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Indifférences institutionnelles

L'équipe des Enfants de Troumaron n'a pas pu accéder au matériel de tournage de la MFDC parce que — lui a-t-on dit — une équipe indienne devait arriver. Comme quoi, pour le seul corps parapublic en charge de l'industrie cinématographique à Maurice, quelques scènes d'un film bollywoodien réalisé par une équipe indienne, comme il en existe des dizaines chaque année à Maurice, ont plus d'importance que le tournage intégral du deuxième long métrage mauricien, adapté d'un roman mauricien (certes édité en France), tourné avec une équipe de comédiens, une scénariste et deux metteurs en scène mauriciens, dans des décors naturels entièrement mauriciens ! Maurice serait-elle aux yeux de cette institution une terre sans âme existant uniquement pour le service des visiteurs occasionnels ?
Le ministère de la Culture a quant à lui été plus fin en promettant une aide de Rs 100 000, qui n'a cependant toujours pas été versée, mais dont la promesse a été récemment renouvelée, c'est à dire trois ans après le tournage ! Quant à la cellule Culture et avenir, elle figure sur la liste des sponsors, car elle a facilité l'obtention de billets d'avion gratuits. Ces aides semblent minimes relativement aux 450 000 euros de budget que le producteur a dû engager, sachant que la scénariste Ananda Devi et les metteurs en scène ne sont pas rétribués pour tout le temps qu’ils ont consacré à la préparation et au tournage. Harrikrishna Anenden et sa société Cinequanon ont investi 300 000 euros, 150 000 euros ayant été essentiellement pourvus par l'Organisation internationale de la francophonie. « Pour moi, c'est une affaire de famille, confie Harrikrishna Anenden. Faire ce film était une nécessité. »
Cette anecdote assez difficile à avaler vient encore une fois confirmer ce que les cinéphiles et les professionnels du cinéma s'évertuent à dénoncer depuis des années… À savoir que les institutions n'encouragent pas la création cinématographique mauricienne. Pourtant, chaque année depuis 6 ans, le festival Île Courts subvient à la création et à la production de plusieurs courts-métrages ainsi qu'à l'accompagnement intellectuel et technique que cela nécessite. Et comme l'a une nouvelle fois affirmé un des responsables de cet événement, David Constantin, à l'heure des échanges avec le public lors de l'ouverture de la 6e édition mardi soir, le temps est largement venu pour que l'État s'engage dans un soutien clair et assumé à la production cinématographique locale… Elle se développera sinon sans lui.


Commentaires

Nou ena em en ministerr Kiltir dan Moris ? Ki so rol ? Zame napa tan li fer oken zafer vrema interesan.