Après le Festival d’Opéra dominé par La Traviata de Verdi qui a remporté un succès retentissant et le festival des courts métrages qui a été une réussite, c’est le Ernest Wiehe Jazz Festival qui débute aujourd’hui. À l’affiche de cette première édition on retrouve des artistes étrangers et mauriciens de haut niveau. Parmi ceux-là se trouvent le jazzman François Jeanneau, le bassiste mauricien Linley Marthe, Benoît Sauvé, le trompettiste mauricien Philippe Thomas et l’ensemble Ernest’s Ten Piece Big Band.
Voilà une activité tout indiquée pour entrer dans l’agenda des activités culturelles mauriciennes et ayant une dimension régionale et internationale. Pour Cyril Michel, le directeur du festival, ce premier Ernest Wiehe Jazz Festival a pour ambition de faire résonner la musique aux quatre coins de l’île et de permettre aux amateurs de jazz de découvrir « toute une palette de magiciens mauriciens, qui s’associeront pour l’occasion avec de musiciens qui lient leur talent aux invités internationaux du festival ».
Le jazz a toujours eu des adeptes à Maurice. Il compte parmi ses plus fervents disciples des musiciens comme Gérard Ravat, qui pratique toujours la batterie, et a eu pour musiciens légendaires des noms comme Sylvio Armandine, Jocelyn Pitchen, entre autres. Mais la contribution d’Ernest Wiehe dans la vulgarisation du jazz reste la plus importante. Musicien de haut niveau qui a exercé dans le Bronx à New York, il a pratiquement consacré sa vie à la formation de toute une génération de jeunes musiciens passionnés par leur art et talentueux. C’est à juste titre qu’Alain Gordon Gentil, lui-même musicien, lui rendra hommage avec la projection d’un court métrage intitulé Ernest Wiehe, souffles de vie. Le documentaire sera présenté samedi à l’hôtel Tamarin. Ernest Wiehe a fait des émules comme José Thérèse, initiateur de l’atelier Mo’Zar à Roche-Bois, qui a permis l’émergence de talents jusque-là insoupçonnés. Leurs concerts hebdomadaires, les samedis matin à Caudan, sont désormais des rendez-vous incontournables pour beaucoup d’amateurs. Toute une nouvelle génération porte aujourd’hui l’étendard du Jazz avec en tête de liste le trompettiste Philippe Thomas, Linley Marthe, Dean Nookadu, Belingo Faro, Neshen Teeroovengadum et Samuel Laval, entre autres.
Le jazz a connu une progression qu’on peut dans une certaine mesure comparer à celle du séga. Né dans la souffrance de l’esclavage dans la Nouvelle Orléans aux États-Unis, il est fortement influencé par le blues et le gospel et se développera avec l’apport des musiciens européens. Le jazz, qui est le fruit d’un métissage musical, correspond bien à l’âme et l’esprit mauriciens et peut prendre une nouvelle dimension au contact de la musique créole locale dont le séga. Le festival marqué par des concerts à l’hôtel Tamarin, à l’IFM et à Z Club, au Banana Beach Club à Grand-Baie, sera court mais dense. Espérons que ce ne sera que le début d’une longue aventure, et à l’instar de Montreux en Suisse, permettra de placer Maurice sur la carte du jazz dans le monde.
Commentaires
Ernest Wiehé n’a pas vraiment contribué dans la formation musicale de José Thérèse. Il a plutôt aidé les enfants de l’Atelier Mo’zart à créer un chemin sur l’apprentissage des rudiments du Jazz. Ce sont eux les émules d’Ernest. D’autre part, il y en a tellement d’autres musiciens qui ont vulgarisé le Jazz à l’ile Maurice, avec un niveau hors pairs …que Sylvio Armandine est beaucoup plus connu comme un bassiste dans le circuit hôtelier ! Le Jazz est certes la…mais les jazzmen locaux que Ernest Wiehé aimait personnellement ont été mis à l’ écart sur la listes de ceux qui seront en prestations. !