C’est à peu près le même phénomène. Il y a cette dame, celle qui a été brusquement projetée sous les feux des projecteurs au point d’attirer l’attention et la curiosité, puis il y a Pravind Jugnauth qui avait été un peu beaucoup relégué au second plan et même plus loin depuis la conclusion du remake et qui se voit ces jours-ci offrir une occasion en or de revenir sur le devant de la scène, et pas de n’importe quelle manière. Celui dont on parlait à peine durant la dernière campagne municipale a été subitement remis en orbite, aidé en cela par un gouvernement qui semble avoir perdu tout sens du rationnel, qui donne l’impression d’être aux abois et qui accumule des maladresses avec un sens assez spectaculaire de la récidive.
Pravind Jugnauth a, à sa conférence de presse du 27 décembre, utilisé le terme qui lui est reproché, à une sortie précédente, sur une plate-forme bien plus large que celle d’une salle de réunion du Sun Trust. Soit au dernier rassemblement de campagne de l’alliance MMM-MSM à La Louise le 7 décembre, vingt bons jours plus tôt. Mais il semblerait que la donne a changé en 20 jours, que tout est devenu subitement sensible et irrationnel au lendemain des municipales. Est-ce le résultat de ce scrutin qui, apparemment, a été un choc pour certains, qui a grippé la machinerie gouvernementale ou sont-ce les incidents au collège Maurice Curé qui l’ont déstabilisée? La question s’impose au vu des derniers événements.
Après les fameux incidents qui ont été traités comme une grande affaire d’État, qui ont conduit à la mutation de trois officiers de police, il y a eu la Private Notice Question du leader de l’opposition. On a beaucoup parlé des réponses du chef du gouvernement sur des incidents qui ressemblaient à un abus de pouvoir partisan mais on n’a pas assez relevé son comportement étonnant et particulier ce jour-là. Il a été jusqu’à menacer un député de l’opposition, Nando Bodha, en l’occurrence, d’une enquête policière parce qu’il aurait suivi la dame en voiture. On n’avait pas mesuré alors à quel point le délire et la paranoïa avaient pris le dessus. Et depuis, tout va dans la même direction.
Sheila Bappoo, députée de la circonscription où la dame est activiste, n’a pas fini, elle, de se faire remarquer depuis. Il y a eu la conférence de presse post-PNQ qui était tellement excessive qu’il était devenu évident qu’elle avait été commanditée et exécutée à la va-vite. Comme si ce n’était pas assez et que la ministre de la Sécurité sociale n’avait pas compris qu’elle avait raté une occasion de se taire, c’est elle qui, flanquée de l’Attorney General, va à la police dénoncer Pravind Jugnauth pour des propos déjà entendus en public.
On connaît la suite de toute cette histoire, choquante mais aussi rocambolesque. Le leader du MSM est emmené de force aux Casernes centrales pour être interrogé sur des délits présumés de sédition. La méthode est tellement grossière qu’elle provoque un attroupement aux abords du quartier général de la police. Non seulement toute l’entreprise donne du sérum à Jugnauth fils jusqu’ici discret, pour ne pas dire absent, mais elle a provoqué un soutien spontané de Paul Bérenger, qui était exaspéré par la tournure des événements. Si le leader du MSM quitte les Casernes sur le coup de 19h ce mercredi 26 décembre, c’est pour mieux revenir.
Pourquoi un 3 janvier ? Qu’est-ce qui urge en ces temps de fêtes d’une année à l’autre ? C’est la question que nous nous posions en tant que simples citoyens qui savons faire la différence entre une enquête sur une affaire de viol, de crime, de mise en danger de la vie d’autrui et une accusation, fût-elle ministérielle, de diffamation. Avec Dumile, on en était même venu à croire que l’audition de Pravind Jugnauth serait reportée à ce lundi 7 janvier. Mais la police était sous forte pression. Ceux qui tirent les ficelles avaient apparemment faim. Ils étaient pressés d’en découdre.
En ciblant ce qu’ils considéraient comme une proie facile, les instigateurs de ce mauvais feuilleton n’ont fait que provoquer un Pravind Jugnauth qui n’avait plus rien à perdre en allant jusqu’au bout de ses dénonciations. Et il a réussi en 16 heures d’audition aux Casernes centrales à renverser la table sur la police, qui n’était visiblement pas préparée à une riposte d’une telle violence. Avec faits et preuves à l’appui, il a poussé vers une réorientation complète de l’enquête et est sorti libre des Casernes centrales. Même si on peut d’ores et déjà parier qu’il n’y aura rien comme suites policières à ses dénonciations.
Empêcher Pravind Jugnauth de parler. On a vu ce que cela a donné. La prochaine étape était la presse qui dérange. Une première tentative d’empêcher les médias de parler d’une affaire qui, sous tous les angles et toutes les coutures, interpelle est venue d’une obscure organisation du nom de Ram Sena, qui a tenu une conférence de presse pour défendre la flashée la plus connue de l’année 2012. Cette organisation socio-culturelle, pour ne pas dire “ciseaux-culturelle” qui s’était même s’arrogé le droit de nous indiquer comment faire notre métier ayant été superbement ignorée, c’est à la Cour suprême que la dame s’est tournée pour que nous ne parlions plus d’elle, non pas de sa vie privée mais des affaires que ses compagnies contractent avec les organismes publics. Et qui sont justement d’intérêt public. La Cour a décidé, on n’en parle plus jusqu’à nouvel ordre. Rendez-vous devant la justice.
Tout dans les manœuvres de ces dernières semaines nous ramène définitivement aux années 1970, interdiction d’antenne au public pendant la campagne municipale, interpellation de dirigeants de l’opposition à des jours et des heures indus pour ensuite prendre un boomerang en plein visage, verrouillage à tous les étages, censure, interdits. Tout cela eut sa logique conclusion, un certain 12 juin 1982. Mêmes dérives, mêmes effets !
Commentaires
Folie pouvoiriste, quand tu nous tiens! Yes, this has all the signs of a Bangalam 2 Affair and in addition some savoury seedy and sordid aspects because of the crumpet at the centre of it!
Very incisive Josie Lebrasse, hitting hard and fair. The last sentence is history and isn't part of the learning curve of this PM. Let's get down to this high profile case where big big public money is concerned. Is it farfetched to assume we have a Bangaleeah 2 in this very Lady.
@jaclejac....Bangaleeah, version. One two or three is only the tip of the iceberg
You money is going offshore
By the valise full......