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Et la farce continue

Ce qui devait mettre du vent dans les voiles de la majorité dans la perspective des municipales qui sont techniquement prévues pour avant le 31 décembre s’est finalement révélé un véritable boulet, une bombe qui est susceptible de provoquer des éclats assez généralisés. Puisque le dernier rapport du Pay Research Bureau a eu le double résultat de mécontenter le service public et provoquer les salariés du privé. L’affaire est devenue tellement explosive qu’il s’est même trouvé même des membres du gouvernement pour critiquer les recommandations du PRB alors que le conseil des ministres l’a d’abord approuvé et décidé de son application in toto un mardi pour demander, vendredi, que les erreurs et omissions soient traitées dans un délai de trois mois. Question de tempérer l’ouragan.
Et alors que des ministres disent leur désaccord avec certaines préconisations du rapport, toujours plus royalistes que le roi, Patrick Assirvaden et Nita Deerpalsing sont, hier, venus défendre le rapport et même justifier que ce soit les hauts fonctionnaires qui ont décroché le jackpot. Ils doivent, cependant, faire attention qu’après son séjour, avec un «crochet» à Paris et à Londres et qu’à son retour, à une date non-indiquée, comme d’habitude, le Premier ministre ne désavoue l’un d’eux et que, surfant sur la vague du rejet et du mécontentement  généralisé, il ne prenne lui aussi ses distances d’un rapport impopulaire. Et qu’il déterre le slogan favori de sa campagne électorale de 2005 à l’effet qu’avec lui, ce ne sera plus «bef travay, souval manzé» mais «bef travay, bef manzé».
Le PRB 2012 ne pourra finalement faire oublier sept longues années de gestion calamiteuse de nos villes, où les premiers magistrats interrogés «under warning» par la police se disputent la palme de la décadence et du déshonneur à leurs collègues séquestrés ou autres acheteurs de poubelles et de pots de fleurs de luxe et à ceux qui vont se balader en leur qualité d’experts d’opérette en distribution d’eau dans la cité phocéenne lorsque ce n’est pas une foire d’empoigne pour la première visite annoncée en République populaire de Chine.
Le rapport du PRB a été presque unanimement rejeté et cela va empoisonner l’atmosphère pour un moment encore. En tout cas, dans les trois mois qui viennent. En attendant que les erreurs et omissions soient revues et corrigées. Sans garantie, avec ça, d’un changement définitif du mauvais vent qui souffle sur l’humeur du pays. Reste le fond. Le PRB, c’est devenu une farce quiquennale. Le gouvernement se fait fort chaque cinq ans d’injecter les milliards des contribuables dans l’amélioration des revenus de ses employés. Il ne dit pas que ce qu’il donne d’une main, il le reprend de l’autre sous forme de taxes. Et ce, alors que ce gouvernement, en particulier, n’a pas jusqu’ici honoré une promesse de campagne de 2005 d’éxonérer totalement d’impôts les salariés touchant Rs 25,000.
La copie 2012 a ceci de particulièrement choquant qu’il semble avoir surtout été à l’écoute des mandarins qui ont vu leur enveloppe salariale s’épaissir tandis que les petits salariés n’ont bénéficié que de miettes. C’est frustrant et démotivant pour un service public déjà pas très performant. Et surtout, gaspilleur. On devrait accompagner chaque rapport du PRB de ceux de l’Audit de ces derniers cinq ans. Si c’est trop volumineux, on peut faire un petit relevé des projets routiers dont le coût a explosé en phase de réalisation ou qui n’auront finalement servi à rien. En tous cas, pas à résoudre le problème de la congestion.
Après les hauts fonctionnaires, le rituel veut que ce soit au tour du personnel politique de prendre connaissance du rapport le concernant. Lequel nécessite un amendement au texte portant sur les émoluments et autres allocations des parlementaires. Pour boucler la boucle, il y aura, cerise sur le gâteau, la constitution d’un comité de haut niveau présidé par le secrétaire au cabinet qui vient de bénéficier d’une belle manne du PRB de déterminer, cette fois, les salaires du directeur du PRB et de son personnel. Une espèce de «to grat mo lédo, mo grat to lédo», comme le veut une expression populaire.
A côté de la farce quinquennale, il y a celle qui se décline année après année: le folklore de la compensation salariale. Elle est déterminée de plus en plus tôt, dans la première semaine de septembre lorsqu’on sait que le budget ne sera présenté que le 9 novembre, soit deux bons mois avant, et que le paiement de cette compensation ne sera effectif qu’à la fin de janvier 2013. Il y en a qui ne se souviennent même pas du montant décidé, ces malheureux Rs 345 à toucher dans trois mois après que des augmentations auront déjà tout rogné d’ici là. Un classique du genre. D’où en ces temps de vifs débats sur les opportunités égales, cette sourde révolte des salariés du privé qui ruminent à l’idée que ce sont eux les contribuables qui financeront le PRB des fonctionnaires qui leur font voir de toutes les couleurs lorsque leurs services sont sollicités dans les écoles, les hôpitaux, à la Sécurité sociale, sur les routes, dans la police dont l’image ne cesse de se dégrader. Pour ne citer que quelques services essentiels.
Avec cette frustration généralisée, c’est à se demander s’il ne faut pas engager une réflexion sur la création d’une National Salary Commission, qui regrouperait le PRB, le NRB et autres services ancillaires pour déterminer la politique salariale du pays et dont les attributions seraient d’aligner un tant soit peu les salaires du privé sur ceux du public et qui réduiraient aussi l’écart grandissant entre les petits salaires et ceux qui sont au haut de la hiérarchie. Un pacte social et égalitaire. Rêvons, quoi.


Commentaires

PRB bisin donne chaque Mauricien ene billet avion ek per diem pou 1 mois complet pou visite London.
La bas Mauriciens pou gagne l'occasion admire fracas le Roi Lion ek so cortez.
Ici li declare li serieux labas faudrer guetter tamassa nett.

Je veux ajouter ceci: celui ou celle qui veut comprendre le sens de l'histoire nationale, il/elle doit impérativement lire le livre de M. Sydney Selvon publié cette année sous le titre 'A New Comprehensive History of Mauritius'. Les travaillistes ont totalement faussé l'histoire nationale et ont délibérément privé les jeunes de l'enseignement de l'histoire de leur propre pays. Ils cachent que SSR fut un adversaire farouche du PTr de 1935 à 1946, qu'il avait voulu renvoyer le suffrage universel en 1958 et que ce fut Sookdeo Bissoondoyal qui l'obtint pour Maurice auprès des autorités britanniques, qu'il recruta illégalement comme bribe électoral à la veilles des élections générales plusieurs milliers de travailleurs et fut blâmé pour cela par le juge Rajsoomer Lallah dans un rapport officiel, qu'il fut un bourreau de la démocratie et maintint les dirigeants du MMM en prison politique penant une année, qu'il ne fut pas le seul et unique artisan de l'indépendance, que l'indépendance était néo-coloniale et fut imposée par Londres, qui obtint en plus l'archipel des Chagos avec le consentement de SSR dans le cadre du plus gros scandale, la plus haute trahison jamais commise par un leader politique dans toute l'histoire de Maurice... C'est en lisant la vraie histoire nationale qu'on pourra comprendre où Maurice risque de sombrer si on n'utilise pas son votre pour montrer la porte aux fainéants qui nous gouvernent.

L'ignominie c'est que le Premier ministre est un Premier ministres 'in absentia' et ne fait semblant de gouverner que pendant ses escales à Maurice où le peuple se débat contre la misère et le chômage, aggravés par un coût de la vie qui a augmenté de manière phénoménale ces trois dernières années de son mandat.
Il n'a rien créé pour se rapprocher ne serait-ce qu'au niveau de la cheville des dirigeants du Remake comme SAJ, Paul Bérenger ou Vishnu Lutchmeenaraidoo, ni même de Pravind Jugnauth qui, qu'on le veuille ou non, fut un des principaux artisans du Illovo Deal qui comprenait une compensation généreuse aux travailleurs licenciés de l'industrie sucrière, mais aussi la création de la Cybercité et de la nouvelle ville d'Ebène,génératrices de dizaines de milliers d'emplois.
Le Roi Lion Fainéant a bien essayé de singer SAJ, Lutchmeenaraidoo, Bérenger et Pravind Jugnauth en gaspillant des milliards dans des projets fantômes et suspects: Tianli, Jinfei et Neotown dont il faudrait bien qu'une enquête en règle soit menée un jour. Sans compter Medpoint où ce sont les travaillistes qui sont impliqués alors que les ministres MSM n'y ont, en fait, rien à y voir et que PJ s'était abstenu de participer à la réunion du Cabinet scellant ce deal qui comprenait des ministres travaillistes qui, eux, ont voté au Cabinet en faveur de l'achat de la clinique sans pour cela être le moindrement inquiétés par l'ICAC, cette branche du Parti travailliste qui n'arrête que les opposants au régime.
Le travaillisme mauricien après Curé, Rozemont et autres Sahadeo et Jeetoo n'a été que cela, commençant par un crime contre le pays que fut l'abolition du chemin de fer, qui desservait le pays tout entier, un manque caractéristique de vision qui est à l'origine première de la congestion routière que vous évoquez Mme Lebrasse. Il faut souligner ce manque de vision. Lorsque Duval (le vrai, pas l'ersatz), je veux dire SGD, développa le tourisme et la zone franche, les travaillistes se croisaient les bras, promirent le retour du rail de manière répétitive, mais ce ne fut qu'un grand mensonge.
Encore une fois, je vous félicité pour votre analyse lucide et objective d'une situation sociale et économique qui va en empirant, faisant du pays un véritable baril de poudre prêt à exploser, comme l'a indiqué, d'ailleurs, les violences de Roche Bois. N'importe quoi,on l'a déjà vu dans l'histoire nationale, peut causer une grave déterioration du law and order. N'importe quel iincident de n'importe quel genre, surtout par les temps qui courent avec un PRB dont on sait qu'il n'a fait que suivre une politique gouvernementale qui ne protège que les salaires des nombreux copains nommés aux postes-clé au sommet de l'Etat et des corps paraétatiques au détriment des employés publics qui travaillent sous les gens de cette clique et qui n'ont eu que des miettes.
Je vois déjà une vague Remake déferler sur le pays aux municipales, puis aux élections générales. Plus les élections tardent, comme sous SSR, plus grande sera la vague. Et le Premier ministre In Absentia mordra la poussière à Triolet-Pamplemousses, où le MSM et le MMM continue d'augmenter leur audience et où les bases rouges à Terre Rouge et Arsenal ont perdu des milliers d'adhérents durant ces derniers mois dans le sillage de la campagne nocturne de SAJ.