À peine évoquions-nous dans ces mêmes colonnes la semaine dernière les violences subies par les femmes, souvent soldés par la mort, surtout dans les relations amoureuses, voilà qu’un autre type de violence attire notre attention : celui du rapt des enfants avec à la clé attouchements, viol, inceste et autres sévices atroces.
Deux cas en moins de 72 heures ont été recensés. D’abord à Gokoola où, à la veille du Maha Shivaratree, la petite Vaishnavi Bistopchurn (11 ans) a été enlevée par Vishal Doorga (35 ans) alors qu’elle allait retrouver ses parents au shivala (temple). Son ravisseur devait avouer aux enquêteurs son intention d’abuser sexuellement d’elle… Ensuite au stade Anjalay à Belle-Vue où mardi soir alors que le spectacle pour la Fête nationale battait son plein, un garçon de 12 ans a été victime d’une tentative d’enlèvement sur le parking de la localité par un homme de 47 ans, Devendra Bungaree.
Les deux enfants doivent leur salut à l’intervention du public, des bénévoles et des proches qui ont immédiatement déclenché l’alerte et organisé des battues. Ces délits, même si les deux jeunes n’ont pas été victimes d’attouchements et autres formes de sévices, sont à caractère pernicieux, sadique, voire, pervers.
Qu’avaient en tête Vishal Doorga et Devendra Bungaree au moment de commettre leurs forfaits ? Certainement pas des intentions honorables ! Même s’il s’agit de tentative d’enlèvement et de rapt, ces actes laissent des traces impérissables dans la chair, le cœur et la mémoire de ces petits innocents. Et si Vaishnavi et ce petit garçon ont pu échapper aux sévices physiques, tel n'est malheureusement pas le cas pour nombre d’autres petits Mauriciens qui subissent, en silence, le viol de leur innocence. Pour beaucoup, au quotidien.
On n’oubliera jamais les crimes, violents et atroces, perpétrés sur les petites Samuela Patricia Martin (7 ans) à Richelieu en septembre 2010 et Marie Anita Jolita (2 ans) à Cité La Chaux en 2005. Outre ces cas qui suscitent la révolte, que l’on soit parent ou pas, les colonnes des faits divers des journaux pullulent d’attentats à la pudeur sur des enfants ; des petites filles autant que des petits garçons. Comme pour confirmer qu’une misère sexuelle existe bel et bien dans notre société. Mais cette misère sexuelle n’est pas l’unique raison pour expliquer ces agissements.
Les pervers et les tordus existent. Certains prennent même le visage de parents, de frères, d’amis… En 2012, plusieurs femmes âgées d’une trentaine d’années, vivant dans la région de Rivière-Noire, devaient porter plainte contre leur “oncle”. Les faits remontaient à plus d’une vingtaine d’années et ce n’est que l’an dernier, après autant de temps et de souffrance, que ces jeunes femmes ont trouvé la force de dénoncer leur bourreau.
La loi et le système, dans tous les cas recensés, ont leurs rôles et contributions. Mais est-ce que ces enfants arrivent à reprendre une vie normale ? En apparence, peut-être. Ils vont à l’école, vaquent aux occupations du jour, s’habillent et parlent comme d’autres de leur âge. Hélas, un enfant touché, blessé et souillé dans sa chair est un enfant qui perd toute son innocence. Tout goût à une vie normale, conjuguée aux plaisirs de son âge et aux activités qui le ponctuent. La justice et les structures seules ne pourront jamais rendre leur pureté à ces jeunes meurtris.
On ne cessera jamais de le dire et le répéter, même si les structures existantes que sont la Child Protection Unit (CPU), le bureau de l’Ombudsperson for the Children et le ministère du Développement de l’enfant, réalisent un certain travail, il n’est toujours pas efficace ! Dernier exemple en date : des enfants, refoulés de "shelters", parqués à l’hôpital Brown Sequard, en attendant une solution acceptable.
Il faudrait un encadrement renforcé plus adéquat, avec la présence de psychologues, de psychiatres, d’encadreurs et d’éducateurs qui puissent les épauler et accompagner. Ces petites victimes ne se retrouvent pas uniquement au sein de certaines couches sociales plutôt que d’autres. Cependant, la réalité sociale mauricienne est telle que ces enfants, surtout ceux venant des régions défavorisées et des cités ouvrières, ne pourront se payer le luxe d’un suivi chez le psy, par exemple.
L’on sait que si un étranger touche à un cheveu de notre enfant, cela peut nous pousser jusqu’à vouloir se faire justice, soi-même. Mais quand ces mêmes crimes sont commis en milieu familial, une immonde omerta est pratiquée. Enfermant et isolant encore davantage dans son univers d’exclu, sans couleur ni son, d’où certains parviennent à s’extirper et d’autres pas. D’où certains finissent par répéter les schémas dont ils ont été eux-mêmes victimes.
Alors comment s’en sortir ? L’éducation ouvre la voie. Mais la volonté politique et humaine doit suivre. Autrement, ce sont des délinquants potentiels que produira notre société.
Commentaires
« La loi et le système, dans tous les cas recensés, ont leurs rôles et contributions ».
D’accord ! Mais, seulement après coup. Quand, comme vous dites, l’innocence de ces très jeunes victimes est perdue à jamais. Quand le viol, voire la sodomie– cet acte contre-nature innommable- est élevé au rang d’exploit dans certains cercles honorables. Que dis-je ? Vous serez étonnée : elle l’est même dans l’esprit des pères de famille au-dessus de tout soupçon. Croyez-vous que les hommes dits religieux en sont exempts ?
Il ne faut pas trop s’en faire, Husna. Nous vivons dans un monde bestial, hypocrite, diabolique. Vous serez la première à ne pas vouloir nager contre les vagues. Ces vagues de l’immoralité, de l’indécence, de satanisme qui ont déferlé sur la race humaine, partout, pour corrompre les âmes, les esprits, les corps, les saines relations. Voyez-vous une Mireille ou une Sheila présenter un mémorandum au Cabinet pour interdire les films indécents, érotiques, adultères à la télé, dans les salles de cinéma et sur l’Internet ? Voyez-vous un Navin parler contre la promiscuité, interdire les rave parties, traiter les femmes à leurs justes valeurs ? Et si, après cela, on vous dit qu’il faut pendre les violeurs, seriez-vous d’accord ?
On a passé des lois dans des pays dits civilisés appelant au meurtre, au génocide des enfants à naître. Et Maurice suit le pas. Docilement. Ces pays viennent de voter la loi sur les mariages du même sexe. Et Maurice suivra le pas, sans aucun doute. Pour être à la mode. Pour être dans le bon registre. Pourquoi s’en plaindre alors si les membres les plus vulnérables de notre société payent chèrement de leurs peaux et de leurs vies la dépravation des mœurs de nos dirigeants ? Sont-ce les féministes, les sans-cervelles qui vont protéger les futures victimes?
Ce qu’il faut, Husna, c’est attraper fermement le mal par sa racine et le déraciner. Puis, un grand coup de balai. Ensuite, le lavage complet de notre cour et arrière-cour. Donnez-moi un coup de main, s’il vous plait !
Je suis d'accord avec ce vous dites ismael nazir à l'exception du mariage du même sexe. C'est un sujet complètement différent, on est libre de vivre comme on veut. Faut pas mettre tout le monde dans le même panier.
Merci, Devilish2o, de me l’avoir fait remarquer.
Vous avez entièrement raison de dire que chacun est libre de vivre sa vie comme il l’entend. Cette liberté est le cadeau le plus précieux que Dieu, dans Sa bonté, a donné à l’homme et à la femme en sus d’une conscience qui agit comme garde-fou. Personne n’a pas le droit d’y interférer. On ne peut que conseiller seulement. D’ailleurs, le monde est composé de gens tout à fait normaux aussi bien que d’autres qui sont anormaux ou avec des défauts physiques ou autres. Tous ont bien leurs places dans la société ; nul ne doit en être exclus. Leurs relations affectives ou sexuelles, en privé, les concernent, eux seuls, aussi longtemps qu’elles ne versent pas dans la perversité. Je suis conscient que certains doivent même impérativement passer par l’anormal pour être normaux.
Mais, vous serez d’accord avec moi que l’anormal doit demeurer l’exception, non pas devenir comme le normal qui est la règle dans une société. Sinon on ne pourra pas discerner le bon grain de l’ivraie. Or, que voyons-nous ces jours-ci ? A travers le mariage anormal du même sexe qui est porté, par la loi, au même niveau que le mariage normal hétérosexuel, les deux deviennent la norme. Avec le temps, la ligne de démarcation devient mince ; le mariage perd son caractère sacré ; la sexualité est pervertie ; l’affaire des uns devient l’affaire de tous. Tout cela mène droit à la débauche et à la descente aux enfers. C’est ce qu’il faut prévenir à tout prix !