Vie privée, vie publique. Vieux débat mais vrais enjeux de notre temps. L'affaire Nandanee Soornack est devant les juges et jusqu'à ce qu'elle soit définitivement tranchée, personne ne peut évoquer la vie privée de cette dame. Sa vie privée n'intéresse personne, n'intéressait personne jusqu'à ce que celle qui est présentée comme une activiste et une travailleuse sociale a, un certain 10 décembre, opté de se projeter en pleine lumière. Ce n'est quand même pas la presse qui a inventé les sérieux incidents du collège Dr Maurice Curé.
Au cas où des amnésiques de circonstance l'auraient oublié, ce n'était pas de simples incidents entre activistes des deux bords comme on peut en témoigner à chaque scrutin. Il y a une femme qui a surgi de nulle part, qui s'est comportée comme la maîtresse des lieux et qui, sous prétexte que Yogida Sawmynaden l'a prise en photos, est montée sur ses grands chevaux. C'est elle qui a causé une bronca dans l'enceinte de l'école au point où la presse, étonnée d'une telle manifestation d'autorité, l'a mitraillée et s'est spontanément intéressée à toute cette affaire.
On a, dans ce métier, rarement vu, une agente politique, fût-elle très spéciale, procéder de la sorte, saisir le téléphone d'un activiste adverse, réclamer de la police et des autorités électorales sur place des actions immédiates et même lancer : "Ou koné ki senla moi ? Mo kapav donne ou enn klak." Sans compter les menaces du genre : "Mo pou fini zot enn par enn." C'est normal que l'on cherche à situer ce qu'est cette personne, d'où elle vient et ce qui lui confère un tel pouvoir, dont celui de donner des ordres à la police et aux autorités électorales.
C'est en cherchant "ki sen la li" que le pays est tombé sur une histoire peu ordinaire, celui du décollage fulgurant d'une salariée devenue femme d'affaires qui a aujourd'hui pignon sur rue et sur tarmac notamment. Sa vie privée, on s'en fout. Tant qu'elle peut prouver qu'elle ne s'y est pas appuyée pour faire ouvrir des portes résolument fermées à d'autres moins bien connectées. A Maurice, la presse nationale ne fait pas le dixième de ce que ses confrères à l'étranger font. Comme les reportages avec caméras cachées, le pistage des célébrités au point de fixer sur pellicule la poitrine dénudée de la duchesse de Cambridge.
Mais il y a des affaires personnelles qui ont débordé sur des excès qui ont toujours été d'un intérêt public. Lorsque Mme Dati entreprend une action contre le père de son enfant, la presse s'en empare sans que la principale intéressée ne s'en offusque. La ministre de la Culture est venue passer ses vacances de fin d'année à Maurice. On sait même que c'est son compagnon qui a assuré les frais de ce déplacement. Ce voyage a pourtant fait polémique dans la mesure où le président Hollande avait demandé à ses ministres de ne pas trop s'éloigner de leurs bureaux.
Vie privée, vie publique. Les juxtaposer permet souvent de mesurer le degré d'hypocrisie des hommes publics. En sus de prêcher les valeurs morales et de se faire filmer en pleins rites religieux, certains profitent de toutes les occasions pour citer leur épouse : "Mo madame dir mwa si, mo madam dir moi sa", sans craindre de s'exposer au ridicule lorsque tout le monde sait que ce n'est que de la poudre jetée aux yeux du public pour se faire passer pour des conjoints modèles.
L'hypocrisie n'est, hélas, pas le seul fait d'hommes publics. Elle fleurit ailleurs aussi. Il en est ainsi de ceux qui trouvent plus newsworthy de mettre en vedette des repris de justice, de glorifier des petites frappes ou de se soucier des projets de noces des chefs de nos groupuscules politiques mais qui ne considèrent toutefois pas urgent de s'intéresser à quelqu'un qui a fait des tracasseries à un adversaire, transférer trois agents et retenir l'attention du Parlement. Ce sont les postures qui probablement conduisent un jour à un poste au Prime Minister's Office ou une petite inclusion dans une délégation officielle.
Si ce n'était que ça ! On a pu entendre sur une radio un homme de loi qui a tenté de justifier les tracasseries qu'a subi Yogida Sawmynaden en expliquant qu'il aurait pu prendre une photo de groupe mais pas un cliché individuel d'un agent officiel sans savoir que, le lendemain même de ses propos ridicules, le Directeur des Poursuites Publiques allait mettre l'activiste du MSM hors de cause. Il a été ainsi désavoué tout comme l'ont été Madame Soornack et le Premier ministre lui-même dont les réponses et le comportement à l'Assemblée nationale le 18 décembre resteront des moments d'anthologie. Si ce n'est le gag de l'année 2012 !
C'est sur la même radio qu'on a entendu une nouvelle experte autoproclamée des médias qui, dans le cadre apparemment de son "watch", a poussé le bouchon jusqu'à cautionner la position et les menaces proférées par un groupuscule de voyous sectaires à l'encontre de la presse en arguant que les torts sont en quelque sorte partagés. Non, franchement. Belle perle aussi mais sur d'autres ondes cette fois, celle de cet ardent défenseur de la prose très particulière du juge Domah au point où certains se sont demandés si celui qui était sur le plateau, hier matin, était le porte-parole du Juge. Mais on le savait déjà, l'institution qu'est la presse n'est plus ce qu'elle était jadis un peu comme l'a écrit l'ancien juge Ahnee, vendredi, à l'effet que le judiciaire n'est plus ce qu'il était après l'absence de réaction au jugement du Privy Council dans l'affaire Lesage.
Que les femmes réussissent, par leurs propres efforts et leur imagination, qu'elles mènent leur vie comme elles l'entendent, soit, mais lorsque, du jour au lendemain, on change de train de vie, que l'on s'enrichit de manière aussi spectaculaire en si peu de temps, cela réclame au moins une enquête. Comme l'a si courageusement demandé Jayen Chellum. Qui aura le courage de regarder de plus près dans les affaires des amis du prince ? Où sont les institutions censées s'y atteler ? Le registre des abonnés absents s'épaissit dangereusement…
Commentaires
First Lady in Red
History abounds with stories of rags to riches, including that of university drop-out, one Bill Gates. But, the case of The Mermaid is material for a case study for Harvard Business School. How does one who was not even able to reach SC achieve so much in so llittle time? So much political clout, so much wealth, so much power? How can I, who have a little bit more education, and others, comparatively less educated like her, emulate her remarkable success. I posed the question to a friend with an analytical mind and he gave me a simple answer: what she is able to trade with that 'high profile politician', I cannot offer, not least because of my gender...
bein c'est simple... elle a boC.. contrairement a certain.
pourquoi, les gens qui on que SC ne peu pa reussir, si par faute moyen ils peuvent pas continuer, alors, when she did only Sc, that doesn't mean life stops and that she can't go ahead in life.. do ask your friend with analytical mind if her life stops when she did only SC.
@Sonois 9 ....thé simple answer is that SHE has a powerful tool, which your gender does not allow you.....
...bouche bée.
It all boils down to a case of ....Puwar monte Dan la tête.....
More than once we have seen the results.....but some are die hard.