trouvé la mort dans le tunnel piétonnier du Caudan a été accueillie avec choc dans l’après-midi pour tourner au drame et à la panique au moment des informations télévisées. Les inondations de la place du quai et de l’autoroute, l’amoncellement des voitures emportées par les eaux dévalant de la montagne, à Pailles, a provoqué cette fois un profond désarroi. Qu’est-ce qui a pu se passer ? Qui est responsable de la mort de ces onze innocents ? Pourquoi sont-ils morts ? Aurait-on, comme à l’île de la Réunion, pu éviter que ce déluge fasse autant de victimes ? Qu’est-ce qui se serait passé si cette catastrophe s’était produite un jour normal à la sortie des classes ? Autant de questions qui vont tourmenter le pays durant encore de nombreux jours. Comme le faisait remarquer le père Philippe Tamin, lors des funérailles de Jeff et de Sylvia Wright en l’église Ste Thérèse, Curepipe, chacun ira de sa petite explication, de sa petite idée. La météo est-elle équipée en machines modernes et en techniciens d’expérience ? À l’heure de la coopération régionale chère à la COI de Jean-Claude de l’Estrac, pourquoi n’y a-t-il pas une coordination structurée et permanente entre les îles de la région et surtout avec l’île de la Réunion qui disposerait d’équipements dernier cri ? Quelle est la part de l’incivisme des citoyens et de ceux qui jettent tous leurs ordures et objets inutiles dans la rivière ? Est-ce que les autorités urbaines nettoient régulièrement les canaux ? Est-ce que les projets immobiliers les uns plus sophistiqués que les autres dans la région portuaire tiennent en compte les risques inhérents à la proximité de la mer ? Que prévoit-on pour faciliter la circulation de l’eau en cas de pluie dans la capitale et pour son évacuation vers la mer ? Est-il nécessaire d’avoir ces barrages en béton le long de l’autoroute ?
L’émotion est encore trop forte pour chercher les coupables, même si chacun sait en son for intérieur la responsabilité qui lui revient. Que chacun fasse son mea culpa, lance le père Tamin à Curepipe, et nous savons tous que les changements climatiques ne sont pas les seules causes de ces inondations.
Il y a un temps pour toute chose. Pour le moment que chacun profite de cette journée de deuil pour se livrer à une réflexion profonde sur ce qui n’a pas marché et sur les dispositions qui doivent être prises. L’heure est à la trêve politique et à la solidarité pour venir en aide à tous ceux qui ont été sérieusement affectés par cette catastrophe. Ensuite, que tout le monde, quelle que soit son appartenance politique, s’asseye autour d’une table et réfléchisse sur les solutions éventuelles dans l’intérêt du pays. L’heure des règlements de comptes politiques viendra. Nous avons connu deux inondations similaires en moins de deux mois sauf que la seconde a fait 11 morts. À l’évidence, en tenant en compte la topologie de Port-Louis, nous aurons droit à d’autres catastrophes du même genre. Il est urgent que nous nous préparions à y faire face. Chaque Mauricien devrait avoir une notion de la gestion du risque et être prêt à toute éventualité et savoir exactement quels sont les bons gestes à faire lorsque la situation se présente à lui.
Pour le moment nous présentons notre sympathie aux familles frappées par cette catastrophe et prions pour toutes les victimes, pour que leurs âmes reposent en paix.


Commentaires

Bien qu’un grand nombre de personnes attribuent ces désastres à «Dame Nature» et le PM au « changement climatique », ce qui pourrait absoudre ce dernier et son gouvernement de toute responsabilité, il y eut, tout de même, des cas précédents qui auraient du être pris en considération. Des exemples d’inondations qui sont provoqués par des pluies diluviennes dans un passé pas trop lointain, dans le nord du pays et aux Plaines Wilhem, abondent ces cinq dernières années.

Les ministres des Infrastructures Publiques et de l’Environnement, tous deux, ont une grande part de responsabilité envers le pays. Ils auraient dû prévoir et non réagir après coup à chaque fois. S’ils sont dépassés par les évènements, ils doivent rendre leurs tabliers et laisser aux autres plus compétents qu’eux de prendre la destinée du pays en main. Mais, nous savons qu’ils ne le feront pas. Car quitter un job de 150 000 roupies par mois n’est guère facile en ces temps difficiles. Dorénavant, tout gouvernement aura à développer et mettre en place une stratégie et des structures pour l’ensemble du pays non seulement contre les cyclones, mais aussi contre les risques d’inondations et de tsunamis. Tout un chacun en est averti. Avec des nuages gigantesques qui arrivent vers Maurice dans quelques jours, notre malheur ne pourrait-il que commencer ?

Pourquoi donc nous, Mauriciens, ne commençons-nous pas à tirer les leçons qui s’imposent ? Pourquoi faut-il encore nous fier à ce gouvernement en place qui entre scène seulement après mort d’homme ? Ne devrons-nous pas prendre notre destin en main ? Nous pouvons le faire. Et nous l’avons démontré à maintes reprises. Toutes les communautés confondues n’ont-elles pas fait montre d’une solidarité exemplaire envers les familles des victimes et envers ceux de leurs compatriotes qui ont tout perdu du jour au lendemain, étant aidées en cela par les autorités locales et les services essentiels du pays sans attendre que les politiciens ne viennent, accompagnés des caméras de la télévision nationale ? Alors, pourquoi ne pas établir des assises permanentes avec les autorités locales et les services essentiels du pays et prendre des mesures préventives à temps ? La question, pour nous, désormais, est une de vie ou de mort !

THIS IS A WELL APPRECIATED PRESENTATION. NO POLITICS BUT GOOD SUGGESTIONS. THIS IS GOOD JOURNALISM. KEEP IT UP FOR ONE TIME.

nous habitons une ile tous l'eau et supposer aller se deverser dans la mer , meme que port- louis se trouve dans une vallée l'eau devrait decendre vers le port . trop de construtions pour une si petite ile et malheureusement ca va encore se produire .a qui la faute ?????????????? mes sincéres condoleances aux familles endeuiller .