Gueuler pour ne rien dire

Le vrai Navin Ramgoolam est de retour depuis dimanche. Comme d’habitude, la colère a fait éclater son image de rassembleur et les insultes et menaces remplacent les grandes envolées lyriques sur la démocratie et le mauricianisme.
Mais, prudent, le Premier ministre réserve ses insultes pour le public local et joue au grand démocrate dans les cérémonies avec un public étranger. Depuis dimanche dernier, il tire à boulets rouges sur «une certaine section de la presse», celle qui refuse d’être aux ordres, d’écrire ce qu’il souhaite lire, de faire passer des communiqués pour des informations, et fait son métier : informer ses lecteurs.
La raison de la colère premier- ministérielle: le fait que cette presse a osé commenter les retraits de deux procès que Mme Nandanee Soornack avait intentés à deux organes de presse. Comme ce fut le cas en 2013, lors de l’éclatement de l’affaire Soornack, Navin Ramgoolam prend fait et cause pour Mme Soornack et donne l’impression de défendre cette femme d’affaires avec force. Parce que cette presse-là a osé commenter cette affaire, Navin Ramgoolam a promis de «finir les journalistes un par un» dimanche dernier. Mercredi, il a renchéri en déclarant que « ceux qui cherchent la gratelle l’auront ». Vous ne trouvez pas que le « mo pou fini zotte » de Navin Ramgoolam et le « mo pou montré zotte ki mo été » de Nandanee Soornack ont un air de famille ? De toutes les manières, qui se ressemble s’assemble. J’espère que ces insultes et menaces ont été tra-duites, remises dans leur contexte et rapportées au journaliste français Edwyn Plenel venu animer une table ronde sur la liberté de la presse dans le cadre du Salon du Livre. J’espère qu’on a aussi dit au patron de Mediapart qu’il a été invité pour parler de liberté de la presse par une cellule dépendant directement du même Navin Ramgoolam qui promet qu’il va finir les journalistes « un par un ». Des journalistes qu’il a également traités de « gueulards ».
En parlant des invités du Salon du Livre, comment faire l’impasse de l’omniprésente Ségolène Royal. Elle est si souvent présente à Maurice qu’on devrait lui donner une carte de fidélité. Ça fait trois fois de suite en deux ans que la candidate battue aux présidentielles de 2007 et aux législatives de 2012 vient se promener à Maurice aux frais des contribuables mauriciens. L’année dernière, elle était l’invitée d’honneur de la Journée de la Femme; cette année, elle est celle du Salon du Livre. Pour faire un discours de quelques minutes, elle a eu droit à un billet d’avion aller-retour Pa-ris/Maurice en première classe, un séjour dans un hôtel cinq étoiles tous frais payés et une voiture avec chauffeur pour ses déplacements. On dirait que la brave Ségolène fait partie des invités ad hoc de Navin Ramgoolam et, en tout cas, se comporte comme telle : elle met une veste rouge, de la couleur du parti politique de son hôte et fait un discours pour le flatter. En fait, elle vient donner un spectacle par intermittence à chacun de ses passages à Maurice. A ce titre, elle devrait donc —  à défaut d’avoir la place qu’elle quémande dans le gouvernement socialiste français —  se retrouver sur la liste des intermittents du spectacle français. En attendant, les paris sont ouverts quant à la prochaine fonction dont elle sera l’invitée d’honneur, à Maurice. Le carnaval de Flic-en-Flac ?
Mais revenons à la dernière crise de Ramgoolam contre une certaine section de la presse. En 2003, quand il était dans l’opposition, il avait déclaré : « Kan mo pou retourne dans pouvoir zot pou konné ki appel pouvoir politique : zéro tolérance. » Il avait récidivé en janvier de l’année dernière lors de l’affaire Soornack. Qu’il me soit permis de reprendre en l’adaptant ce que j’écrivais ici même en 2003 pour répondre aux insultes et aux menaces de Navin  Ramgoolam : « Qu’il sache que le “zéro tolérance” et les autres “zotte pou konné” promis ne font trembler personne. La presse mauricienne a l’habitude du pouvoir politique des Ramgoolam. N’est-ce pas le père de Navin Ramgoolam qui avait institué l’état d’urgence et la censure de la presse au début des années 70 ? Zéro tolérance ? Nou habitué ! »
Et contrairement à d’autres, nous n’avons pas l’habitude de gueuler pour ne rien dire.


Commentaires

mais non voyons c'est vous qui rabachez ! Votre anti-ramgoolamisme est notoire et commence a faire vieux !

T'as raison et en plus de Ça il a le culot d'accuser Ramgoolam de s'emporter contre une certaine section de la presse. est ce que c'est ça le journalisme

I can't believe that there are still people trusting Ramgoolam as the "rassembleur" and the press as anti ramgoolam! Pathetic! Just watch the news on BBC UK and you will see how the actual government in the UK is having the stick for its wrong doing. Just watch Question Time every Thursday night on BBC TV where MPs (Member of Parliament) and Ministers are squeezed by questions coming from BBC. The same BBC is finance as same as our famous MBC by tax payers. None of the MPs or Ministers will rebel against journalist as there are RESPECT for democracy. Open your eyes and your mind man! We are living in 2014. Ramgoolam is a dictator in disguised and the same guy pretending to be a 'democrat' and having living in the UK for so many years. People have the right to follow blindly ramgoolam (probably for some personal gain) but don't come and say that the press in 'anti-ramgoolam' just because they are reporting facts and of different opinion. Because of such people, unfortunately Mauritius is getting going backward in terms of attitude, mentality and having an effect on the progression of the society at large. Ramgoolam is the worst 'communalist' ever and the followers are just hopeless. Feel sorry for them but Mauritius is sinking deep, time to wake up man!

Excellent.
Big up!

C ene grand comuk sa Navin la. Apres Soornack aster Segolene.
Entretenir fam avec nou cash.

The French electorate was right when they ditched Segolene in favour of Sarkozy as president of France. To see how cheap she is, one wonders what she would have done as president. She has sold out her soul to Labour in exchange for being lodged, wined and dined freely. Mille fois Sarkozy!