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ÉCONOMIE: l’horizon s’assombrit

À presque un mois de la présentation du budget 2013, les prévisions économiques se succèdent et se ressemblent ; elles sont toutes annonciatrices de mauvais temps sur l’économie du pays. Si les statistiques et les chiffres disent la vérité, on doit croire que des gros nuages, dont on ne sait encore s’ils vont se transformer en orages ou s’ils vont se dissiper miraculeusement, s’accumulent à l’horizon qui devient de plus en plus sombre. Bien heureux celui qui peut prévoir avec précision ce sera l’avenir. Même le Monetary Policy Committee s’y prend avec des pincettes : « Considerable uncertainty remains with regard to the domestic economic outlook », soulignait cette semaine le communiqué diffusé après la réunion du MPC. Même si on est encore loin de la récession puisque la croissance économique est encore positive, tous les fondamentaux de l’économie continuent à se dégrader : les derniers chiffres publiés par Statistics Mauritius prévoient une croissance économique de 3,2 % pour l’année 2012 soit 0,1 % supérieure à la révision de la Mauritius Commercial bank ou 0,1 % inférieur aux prévisions de la Banque de Maurice qui avait avancé le taux de 3,3 %. Ce qui équivaut à un ralentissement de l’économie avec ce que cela comprend comme baisse de production et dans de nombreux cas réduction du personnel. Statistics Mauritius prévoit une baisse dans le taux de consommation, une baisse dans le taux d’épargne qui voisinera les 14,6 %. Le taux d’investissement continue à chuter et on prévoit qu’il perdra 0,7 % cette année. L’investissement privé est également à la baisse (22,8 %).
Déjà lundi, le MPC avait attiré l’attention sur les risques inflationnistes. « The MPC observed that upside risks to the domestic inflation outlook have risen, partly reflecting higher global food and energy prices. Quantitative easing by major foreign central banks could exert further upward pressures on commodity prices », souligne-t-il. Il relevait que plusieurs facteurs pourraient entraîner une hausse des prix et par conséquent une poussée inflationniste, à savoir « (a) recent rupee depreciation ; (b) public sector wage increases expected from the forthcoming Pay Research Bureau (PRB) salary review ; (c) the possible upward pull of the PRB award on the private sector wage bill ; and (d) expected adjustment in retail petroleum prices ». Le gouverneur de la Banque centrale Manou Bheenick, qui commentait la décision du MPC, attirait l’attention pour sa part sur le taux élevé de l’endettement du secteur privé local. Cependant la décision du MPC de maintenir le taux d’intérêt de base (Repo Rate) à 4,9 % est considérée comme un signal qui n’est pas susceptible de stimuler la croissance. La grande question est de savoir si aujourd’hui il faut exercer un contrôle rigide de l’inflation au détriment de la croissance et l’emploi, et comment stimuler la croissance tout en évitant une forte poussée inflationniste. Dans le premier cas, la pression sur l’emploi et la croissance peut donner lieu à une détérioration de la situation sociale menaçant la stabilité dans le pays. Dans le second, la hausse du taux d’inflation et, par conséquent, des prix peut provoquer de vives réactions de la part des consommateurs si des mesures ne sont pas prises pour alléger le fardeau des plus démunis de la société mauricienne. Déjà, une certaine nervosité est observée au niveau de la population. Les dérapages contre les travailleurs étrangers et la prolifération des marchands ambulants peuvent être indicateurs d’un certain malaise social.
Pour combler le tout, l’indicateur de confiance des entrepreneurs locaux en général, publié par la MCCI cette semaine, observe une détérioration record du niveau du climat des affaires. Ainsi, l’indicateur a en trois mois, entre juillet et septembre, perdu 11,3 %, ramenant le taux de confiance des entrepreneurs à 88,1 points soit à son niveau le plus bas depuis le lancement de l’indicateur. « Nous avons peut-être atteint le point de rupture qui pourrait avoir des conséquences sérieuses pour 2013 », observent les auteurs de l’indicateur. Pour eux, cette chute dans le taux de confiance indique une prise de conscience de la nécessité de revoir certains éléments de la stratégie économique qui s’impose. Il s’agit, selon eux, de réagir devant l’urgence. Les entrepreneurs, dont la majorité sont tournés vers l’exportation, s’accordent à dire que la roupie est surévaluée et se plaignent que les règles ne sont pas les mêmes pour tous et que cela fausse la compétition. À cela s’ajoute une appréhension sur les perspectives d’embauche à court et à moyen termes. La détérioration du climat dans le secteur du commerce constitue une source d’appréhension majeure. L’état d’esprit dans ce secteur est au plus bas au point que certains commerçants estiment que « même les fêtes de fin d’année pourraient ne pas apporter un peu de répit ».
Le ministre des Finances Xavier-Luc Duval, qui se rend cette semaine au Japon pour les réunions annuelles des institutions de Brettons Woods, pourra-t-il trouver l’inspiration nécessaire afin de présenter en collaboration avec le Premier ministre un budget susceptible d’insuffler un taux suffisant de confiance dans l’économie pour stimuler la croissance ? Pourra-t-il démentir les accusations de l’opposition qui estime que le gouvernement ne dispose pas d’une équipe économique qui soit en mesure de relever le défi économique actuel ? Pourra-t-il trouver des arguments suffisamment convaincants pour rallier à sa cause les forces vives et dégager un consensus autour des mesures envisagées pour permettre au pays de traverser la crise qui s’annonce de manière solidaire ? Alors que les négociations entre les partis politiques en vue de l’introduction d’une réforme électorale juste, équitable et qui correspond aux réalités mauriciennes d’aujourd’hui traînent en longueur et qu’une décision concernant l’organisation des élections municipales cette année se fait attendre, la situation économique continuera à polariser l’attention. L’avenir s’annonce difficile.


Commentaires

Au lieu abattement fiscal ki ene charge lor gouvernement, mo penser ki bizin vine avec ene la loi pour etabli participation banne emprunteurs dans profit la banque.lere la pou ena ene transaction saine entre emprunteurs et la banque kot les deux gagnants.Actuellement li selement one-way.

Kapav etendre sa concept participation dans profit la lor niveau banne entreprise national, ensuite offshore. Sa pou assure ki banne entreprise pou ena bon gestion, pas pou faire faillite ni travayers perdi travail.Aussi sa pou encourage bannes jeunes ouvert zot propre lentreprise. Chomage pou diminuer et Gouvernement pou kapav respirer.

Enfin, sa kapav appliquer dans tous secteurs la vie. Meme dans bannes situations de crises et meme si pena gouvernement dans pays, la vie kapav derouler normalement.

Bizin donne abatement fiscal pou dimoune ki prend loan pou ene deuxieme lozement aussi. zot capave soufle et all taxer la banque ki pe faire 4 milliard de profit.50% mauricien ki prend loan prend [ou lozement

Il faut se detacher tres vite de Brettons Woods et se joindre au BRICS en attendant de reduire notre dependance sur les devises pour nos importations. Aura-t-on le courage politique de le faire?