Les faits divers semblentse développer à un rythme accéléré à Maurice. Ont-ils toujours existé à ce niveau, faisant partie des sujets dont on ne parlait pas, ou sont-ils en augmentation? Il y a des deux possibilités dans la réponse, avec cet élément nouveau: le Mauricien est gros amateur de ce genre de marchandise et en redemande. Ce qui pousse les titres de presse et les radios à en avoir faitun de leurs sujets les plus vendeurs. Il n'est pas impossible qu'en ces temps où un passage à la télévision, sur une radio ou dans la presse –de manière négative ou positive – est devenu un signe de reconnaissance sociale, certains prennent les devants quand ils en sont les témoins. D'où cette multiplication de "témoignages" plus ou moins spontanés qui permet au témoin de devenir, ne serait-ce que pour quelques secondes, un acteur. Pour satisfaire ce besoin d'être vu et reconnu par les autres, certains n'hésitent pas à faire de la mise en scène de morceaux de leur vie pour ces quelques secondes d'exposition. Nous sommes de plain-pied dans la société du spectacle où tout le monde se met à nu, parfois autant au figuré qu'au propre, comme le démontre un simple survol du contenu des réseaux sociaux sur internet.
Mais parfois, certains faits divers soulignent d'autres caractéristiques sociales de notre époque dont le lien entre la crédulité et la foi. Exemple étonnant puisé dans la presse de la semaine dernière: une retraitée se fait voler la moitié de son lump sum par un homme qui prétend être en contact direct avec Dieu. Ce qui, au premier abord, semble n'être qu'un de ces faits divers dont rengorgent certains titres de presse et certaines radios – pour la plus grande joie de leurs lecteurs et auditeurs –, prend une autre dimension quand on découvre le montant de la somme détournée: un demi million de roupies. Ce n'est pas lelump sum d'une simple fonctionnaire. Effectivement, il s'agit d'une responsabled'administration dans un ministère siégeant sur plusieurs comités, dont celui de la Public Service Commission. Pour les rares lecteurs qui l'ignoreraient, la PSCc'est la commission qui procède aux recrutements des fonctionnaires, décide de leurs promotions et s'assure que le République"has a professional and efficient civil service geared towards excellence." Comment réconcilier cette mission de la PSC et le fait qu'une de ses responsables ait été capable de donner une partie de sonlump sum à un homme qui prétendait parler à Dieu? Et qu'elle doive maintenant avoir recours à la justice pour essayer de se faire rembourser? Comment un haut fonctionnaire qui a la responsabilité de juger de la compétence et de l'efficience des futurs fonctionnaires peut faire une telle erreur de jugement.? Il arrive que, parfois, les faits divers révèlentune image inquiétante de la société mauricienne…
Commentaires
"...donner une partie de sonlump sum à un homme qui prétendait parler à Dieu?" Bien mieux que ca (si l'information donnee par un journal est correcte): il a ete filme a;ors qu'il pretendait ETRE Dieu ! Au fil des annees, combien de pigeons comme ca a-t-il plumes ? Apparemment, il y a meme des personnalites "tres haut places" qui ne prennent aucune decision importante sans consulter leur astrologue (ek tou saki li ape resi trouve la, ran en servis ou dimane li si li napa pe trouve kot mo saret !) !
God loves stupid people, la cause samem ena autant..
LOL!