The guy must go

Un point d’interrogation d’abord. Pourquoi un mois après la célébration de l’Eid Ul Fitr, le 26 juin, on en est encore à festoyer pratiquement tous les jours ? Il y a déjà les célébrations dites nationales, des dîners généraux comme au SVICC samedi dernier, puis des agapes régionales comme la demi-douzaine organisées dans la circonscription du Premier ministre et celles qui ont accueilli Showkutally Soodhun à Flacq le mardi 18 juillet et le vendredi suivant à Vacoas. Pour ne citer que celles-là, mais il y en a eu beaucoup d’autres.
C’est quoi? C’est devenu une compétition ? Quel est le message envoyé ? C’est que pour célébrer cette belle fête, il faut absolument avoir un notable à sa table ? Lorsqu’on sait que ces festivités ne sont pas données, compte tenu du grand nombre de convives, on est en droit de se demander s’il n’aurait pas été plus judicieux de consacrer cet argent à ceux qui dorment dans les voitures, à des grands-mères qui ont récupéré des enfants abandonnés ou orphelins, à des nécessiteux.
C’est à un dîner, mardi, que Showkutally Soodhun a proféré sa menace de mort à l’encontre du leader de l’opposition, un poste autrement plus constitutionnel que son titre de vice-Premier ministre de pacotille. Si son garde du corps lui avait refilé son pistolet, il aurait descendu Xavier Duval au Parlement le jour même où il a posé sa PNQ sur la guerre des communiqués sur le conflit entre l’Arabie Saoudite et le Qatar. Et il ajoute « mo touye li. Après samem ki appel Djihad. Mo ti pou fer li. »
Aujourd’hui, aller faire le « djihad » c’est compris comme voulant dire aller s’enrôler dans des filières terroristes pour pouvoir procéder à des attentats contre ceux qui sont considérés comme des « mécréants ». C’est en tout cas la définition que les Européens donnent à ce mot. Si on n’a pas toujours été d’accord avec Yousouf Mohamed, on lui doit quand même l’explication étymologique exacte du terme tel qu’il l’a expliqué dans un entretien à notre confrère l’express en précisant que faire le « djihad », c’est avoir cette force pour se contrôler et avoir une maîtrise de ses émotions. Comme, pour le citer, voir une jolie femme et faire l’effort de ne pas être traversé par des pensées et des envies. À chacun son djihad ! Mais celui du ministre de la République est mortifère, quand bien même ses amis veulent tout faire pour le banaliser.
Le dérapage de Showkutally Soodhun, ce n’est pas ce qu’on appelle un slip of the tongue dont il est un grand habitué. C’est un propos réfléchi, construit, qui trahit une volonté évidente manifeste d’en découdre. Et c’est d’une extrême gravité. Parce que, juste avant, il y avait eu les affiches suggérant que le PMSD ne voulait pas de l’Arabie Saoudite. Quel est le motif du courroux de Showkutally Soodhun ? Les critiques formulées à son égard par rapport à son attitude obséquieuse et indécente vis-à-vis de l’Arabie Saoudite. Il est « blessé » lorsqu’on parle de son pays de cœur. On voit ces jours-ci, dans certaines démocraties comme les États-Unis, ce qu’il en coûte d’être un peu trop à la solde d’une puissance étrangère, fût-elle la Russie.
Mais lorsqu’on a dit tout cela, ne c’est pas seulement le bouffon national qui doit partir, mais le Premier ministre lui-même. Yes, the guy must go ! C’est tout. Après avoir considéré comme parfaitement normal qu’un ministre sèche un Conseil des ministres pour cause d’indisposition mais qui se rétablit juste après pour aller à une réunion où il était suffisamment retapé pour prendre la parole, il a pris 72 heures pour déclarer qu’il trouve les propos de son ministre regrettables. Non, mais…
Lui qui invitait la police à sévir contre les soulards qui avaient prétendument investi le poste de Flic-en-Flac et qui a éventuellement reçu sa claque du DPP, il ne peut pas sanctionner quelqu’un qui a proféré des menaces de mort, alors qu’en tant que ministre de l’Intérieur, responsable de la police, il doit parfaitement savoir que, pour un simple vol de letchis, on peut le même jour se voir condamner à six mois de prison et que, pour une mauvaise et dangereuse plaisanterie, un adolescent de 15 ans peut, pendant trois jours, être ballotté entre poste de police et tribunaux avant de recouvrer la liberté. Il connaît beaucoup de citoyens mauriciens qui ont proféré des menaces de mort qui peuvent quitter le pays en toute impunité quand, pour des faits de moindre importance, certains voient leurs passeports confisqués.
De qui se moque-t-il ce Premier ministre ? Enfin, ce Premier ministre, c’est beaucoup dire lorsqu’on sait la légitimité de son accession. Il ne peut rien contre Showkutally Soodhun, il accepte que chacun de ses ministres émette son propre petit communiqué sur un sujet diplomatique sensible alors que c’est la réputation nationale qui est en jeu, il est content qu’un de ses ministres se transforme en agent patenté d’une puissance étrangère et qu’il en devienne carrément le porte-parole et le lobbyiste. Normal, rien à dire, rien à faire.
Ce Premier ministre-là est aussi complètement impuissant face à Raouf Gulbul et Sanjeev Teeluckdharry, il envoie Roubina Jadoo-Jaunbaccus fièrement représenter le MSM, comme hier devant la presse, il s’accommode de conseillers accusés de corruption. Lorsqu’on est en situation d’incapacité chronique d’agir, lorsqu’on affiche un tel manque de leadership, lorsqu’on sait que plus personne ne vous craint et, pire, ne vous respecte, il n’y a qu’une seule voie honorable possible. Celle de se démettre.
On peut parfois entrer dans l’histoire pour un seul et unique acte courageux. Mais c’est visiblement trop demander à quelqu’un qui doit, avant tout, sa place à son patronyme. La manière dont Pravind Jugnauth est devenu Premier ministre est probablement à la base du malaise qui a gagné la société et du délitement accéléré que connaît le pays. Et la triste série n’est probablement pas près de se terminer.


Commentaires

Sous-d'Ane li kontan grandeur, et so grandeur ki fer li coze tout n'importe. Apres Eid ine fini depi le 26 juin, ki Eid zot pe celebree enkor? Ena pou celebree pendant 3 jours, fine arrive preske 1 mois. Sa ban ki pe clebree Eid et pe invite Sous-d'Ane la. Sa banla oussi pe rode zot boute, L'epok le Prophete s.a.w. zamais fine celebree Eid apres 1 mois. Astere ou ena ban pli grand connaisseur ki le prophete s.a.w. Pe fer Eid vine fetes nationale. Zordi jour ou nepli cone ou religion sitant fine inventer, fine ajouter, ziste pou gagne role are ministre, et ministre vine coze CAKES. Le jour du jugement pe approcher prepare zot, pou repone divant zot createur. Mo guetter si Sous-d'Ane pou ek so gardekor ek so revolver. Bizin arretre are sa fetes Eid tous les semaines, tous les mois ziste pou gagne roles. Pou aide dimounes zot pas pou aider, pou depenses l'argent inutilement sa zot premier. pas gagne tracas, sa oussi zot pou bizin render compte. Sous-d'Ane li dans bien et li mange par millions li. lorla zot pe depense arli meme. ou conner combine depensee pou so deplacement? Arrette soutir sa ban fatras la, ziste pou gagne ene boute are Ministre.

Merci josie

kitfois dimoune ine blier sa missier la li pa meme gagne droit rente dans l arabie saoudite. sa meme soudane dans ene campagne electoral ( apres zaffair aljaddi) ti dire..tou dimoune faire erreur. prophete mem tine deza fair erreur. mo pa conner si kikaine capave rapelle sa..or si saoudiens conne sa li vine personna non grata laba.. malheur a sa bane musalmane ki tine vote sa bouge la. mo ena connaissance li tine dire sa dans ene reunion nocturne ou meeting public.

You could not put it better,Josie Lebrasse.

You are absolutely right,this guy must go.