La publication des vues du Comité des Droits de l’Homme des Nations unies condamnant l’obligation de tout citoyen mauricien d’avoir à décliner son appartenance communale pour se présenter aux élections générales constitue une victoire éclatante pour Rezistans ek Alternativ.
Ainsi, après l’avis du Privy Council émis il y a quelques mois déjà, le document du Comité des droits humains des Nations unies représente une pression morale considérable sur la classe politique mauricienne, en particulier le gouvernement.
D’aucuns peuvent affirmer que les vues exprimées par le Comité des Droits de l’Homme ne sont pas « contraignantes » comme c’est le cas pour celles de la Cour européenne des Droits de l’Homme. Cependant, force est de constater que pour la première fois, ce travers du système électoral mauricien est dénoncé par une instance internationale des droits de l’Homme. D’où sa valeur morale comme le fait ressortir si bien Anil Gayan plus loin.
La déclaration du Comité des Droits de l’Homme prend encore plus d’importance lorsqu’on sait que Maurice est partie prenante du UN Covenant on Civil and Political Rights. L’État mauricien pourra-t-il aller à l’encontre des principes du Comité des Droits de l’Homme qui préconise que « each State Party to the present Covenant undertakes to respect and to ensure to all individuals within its territory and subject to its jurisdiction the rights recognized in the present Covenant, without distinction of any kind, such as race, colour, sex, language, religion, political or other opinion, national or social origin, property, birth or other status ».
La déclaration du Comité des Droits de l’Homme vient donc prendre à défaut le gouvernement et les partis politiques mauriciens qui tergiversent depuis des mois sur la réforme électorale et la nécessité d’abolir l’obligation de décliner son origine ethnique pour se porter candidat aux élections. Le Premier ministre Navin Ramgoolam a annoncé à plusieurs reprises qu’il était d’accord avec ce principe et s’est prononcé récemment pour la présentation au plus vite d’un texte de loi sur une éventuelle réforme électorale.
Au niveau du MMM, Steve Obeegadoo, considérait ce matin, comme tout à fait légitime le fait qu’un Mauricien puisse se porter candidat lors d’une élection sans qu’il soit obligé de décliner son appartenance communale : « Cela est légitime et s’inscrit dans le droit fil de l’histoire de notre pays et dans la Constitution d’une nation authentiquement mauricienne. » Il appartient au gouvernement de venir de l’avant avec sa proposition de réforme électorale. Le Premier ministre arrivera-t-il à le présenter avant de prononcer son discours annuel devant l’assemblée générale des Nations unies ?
Ce ne sera pas la première fois que le gouvernement est appelé à présenter un texte de loi afin de respecter les principes énoncés par le Comité des Droits de l’Homme des Nations unies. Cela a été le cas pour la légalisation de l’IVG dans des cas spécifiques. La balle est dans le camp de la classe politique à commencer par le gouvernement mais aussi l’opposition…
Commentaires
First, we had 'Ce qui est legal n'est pas necesairement moral".
Now, we have politicians like Reza Uteem and Herve Aimee saying "Ce qui est moral (i.e. Droit de l'homme)n'est pas necessairement legal (ou constitutionel)".
I say we cannot pick and choose. As a member of the United Nations, Mauritius must adhere to its ethos. Human rights transcend any Constitution or national specificity.
Water on a duck's back...dilo lor breed songes....."..........