Share |

FEMMES : Amour à mort ?

Peut-on marquer le 8 mars, Journée internationale de la Femme, de manière autrement plus funeste que par le meurtre de la jeune Janika (Karishma) Ramchurn ? Jeune fille de 18 ans, avec toute la vie devant elle, modeste employée dans le commercial, et tuée par son petit ami, Kunal Prayagsing, âgé d'à peine un an de plus qu'elle. Dans un accès de colère, de jalousie. De passion. Peu importe désormais pour les parents de la jeune femme et ses proches, puisque rien ne pourra la faire revenir d'entre les morts ! Et le cas de Janika Ramchurn n'est ni isolé, ni unique. Hélas !
Début février dernier, Nidhi Pattar, 15 ans, était tuée par balles par Roopesh Boolaky, un homme de 27 ans, celui qui disait l'aimer et qui, une fois son crime commis, retourna l'arme contre lui…
Un fait indéniable ces temps-ci : des femmes, de plus en plus jeunes, tombent sous les coups de leurs tortionnaires. Ceux-ci sont, la plupart du temps, leur fiancé, petit ami, amant, époux, concubin… Mais le pire, c'est que les coups portés, eux aussi, sont de plus en plus meurtriers. En effet, il semblerait que l'on ne tape plus uniquement pour faire mal. Mais délibérément pour… tuer !
Les gifles, les coups de poings, les bleus au visage et au corps, les ecchymoses trahissant des violences physiques causées pour blesser physiquement et moralement la femme ne semblent plus suffisants. À décortiquer les colonnes des faits divers chaque jour, l'on note que les agresseurs sont de plus en plus enclins à ôter la vie de leurs victimes. Et c'est cela le plus inquiétant. Le plus grave.
Qu'importent les armes et les moyens utilisés, la finalité de l'acte ne peut qu'être la mort, paraît-il. Les violences conjugales, en milieu familial, de même que les violences au sein des couples, qu'il s'agisse de fiancés ou pas, semblent de plus en plus fréquents. L'on ne peut cependant chiffrer ces drames humains, pour des raisons que l'on peut deviner. Il n'y a en effet que dans les cas où la victime est assez forte pour aller porter plainte contre son agresseur, ou, hélas!, dans les cas où il y a eu mort de femme, en l'occurrence, que ces crimes violents sont répercutés et répertoriés.
Et la liste s'allonge ainsi avec les cas de ces familles qui préfèrent ne pas dénoncer aux autorités, par peur du qu'en dira-t-on. Pour ne pas avoir de comptes à rendre à la famille ou à la société. Mais aussi de ces femmes, trop résignées et éreintées, très probablement, par leur condition quotidienne d'être soumises aux coups répétés, et qui préfèrent se taire à tout jamais. Autant de victimes quotidiennes, de femmes, de Mauriciennes, qui sont enfermées, embrigadées, emprisonnées dans un cercle de violences et de silence.
Chaque jour, estiment les Ong œuvrant dans la lutte contre les violences envers les femmes, une Mauricienne, au minimum, est victime de violences. Verbales, psychologiques, physiques. Une Mauricienne, chaque jour, tombe sous les coups, désormais le plus souvent, mortels, donc, d'un être qui dit l'aimer !
Mais de quel amour parle-t-on donc ici ? Au nom de quel amour peut-on en arriver à tuer ? Est-ce ainsi que l'on prouve son amour ? Est-ce en assénant des coups de couteaux ou d'autres armes, en se servant de ses mains pour étrangler ou gifler, infliger des coups de poings au visage et au corps, que l'on sent ou que l'on exprime cet « amour » pour l'autre ? Tuer par amour semble presque être devenu un leitmotiv bien aisé pour excuser un acte irréparable. Mais il convient, en ce sens, de comprendre le fonctionnement d'une génération, donc des jeunes Mauriciens actuels. Notre propos ici n'est ni de faire la leçon ni de pointer du doigt. Mais le fait est qu'à la source du problème et des violences qui régentent notre société, nos cellules familiales, ce soit le manque d'amour qui serait à l'origine. Sinon, comment expliquer que ceux qui s'aiment pensent, souvent en toute naïveté, que l'autre est « leur », comme si cette personne leur appartenait ? Et que quand cette personne cherche ailleurs, quelqu'en soit la raison, leur univers chavire. Et c'est ce qui les pousserait à des actes extrêmes et violents.
La notion de possession, en ce sens, pourrait prendre racine dans le fait que, très jeunes déjà, les Mauriciens n'éprouvent pas suffisamment d'affection et d'amour dans leur cocon familial. Les parents ne sont pas à blâmer non plus, puisque victimes, le plus souvent, du rythme stressant du quotidien et coincés par le besoin d'assurer une vie décente à leurs enfants. Ces jeunes grandissent peut-être alors avec un certain vide affectif. Et quand ils rencontrent l'amour, c'est souvent une finalité… Ils n'arrivent pas à envisager d'autres relations. Et encore moins d'accepter que l'autre puisse vivre heureuse et connaître le bonheur dans les bras d'un autre…
On entend rarement des cas où des hommes sont victimes de la jalousie des femmes au point de les tuer. Pourtant, l'on sait que les relations extraconjugales et autres concubinages sont légion. Les femmes sont les victimes désignées dans les relations amour à mort. Tristement, hélas !
Quelles solutions envers ces actes barbares ? Sinon l'éducation. Et l'amour. Le vrai. Pas celui qui tue.


Commentaires

mo penser ki banne fams aussi bizin conne manege zotte guelle. l'agression verbale est aussi ou bien pire ke l'agression d'une autre fasson
merci

comme je me retrouve dans votre article,helas mais heureusement j'ai pu m'en sortir a temps.
c'est vrai que c'est pas facile de denoncer son boureau,il faut beaucoup de courage et de determination
pour dire ca suffit et bien sur etre financierement independante,merci d'en parler et peut etre de convaincre
certaines d'entre nous qu'il est temps de dire assez