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La question de la création et de l’existence des fédérations à caractère douteux fait à nouveau l’actualité. Etonnement, à l’approche de chaque élection du Comité olympique mauricien (COM) ! 2020 ne fait donc pas exception à la règle et ce n’est certainement pas les membres composant le groupe de réflexion pour l’assainissement du sport et plus particulièrement, Jean-Michel Giraud, ancien président de la Mauritius Tennis Federation, qui nous diront le contraire.
Certaines fédérations, peu importe ce qu’en disent certains, font un tort immense à l’organisation du sport à Maurice. Ils nuisent au bon fonctionnement de tout un système favorisant, dans une large mesure, des excès en tous genres et allant même jusqu’à fausser l’issue d’une élection. Quant à la pratique du sport, la vraie, elle devient désormais secondaire. Malheureusement au profit de l’irréel, défendu qui plus est, par des mercenaires pour qui, seuls les intérêts personnels comptent.
L’Opposition parlementaire n’est pas restée insensible face à cette situation des plus inquiétantes. Une question de Franco Quirin, était même à l’agenda, il y a deux semaines, dans le but de questionner justement le ministre des Sports, Stephan Toussaint, sur l’existence de certaines de ces fédérations. Sauf que la question n’a pu être posée. On pensait alors que l’Opposition allait revenir à la charge, mais tel n’a pas été le cas ! Au lieu de revenir avec une action concertée et précise surtout, la semaine dernière, l’opposition n’a trouvé mieux que de tirer à côté ! Et ça, c’est vraiment dommage.
Dommage aussi, la posture adoptée par Stephan Toussaint où plutôt sa léthargie à réagir sur un dossier d’intérêt national et qui mérite des actions immédiates ! Malheureusement, il est demeuré très silencieux, voire trop même. C’est à se demander s’il ne se sent pas interpellé par la façon dont l’organisation du sport à Maurice est en train d’être pervertie.
N’est-il pas du devoir du ministre de se faire entendre en donnant, par exemple, une réponse en écrit — si le temps ne lui permet pas de donner une réponse orale à l’Assemblée — pour mieux éclaircir la population sur ce grave problème ? Aussi, ne trouve-t-il pas important de faire un statement à l’Assemblée nationale pour montrer son intérêt, voire sa détermination, à contrer ce dangereux virus ? Malheureusement, Stephan Toussaint n’y a pas pensé ! Et encore moins  tenir une conférence de presse pour faire part de sa position.
Sans doute se cachera-t-il encore derrière l’autonomie des fédérations. Sauf que le temps presse et qu’il gagnerait à assumer ses responsabilités. Un peu comme l’a récemment fait son leader et Premier ministre, Pravind Jugnauth. Ce dernier avait rappelé à l’Association mauricienne de Volley-Ball, à juste titre d’ailleurs, que personne n’est au-dessus de la loi, alors qu’une décision avait été prise pour rétablir Kaysee Teeroovengadum en tant que secrétaire général, alors que ce dernier est sous le coup de poursuites !
Qu’attend donc Stephan Toussant pour réagir ? à ce jour d’ailleurs, il n’a pas été en mesure de venir expliquer à la population pourquoi une somme de Rs 100 000 était “earmarked” à l’aviron dans les fonds destinés au sport de haut niveau. Cela, trois semaines après que Week-End en a fait état ! Sans oublier que cette fédération n’a aucun background, donc pas de calendrier et encore moins de résultats ! Au même titre que les fédérations de canoë kayak, de pentathlon moderne ou de hockey entre autres.
Dans ces conditions, le silence du ministre des Sports devient forcément inquiétant. Son absence de réaction laisse même perplexe face à l’anarchie qui s’est installée et qui, malheureusement, a pris racine au fil des années.
Il n’empêche que le changement est possible et il doit impérativement venir d’en haut. L’Etat, à travers le ministère des Sports, a le devoir de mettre de l’ordre dans tout ce capharnaüm. à commencer par amender la Sports Act 2016 et la rendre beaucoup plus rigoureuse notamment en décourageant l’émergence des clubs et fédérations à caractère douteux. Et ça, Stephan Toussaint a parfaitement le droit de le faire.
Il est d’ailleurs de son devoir, en tant que garant du bon fonctionnement du sport mauricien, de demander, entre autres, qu’il soit dorénavant obligatoire, à toute nouvelle fédération, d’avoir la reconnaissance du ministère des Sports d’abord avant de se faire ensuite enregistrer auprès du Registrar of Associations. Contrairement à ces dernières années, où cette reconnaissance, ô combien importante, n’était plus requise !
Ce qui est cependant dommage de constater, c’est que cette situation dure depuis l’époque de l’ancien ministre des Sports, Devanand Ritoo. Yogida Sawmynaden a pourtant eu l’opportunité de rectifier le tir avec la Sport Acts 2016, mais ne l’a pas fait. à Stephan Toussaint de savoir saisir sa chance et de profiter de la nouvelle loi cadre pour assainir la situation et ce, au nom de la bonne gouvernance.

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