La campagne électorale s'emballe

À une semaine du lancement officiel de la campagne électorale dans la circonscription de Belle-Rose/Quatre-Bornes, les principaux partis commencent à déployer l'artillerie lourde alors que le ton commence à monter entre les partisans de part et d’autre sur le terrain. Hier après-midi, le leader du PTr, Navin Ramgoolam, a effectué son entrée officielle dans la campagne électorale lors de la réunion des activistes travaillistes à la municipalité de Quatre-Bornes. Il avait préparé le terrain jeudi en s'en prenant à ceux qui, selon lui, veulent créer une « perception de zizanie » entre le candidat travailliste Arvin Boolell et lui. « Il ne faut pas oublier que c'est moi qui choisis le candidat du parti pour cette élection et c'est le Parti travailliste qui est engagé dans cette élection », a-t-il expliqué, oubliant que ce sont ses propres propos qui avaient alimenté une confusion. Le MMM, de son côté, a convoqué une régionale élargie dans son quartier général à La Louise lundi après-midi et prépare déjà son programme pour l'enregistrement de Nita Juddoo samedi prochain. Un congrès est annoncé pour le 8 novembre. Les autres partis aussi ne sont pas en reste et multiplient leur présence sur le terrain. Oriflammes et banderoles sont désormais plus visibles dans les points stratégiques de la ville, en particulier sur les ronds-points. Le grand point d'interrogation à ce stade est de savoir si l'alliance gouvernementale  présentera un candidat. Toutefois, malgré le fait que certains appréhendent le fait qu'une participation à cette élection mobilisera toutes les énergies pendant une durée d'un mois, il se chuchote que le MSM présentera un candidat, dont l'identité serait dévoilée en fin de semaine. Cette éventualité, si elle se confirme, donnera un nouvel élan à la campagne électorale et devrait permettre d'avoir une élection plus démocratique dans laquelle les électeurs pourront se manifester plus librement sans risque d'être étiquetés comme partisans d'un parti spécifique. De plus, elle réduirait le risque d'une abstention.
Le plus intéressant dans l'immédiat sera de connaître la stratégie qu'adopteront les différents partis politiques  de l'opposition durant la campagne. Jusqu'à maintenant, chacun se regarde en chien de faïence et personne ne fait de cadeau à son adversaire. Une chose est sûre, c'est que quel que soit le candidat qui remportera l'élection, les résultats seront indicatifs de la force des différents partis sur le terrain. Ce qui sera déterminant pour la conclusion d'éventuelles alliances électorales pour les prochaines élections générales.
Il s'agira maintenant d'éviter à tout prix que cette campagne prenne une tournure communale, malgré l'arrivée de certains partis sectaires dans la mêlée. Le commissaire électoral, qui a annoncé une rencontre prochaine avec toutes les parties prenantes à ces élections, devrait envoyer un signal fort contre tous les risques d'abus et contre toutes formes de violences, que ce soit verbales ou physiques.
À partir de maintenant, et jusqu'au 17 décembre, il sera difficile d'éviter que la passion générée la campagne ne contamine certaines institutions, dont l'Assemblée nationale. La Speaker, qui a perdu le contrôle de la situation mardi dernier, devrait faire bien mieux à l'avenir pour éviter que la situation ne se détériore au parlement. Il est regrettable que la situation ait finalement débouché sur la suspension du leader de l'opposition pour deux séances, privant le parlement de deux PNQ sur des questions d'intérêt public. Cependant, les torts sont partagés. Le ministre Bodha a non seulement été trop long dans sa réponse, mais il était venu avec la ferme intention de rappeler au leader de l'opposition qu'il avait approuvé l'ancien projet de métro alors qu'il était dans le gouvernement. Xavier-Luc Duval, lui, avait voulu également acculer le ministre en soulignant les faiblesses du projet. Les débats sur le métro ont « déraillé » et le refus de la présidente d'adopter une attitude plus flexible par rapport au temps alloué a envenimé les choses. Dans sa colère, le leader de l'opposition a dépassé les limites en affirmant son manque de respect pour la Speaker. Il revient à chacun maintenant de tirer les leçons qui s'imposent.
Saluons finalement les efforts de tous ceux, en particulier Jack Bizlall, qui ont multiplié leurs efforts pour que le gouvernement accepte finalement de dialoguer avec les femmes cleaners, mettant fin ainsi à leur grève de la faim au Jardin de la Compagnie. La balle est maintenant dans le camp du comité ad hoc, présidé par Dev Manraj.