ÉCLAIRAGE : Les pendules à l’heure pour Me Raouf Gulbul

Un exercice du pouvoir de l’intimidation ou de l’intimidation du pouvoir. Rien n’empêchera le groupe Le Mauricien d’informer ses lecteurs et, par extension, la population des travers de ceux qui détiennent le pouvoir ou encore de ceux qui se croient protégés par le pouvoir, que ce soit politique ou économique. Devant une avalanche d’allégations au sujet de la connexion avec les plus puissants parrains de la mafia de la drogue, soit supposément des intouchables, ainsi que la confirmation des tentacules et de la mainmise de ces derniers dans des Honourable and Learned Quarters, le Chairman de la Gambling Regulatory Authority et de la Law Reform Commission, et de surcroît Legal Adviser du Premier ministre et leader du MSM, Me Raouf Gulbul s’est insurgé contre la couverture du Mauricien de mercredi dernier de la déposition de la « junior » Me Tisha Shamloll ouvrant la boîte de Pandore.
Tout simplement, Le Mauricien dira à ce Senior Member at the Bar que ce n’est pas depuis hier que la rédaction s’intéresse à cette intimité plus que douteuse, dans certains cas avec les barons de la drogue. Ce n’est pas depuis hier non plus que, dans les colonnes des publications du groupe Le Mauricien, les lecteurs sont informés du cas de la « junior » qui en sait trop sur ce Senior. Et, enfin, que ce n’est pas depuis hier que le groupe Le Mauricien fait état des cas de ces VVIP avec des connexions politiques, susceptibles d’être convoqués par la commission d’enquête sur la drogue, présidée par l’ancien juge de la Cour suprême Paul Lam Shang Leen.
Si Me Raouf Gulbul, dans sa tourmente, qui n'a fait que s’accentuer avec les dernières dépositions devant cette instance, a un trou de mémoire à ce sujet, Le Mauricien lui demanderait de passer un coup de fil à un des doyens de la profession légale, Me Raymond d’Unienville, QC. Au début de cette année, l’ancien président de la Mauritius Bar Association avait essayé de prendre la défense de l’ensemble du barreau devant ces dénonciations. Le Mauricien ne dira pas qui, à la Mauritius Bar Association, avait tenté de défendre l’indéfendable.
Au fil des mois, Le Mauricien a assumé ses responsabilités et son devoir en suivant l’évolution des travaux de la commission jusqu’à l’arrivée du convoi des avocats devant l’ancien juge Paul Lam Shang Leen. Les faits n’ont pas donné tort à notre groupe, qui continuera de faire son travail, et cela peu importe les états d’âme de Me Raouf Gulbul et de son clan quant au « timing » de la publication de toute information vérifiée et recoupée de différentes sources.
Les lecteurs du Mauricien savent très bien que l’édition de chaque mardi après-midi comprend une couverture exhaustive des échanges à l’Assemblée nationale sur la PNQ. En période de débats sur le budget, c’était le cas quotidiennement. Pourtant, les travaux parlementaires ne commencent pas le matin. Personne ne trouve à en redire et, maintenant, ce sont des cris de putois qui sont poussés au sujet de la couverture de l’audition de Tisha Shamloll mercredi dernier à la mi-journée.
Puisque Me Raouf Gulbul fait une obsession, pour éviter de dire un fantasme, avec « 13h » et l’impression du Mauricien de mercredi dernier, un petit détail pourrait remettre les pendules à l’heure. Le jugement de la Cour d’appel renversant la condamnation d’un an de prison de Pravind Jugnauth dans l’affaire MedPoint, où il fut un des Legal Advisers, avait été rendu après 13h, soit à partir de 13h30 le 25 mai 2016, par le chef juge Keshoe Parsad Matadeen et le juge Asraf Caunhye. Ce Senior Member at the Bar n’avait rien trouvé à redire ce jour-là car le verdict d’acquittement avait été publié dans l’édition de ce même jour.
Le faux débat amorcé par Me Raouf Gulbul sur l’heure de publication du Mauricien, comme ce fut le cas avec ses objections sur la réouverture des enquêtes sur les allégations de Bottesoie et de Jeeva, ne tient pas la route. Ce Senior Member at The Bar a tout intérêt à trouver des explications plausibles quant à sa présence à 1h du matin à la station-service de Saint-Pierre en pleine campagne électorale en 2014 ou encore sur ses déplacements à La Réunion pour des appels téléphoniques ne devant pas être répertoriés à Maurice, ou même son intimité avec Peroumal Veeren et Rajen Velvindron, au point de tenter à chaque fois de « devir lanket ».
C’est sur ce terrain que le Learned Member at the Bar devra convaincre le Mauricien moyen. Rendez-vous est pris car le reste ne se résumera qu’à des palabres de mégères dans ce qui paraît être l’un des plus importants combats de l’Alliance Lepep de son leader, Pravind Jugnauth. Peut-être que pour le gouvernement du jour la Freedom of Information Act n’est qu’une promesse électorale. Mais dans le quotidien, la liberté de l'information ne se pratique pas sur la base de la géométrie variable…
 La Rédaction