Did you say, Mission, Vision and Values ?

C'est un secret de polichinelle que le Mauritius Turf Club avait commandité, tout récemment, un exercice dont les objectifs étaient de dégager « une stratégie d'entreprise et un plan d'action en vue d'inscrire le MTC dans un projet capable de pérenniser l'industrie hippique à Maurice ». Un exercice confié à la nouvelle boîte de communication du Club, Éruption, qui a pondu un rapport de 108 pages. Selon une circulaire envoyée à tous ses membres par le general manager, Benoît Halbwachs, il s'agissait de clarifier la Mission, la Vision et les Valeurs du MTC, tout en définissant sa raison d'être, ses projets à long terme, ses principes et ses valeurs premières.
Les informations de Week-End confirment que Jean-Luc Ahnee, le boss d'Éruption, a soumis un rapport qu'il appelle un « document de réflexion », en vue d'inviter les membres du MTC à partager leur propre vision. « Il s'agit de prolonger cet exercice global dans sa prochaine étape afin d'arriver à se fixer une stratégie d'entreprise et un plan d'action répondant à ce que doit être l'avenir du MTC et des courses hippiques à Maurice », peut-on lire dans le document.
Prochaine étape ? Rien n'est moins sûr étant donné que le mandat d'Alain Noël arrive à terme et que le président sortant du MTC ne compte pas demander le renouvellement de son mandat d'administrateur pour les trois prochaines années. Comme on sait qu'au MTC on n'aime pas du tout déclarer « zanfan lezot »,  il n'est pas certains que cet énième document de réflexion sur l'avenir du MTC et des courses ne trouve grâce aux yeux de la nouvelle équipe, qui se met lentement en place.
Week-End a pu parcourir ce « document », et, pour être honnête, les 108 pages d'Éruption ne nous apprennent strictement rien de nouveau. D'autant que certains administrateurs avec lesquels nous en avons parlé apportent très peu de considération tant sur le fond que dans la forme dudit rapport. Puisque les recommandations ne sont ni plus ni moins que du réchauffés, du déjà-vu.
En outre, pour un club qui se dit en proie à des difficultés financières, on se demande pourquoi le MTC a dépensé tant d'argent pour se voir pondre un tel « document », bourré de pléonasmes, de phrases superflues, de citations d'illustres inconnus et d'adjectifs ronflants. Serait-ce pour mieux faire passer la pilule et se gargariser que dans un rapport de 108 il doit certainement y avoir du bon et du solide ? Allez savoir…
Disons tout de suite que la Mission, la Vision et les Valeurs du MTC se résument en une seule phrase prononcée par l'ancien président Jeenarain Soobagrah : « Nous voulons des courses propres ». Et c'est tout ce que demandent les turfistes. Rien de plus, rien de moins !
Quant aux membres du MTC, ils savent très bien que le club ne pourra jamais faire progresser seul le sport hippique et toute l'industrie qui s'y greffe. Dans tous les secteurs, qu'ils soient économique, sociale, culturel, la situation a beaucoup évolué. Le contexte n'est plus le même. Il faut beaucoup plus qu'un simple exercice de réflexion fait entre quatre murs sur invitation pour dégager le processus de renouveau, que le monde hippique mauricien attend depuis des lustres.
Le laxisme du MTC est tel que certains membres — et là aussi non des moindres — avaient décidé de prendre le taureau par les cornes, en présentant un projet d'envergure au gouvernement. Une démarche qui n'a malheureusement pas eu de suite, car l'État a à maintes reprises démontré que les courses ne sont pas une priorité. Puis, soyons réalistes, le MTC est un organisme divisé et chaque projet d'envergure le divise davantage. Ceci pour la bonne et simple raison que même si on parle de bonne gouvernance, de l'intérêt et de l'amour du sport hippique ou encore de la pérennité des courses, les têtes pensantes sont toutes animées par d'autres considérations.
Entre-temps, on essaie de berner les turfistes avec des « documents » publiés dans le seul but de masquer un mandat présidentiel des plus catastrophiques. Le jour qu'un rapport expliquera comment les cartes d'accès aux tribunes le jour des courses sont comptabilisées et répertoriées, où on expliquera les raisons derrière le non-déplacement de Parachute Man en Afrique du Sud et qui en sont les véritables responsables, ce n'est qu'alors qu'on pourra dire que le club est sur la bonne voie.
Pour l'heure, libre aux membres du MTC de « perdre leur temps » de réflexion, d'autant que nous sommes convaincus que leurs commentaires et leurs suggestions n'ont aucune importance aux yeux de ceux qui tiennent la barre. Sinon, ils auraient dû figurer en première ligne et non pas en queue du peloton.
En attendant la mission, la vision et les valeurs du MTC devraient être :
Mission : organiser des courses propres.
Vision : doter le sport hippique d'une nouvelle infrastructure, qui répondrait aux exigences futures.
Valeurs : il n'y en a, hélas ! aucune pour l'instant sinon que ses dirigeants sont divisés et se tirent dans les pattes. Et si vous en voulez la preuve, je vous la donne fin janvier-début février.
Février ! Mais que dis-je ? La guerre a déjà commencé. D'un côté, un administrateur a déjà fait savoir que s'il n'est pas choisi comme président, il démissionnerait de son poste. De l'autre, on parle de Mukesh Balgobin, dont les chances dépendent énormément des résultats des prochaines élections. Bref, toute une série d'événements, un méli-mélo qui se profile dans les semaines à venir au sein de ce club où l'incertitude et les surprises sont toujours de mise.