Le Pay Research Bureau est un organisme d’Etat qui a pour responsabilité de gérer les salaires dans le secteur public. C’est ce bureau qui établit les salaires et les augmentations graduées de tous les postes de la fonction depuis le basic jusqu’au top, ainsi que les allowances qui vont de pair. Ce bureau responsable de l’établissement des grilles de salaires de la fonction publique publie, tous les cinq ans, un rapport pour indexer les grilles à l’augmentation du coût de la vie, à l’inflation et autres augmentations pour permettre aux fonctionnaires d’y faire face. Dans une certaine mesure puisque, depuis quelques années, crises financières internationales aidant, le coût de la vie et le pouvoir d’achat évoluent à une très grade vitesse. A tel point que les compensations du PRB ne permettent pas aux fonctionnaires de les rattraper. Le rapport du PRB est devenu le seul moyen pour les fonctionnaires d’essayer de résister à la crise et a acquis une importance fondamentale pour eux. C’est donc avec espoir et anxiété qu’ils attendent et redoutent la publication du rapport, surveillée de près par les syndicats de la fonction publique dont c’est le principal cheval de bataille.
Mais c’est aussi celui du gouvernement qui, à tort ou à raison, pense que satisfaire la fonction publique à travers le PRB – d’ailleurs l’expression “faire la bouche doux” est souvent utilisée dans ce cas précis – équivaut à s’assurer une victoire aux prochaines élections. C’est pour cette raison qu’avant les dernières élections, et en dépit du fait que selon le gouvernement, le pays était dans une situation économique difficile, les recommandations du rapport furent payées. En une seule fois, s’il vous plaît. Que ne ferait pas un gouvernement pour essayer de faire les fonctionnaires électeurs – et leurs familles – voter pour lui? Pour les insatisfaits du rapport, c’est-à-dire la majorité des fonctionnaires soutenus par leurs syndicats, un sous-comité du PRB a été nommé pour se pencher sur les “errors and omissions” du rapport. Le PRB est, sans doute, un système imparfait, mais il a le mérite d’exister et son rapport représente une énorme somme de travail de compilation et de calculs.
Comme d’habitude, le cérémonial entourant la publication du PRB a été respecté, cette année. Les fonctionnaires ont attendu avec angoisse ; les syndicats ont menacé de brûler le rapport ; les porte-parole du gouvernement ont promis que les fonctionnaires seraient satisfaits et les économistes du secteur privé ont souhaité que le rapport ne vienne pas déséquilibrer d’avantage l’économie. Les fonctionnaires n’ont pas été contents, les syndicats ont réclamé la tête et la démission du responsable du PRB, l’opposition a décrété que le rapport était bon à jeter, mais les porte-parole du gouvernement ont déclaré qu’étant donné les circonstances économiques, c’était un bon rapport. Et puis Navin Ramgoolam est rentré d’un de ses derniers voyages et a décidé de rencontrer les syndicats. En une réunion de 90 minutes, il a donné tort aux porte-parole du gouvernement et raison aux syndicats. Pire: il a d’une phrase détruit tout le travail du PRB de ces cinq dernières années en souhaitant “une personnalité indépendante pour examiner les anomalies du rapport.”
Que ne ferait pas un politicien pour faire “la bouche doux” aux fonctionnaires, à la veille d’élections?
Commentaires
Oui li bon faire la bouche doux avec l'argent du peuple. Avant tout est ce ki zot merite ca ?
Esperons un zour ki tout sa bane ki fine gagne casse sans merite na pas profite li.
Qui budget PRB?