Incohérences…

Dans sa réponse parlementaire il y a une semaine, Stephan Toussaint, ministre de la Jeunesse et des Sports, a déclaré que Maurice pouvait viser l’or en basket-ball. Méconnaissance du dossier ou juste une incohérence ? La question se pose. En suivant la logique du ministre, Maurice possède à coup sûr tous les atouts pour viser le métal précieux dans une discipline où nous ne sommes même pas en mesure d’instaurer des écoles de formation.
Pourtant, cette incohérence n’est autre que le reflet de la légèreté avec laquelle ce dossier est traité. Des exemples en veux-tu, en voilà. Non-renouvellement du contrat du DTN français Jean-Paul Rebatet, alors que ce dernier n’était en place que depuis un an. Ce qu’on lui reprochait ? En mille : les mauvaises performances des sélections mauriciennes (U16 masculin et U25 féminin) aux Championnats d’Afrique des moins de 16 ans et aux Jeux de la Francophonie.
Mais ce que le ministre (ou ses officiers) ne sait pas — ou feint de ne pas savoir —, c’est que les résultats, positifs bien entendu, ne s’engrangent pas en un an. Au contraire, ils sont le fruit d’un travail de détection et de formation appuyé, au terme de vraies et profondes réformes. Ils ne dépendent pas, Monsieur le ministre, messieurs les officiers, de la venue d’un DTN présenté comme le messie.
En outre, un de nos confrères titrait, jeudi matin, « Nos "pauvres" basketteurs ». À raison, d’ailleurs. Comment le MJS peut-il se permettre de refuser une quelconque allocation aux jeunes basketteurs, qui iront par ailleurs se mesurer aux meilleurs continentaux, mais accepte toujours de financer un championnat de football — à coup de millions — qui, jusqu’ici, peine à produire des résultats probants, nonobstant bien entendu la performance des U17 à la COSAFA Cup cette année ? La question se pose, évidemment.
Poussons la réflexion plus loin. Ces jeunes qui iront aux Young Lions en décembre ne méritent-ils pas une chance, aussi infime soit-elle, de s’exprimer sur la scène continentale ? Avouons qu’il y a là matière à réflexion.
Au Mali, pays qui règne sans partage sur le basket-ball féminin en Afrique, les basketteuses sont autrement considérées. Idem pour les jeunes qui ont remporté, en juillet dernier, la FIBA U16 Africa à Maurice. À titre d’information, chaque joueur a reçu une récompense à la hauteur de l’événement et ils ont ous été accueillis comme des héros. Les Mauriciens, eux, doivent encore et toujours dépendre d’un moyen de transport aléatoire pour venir s’entraîner dans un pays de quelques centaines de kilomètres carrés.
Attention, nous ne cautionnons pas les lourdes défaites ! Comme celle subie en 1993, aux JIOI aux Seychelles, alors que les défenseures malgaches ont volontairement passé le ballon à Lubina Chundunsing. Sans quoi, le match se serait soldé par un 80-0. Ou encore celles de juillet dernier. Le meilleur résultat du basket-ball n’a toujours été que des médailles de bronze, tant en masculin qu’en féminin, la plus récente étant en 2011 aux Seychelles.
Mais pour que le basket-ball progresse — si c’est vraiment le vœu du MJS — il faut au moins lui en donner les moyens. Ce n’est que quand tout aura été mis en œuvre, quand les basketteurs ne seront plus tributaires d’un système de transport aléatoire, quand ils seront assurés d’un suivi correct et rigoureux, que Maurice pourra viser l’or en basket-ball. Au cas contraire, il ne s’agit encore que d’une énième incohérence…