Encore un qui s'en va…

Croyant qu'un étranger ferait l'affaire et qu'il serait plus malléable. Et il est tombé sur Konrad Morgan, un britannique. Deux années ont suffi pour avoir raison de la raison pour pousser l'académicien à bout. Il a été contraint à la démission. Il est parti. Encore un qui s'en va.
Et ce n'est que le dernier épisode d'une longue série de ressortissants étrangers venus partager leur savoir-faire, mais vite confrontés à la réalité de notre côté très république banannière et à des décideurs malades de leur pouvoir qu'ils croient absolu ou éternel, des petits chefs obsédés par l'interventionnisme politique et partisan, et des incompétents notoires qui, dès qu'ils doivent composer avec plus performants ou moins magouilleurs qu'eux, s'arrangent et font tout pour avoir les mains libres et les ficelles plus faciles à tirer. C'est mieux pour leurs petites affaires. La famille protégée, les petits copains, les grands coquins, le marchand ambulant illégal et les combinards de tout poil n'ont ainsi rien à craindre. Basta, l'expat ! Nos préférences, nos privilèges et nos passe-droits, pas touche…
Ce dernier épisode de l'étranger recruté pour moderniser certains secteurs du pays, mais obligé d'abandonner la partie, confirme que les gouvernements dirigés par le Ptr ont un vrai problème avec les étrangers ayant un certain profil mais qui ont de la rigueur et du professionnalisme à en revendre. Et ce n'est pas fabuler ni chercher des poux aux rouges ni être de mauvaise foi que d'affirmer cela. Une petite piqûre de rappel s'impose. Bert Cunningham, vous vous souvenez ? Quelle galère ! Quel calvaire pour ce pauvre Canadien !
En arrivant aux affaires en 2000, le gouvernement MSM/MMM avait pris le parti de moderniser certains secteurs et de mettre un terme à la culture du backshish très répandue dans certaines institutions. Il en était ainsi de la Douane. Pour mettre bon ordre dans ce service névralgique, le gouvernement d'alors procéda à un appel de candidatures international, et c'est au terme d'un exercice extrêmement rigoureux que Bert Cunningham fut recruté en 2003 pour diriger la Douane. Dès le premier jour de son affectation, il va être l'objet d'une campagne sournoise du syndicat et d'autres ennemis de l'intérieur qui s'étaient jurés de lui mettre toutes sortes de bâtons dans les roues.
Tant que le gouvernement MSM/MMM était là, il pouvait compter sur le soutien en haut lieu pour mener à bien sa tâche. Mais, dès le lendemain du retour au pouvoir de l'Alliance sociale menée par le Ptr, ce fut le début d'un long combat qu'il a dû abandonner en 2008. Une mafia très bien organisée, mais dont les intérêts étaient menacés par le directeur de la Douane, a tout fait pour qu'il soit poussé vers la sortie. Même ses rencontres avec le Premier ministre pour dénoncer cette mafia, documents à l'appui, n'avaient rien donné. Il a connu toutes les misères sur notre sol, sa famille avait été traumatisée par de fréquentes visites de malfrats à son domicile et dont la finalité était, en plus du vol de certains objets lui appartenant, des actes d'intimidation visant à le pousser à quitter le pays. Sa famille, n'en pouvant plus, avait fini par partir mais il avait, lui, décidé de rester. Pas pour longtemps. Et on sait que les conditions de son départ ont valu à Maurice un câble de Wikileaks révélant les commentaires de l'ambassade US à Maurice sur la corruption et le triste sort réservé à Bert Cunningham. Quant à son successeur, Stephen Mendes, lui aussi est parti dans des circonstances qui sont restées assez floues.
Philip Cash. Avec un tel patronyme, pas facile d'être oublié, pensez-vous. Or, la plupart d'entre nous ne se souvient certainement pas qu'il fut l'Australien recruté en 2004 pour diriger l'aéroport de Plaisance après, là aussi, un appel de candidatures international et qu'il fut, lui aussi, comme Cunningham, un thème récurrent de la violente campagne électorale de l'Alliance sociale en 2005. Il avait été à la base des aménagements qui ont facilité les choses à l'aéroport. Mais il n'a jamais eu la partie facile.
Entre syndicat, dirigé par un négociateur collabo connu pour son port constant de la cravate du petit chef, et des nominés contrariés de l'alliance MSM/MMM, l'australien a dû naviguer à vue et toujours monter en altitude pour ne pas se faire piéger. Comme Cunningham, il a connu des malheurs inexpliqués, des tracasseries annexes aussi curieuses que dangereuses. Sa BMW de fonction flambant neuve avait mystérieusement pris feu en 2006, et jusqu'à ce jour, rien n'est sorti de l'enquête. Lorsqu'il a réalisé que tout avait été organisé pour qu'il plie bagages, il ne s'est pas fait prier et il est parti.
Sudhamo Lal a eu bien de la chance à survivre à ses collègues expatriés. Il avait été recruté comme directeur de la Mauritius Revenue Authority en 2004 par le conseil d'administration de cet organisme après un appel de candidatures international. Même le premier directeur de la Competition Commission, John Davies, n'est pas resté longtemps. Il est parti avant l'expiration de son contrat. Son successeur, le Dr Sean Ennis, est tranquille. Pour le moment. Avec un tel palmarès, difficile de prétendre que l'on a aucun problème avec les professionnels venus d'ailleurs. Et dire que ce sont ceux-là même qui manifestent un tel degré d'intolérance vis-à-vis de certains cadres étrangers, qui nous parlent d'ouverture et de modernité. Les mots n'ont vraiment parfois plus de sens.


Commentaires

La culture mauricienne veut que tout soit politise a outrance.Et c'est dommage. Je connais tant des gens tres intelligents dans le service publique qui obeissent les ordres des politiciens aveuglement.Comme l'anglais le dit si bien " If you can't beat them, join them".

c'est pas nouveau, le premier ministre est un r... pur et dur qui a un pop corn entre les 2 oreilles !

But still when it comes election time ,WE CAN deide who will stay, and who will go to karo can.But still we see the same old clan,with the same patromyme on the political scene.We deserve what we vote.Suffer the pain as we vote with our feet,not our common sense.

Navinchandra Ramgoolam appelle sa democratisation de l'economie.

"confirme que les gouvernements dirigés par le Ptr ont un vrai problème avec les étrangers ayant un certain profil mais qui ont de la rigueur et du professionnalisme à en revendre."

Peut-on vraiment generaliser ainsi quand on sait:
1. qu'il y a tant de ministres "MMM" au gouvernment de ces temps ci (par exemple Rashid Beebeejaun merite amplement la savate d'or avec sa gestion catastrophique de l'eau et son cinema tout les matins aux heures de pointes)
2. que le MMM avait decapite la fonction publique a partir de Juin 1982 et cela avait commence un pourrissement du pays en general?
3. que le MMM tout comme le Ptr sont des partis qui se sont fossilises et que le MSM c'est essentiellement un business familial?